Entretiens

Avant de s’appeler « Fais pas Genre » on s’appelait « Intervista » et intervista ça veut dire Interview. C’est donc ici que vous trouverez nos interviews, entretiens ou compte rendus de masterclass.


Les deux plongeurs du film The Deep House, réalisé par Alexandre Bustillo et Julien Maury, atteignent une voiture immergée qu'ils inspectent avec des lampes-torche.

Alexandre Bustillo & Julien Maury, en profondeur

Les prolifiques Alexandre Bustillo et Julien Maury comptent parmi les piliers du genre « frontal » en France. L’an dernier, ils ont certainement signé leur meilleur film avec The Deep House, un concept fou d’urbex dans une maison hantée engloutie au fond d’un lac. Le scénario est dégraissé et rigoureux, la technicité et le découpage y sont irréprochables et le production design clairement magnifique. Les deux collaborateurs font preuve d’une indéniable générosité bis, avec un sens du suspense étouffant et une claustrophobie qui montent dans un crescendo incroyable – on n’avait pas été aussi oppressés dans le genre depuis The Descent (Neil Marshall, 2005). On a eu la chance de les croiser en clôture du Festival Grindhouse Paradise 2021 et de pouvoir discuter avec eux.


le visage d'une vieille femme, dont nous ne voyons que les mains, est cachée sous un drap blanc, dans un lit ; plan en plongée issu du film Vortex de Gaspar Noé pour notre interview.

Gaspar Noé, au coeur du vortex

Alors que l’on avait quelque peu perdu notre adhésion au bonhomme depuis au moins son Climax (2018), le dernier né de sa filmographie, Vortex, nous a totalement pris à contre-pied et littéralement bouleversés quand nous l’avions découvert à Cannes. Entretien avec un cinéaste visiblement pas rancunier et de surcroît toujours aussi généreux quand il s’agit de causer de cinéma.


Dans une pièce très sombre, dont la lumière du soleil ne passe qu'à travers les interstices d'un volet, une jeune femme est enlacée par la créature chauve, maigre du film Samhain.

Kate Dolan, la patte Folk

Surprise de recevoir l’un des deux Prix du jury de ce 29e Festival international du Film fantastique de Gérardmer, Kate Dolan a vécu au bord du lac vosgien la vraie vie de festivalière : arrivée le premier jour, repartie dans son Irlande au lendemain de la clôture, elle a vogué de salles en salles, de films en films, pour étancher sa soif de frissons et d’hémoglobine. Son premier long métrage, You Are Not My Mother (Samhain) mélange les traditions de Samhain, fête païenne qui, plus tard, sera célébrée dans le monde entier sous le nom d’Halloween, à des thématiques contemporaines et personnelles. Samhain, justement, c’est le titre français du film, prévu dans nos salles pour le 10 août prochain. Pour patienter d’ici-là, Kate Dolan nous raconte son travail.


Eskil Vogt, jeux d’enfants

Avec son deuxième film en tant que réalisateur, le cinéaste norvégien Eskil Vogt plonge dans le cercle très fermé de l’enfance pour examiner les possibilités et les limites du mal. Alors que The Innocents était présenté en compétition au 29e Festival international du Film fantastique de Gérardmer – où il a remporté le Prix du Public et le Prix de la Critique – le cinéaste, que l’on connaît aussi pour son travail de co-scénariste avec Joachim Trier, raconte les origines du projet, son expérience de travail avec des enfants et l’envie de plonger dans une psyché bien éloignée de celle des adultes.


Dans la cité, Issachar menace un homme encapuchonné qui s'approche vers lui, tandis que Zabulon le menace aussi, mais en mimant un revolver avec sa main ; scène du film Fils de plouc.

Lenny & Harpo Guit, tu seras un plouc mon fils

Privé de sortie en France et débarqué directement sur OCS, le premier film des Frères Lenny et Harpo Guit s’est imposé à nous comme l’un des films qui fait pas genre de l’année ! Nous avons pu discuter avec eux de cette comédie débilo-scato, qui convoque pêle-mêle le cinéma des Frères Farrelly et des Frères Safdies.


Juan Antonio Bayona vu entre les dents d'une maquette de dinosaure carnivore, sur le plateau de tournage.

