Analyses

Coup de gueule, réponse, contribution à une polémique, ou réflexion autour d’une tendance, cette rubrique regroupe des articles aux humeurs aussi diversifiées que leurs sujets.


[Bilan 2025] Stephen King en majesté

Si l’on devait résumer l’année cinématographique 2025 en un seul nom, ce serait celui d’un septuagénaire vivant et écrivant dans une maison baroque dans le Maine. Avec pas moins de six adaptations, quatre sur le grand écran, deux sur le petit, l’œuvre de Stephen King a envahi nos écrans avec une force de frappe inédite. 

Pennywise, le clown vu au fond d'un couloir gris, tenant un ballon de baudruche rouge