Juan Antonio Bayona, rêver d’abord

Invité privilégié du Festival Lumière 2021 à l’occasion de la Nuit Jurassique – durant laquelle quatre films de la saga Jurassic Park ont été diffusés – le cinéaste espagnol Juan Antonio Bayona a fait profiter quelques chanceux de sa bonne humeur contagieuse lors d’une Masterclass passionnante où il est revenu sur sa carrière prolifique, d’abord dans sa contrée natale avant de s’expatrier à Hollywood.


Onoda en tenue militaire fusil à la main seul au milieu d'un espace d'herbes hautes jaunies par le soleil dans le film de Arthur Harari.

Arthur Harari, l’aventure c’est l’aventure

Après Diamant Noir (2016), Arthur Harari nous a offert avec « Onoda, 10 000 nuits dans la jungle », un film unique et prototype dans le giron du cinéma français : qu’il s’agisse de sa durée, de sa langue, mais surtout de ses enjeux. Un film d’aventures dans sa dimension obsessionnelle, et nourri d’un classicisme cinématographique, où un soldat refusant de mourir, vivant alors sa guerre pendant trente ans, fait voler en éclats universels les particularismes nationaux de son histoire. Entretien avec un cinéaste en mission pour son art.


En contre-plongée, l'actrice Morfydd Clark est alalongée sur des escaliers en marbre, les mains sur le visage, comme en souffrance ; plan issu du film Saint Maud de Rose Glass.

Rose Glass, tout feu tout flamme

Après une sortie en salles avortée pour cause de Covid, « Saint Maud » est finalement diffusé ce soir sur Canal+. L’occasion de vous partager enfin notre entretien avec la réalisatrice Rose Glass.


Ang Lee cadre Will Smith, accroupi devant lui.

Nathalie Bittinger, étude du cas Ang Lee

Apres avoir publié un riche Dictionnaire des cinémas chinois, Nathalie Bittinger se penche cette fois plus particulièrement sur Ang Lee. Du film d’art martiaux au western, du heritage film au film de super-héros, le cinéaste s’est essayé a quasiment tous les genres. Retour sur un parcours qui fait vraiment pas genre avec l’autrice de « Ang Lee: Taïwan / Hollywood, une odyssée cinématographique » publié par Hémisphères Editions.


Nils Bouaziz, à bord du cuirassé Potemkine

Aux premiers jours du mois de juillet, une bonne poignée de cinéphiles ont bravé la chaleur étouffante pour s’abreuver d’ambiances occultes et ésotériques. Perdu dans un beau village d’Occitanie, le château H organisait « Les Diableries », un festival de cinéma en plein air à la gloire du Dieu Lumière. Dans ces catacombes, sanctuaire d’un passé cathare propre à la région, nous faisons la rencontre de Nils Bouaziz, fondateur de la maison d’édition et de distribution Potemkine Films. Ce dernier étant à l’initiative de la superbe édition collector du film culte, nous profitons de l’occasion pour discuter avec lui du marché de la vidéo et d’un certain cinéma halluciné en perdition, mais aussi – et surtout – pour décrypter ce chef d’œuvre trop méconnu du cinéma d’horreur muet.


Portrait du réalisateur Baptiste Drapeau pour son entretien.

Baptiste Drapeau, à contre-courant

Son premier long-métrage « Messe Basse » sort en salles ce mercredi et nous a interpellé par sa proposition détonante. Contre vents et marées, Baptiste Drapeau, débarque avec un film teinté d’élan gothique et romantique, qui convoque moins l’hybridité avec le cinéma naturaliste – devenue habituelle dans le cinéma de genres français – que le réalisme poétique du cinéma français d’avant-guerre. Entretien avec un jeune cinéaste à contre-courant.


Quatre hommes se tiennent au pied d'un mannequin de bois géant, des torches à la main, sous un ciel blanc laiteux dans le film The Wicker Man pour notre entretien avec Marc Olry.

Marc Olry, à la recherche des films perdus

Le récent Midsommar (Ari Aster, 2019) ayant ravivé l’intérêt des fanatiques pour le folk horror, Marc Olry, de la société de distribution Lost Films, en profite pour exhumer des cendres The Wicker Man de Robin Hardy (1974) et de lui offrir une re-sortie en salles pour raviver le culte. Nous l’avons rencontré en juin 2021 lors d’un évènement organisé par le cinéma Le Dietrich de Poitiers. Marc Olry nous présente alors la version Final Cut de The Wicker Man, ainsi que son travail de « chercheur de perles rares cinématographiques ».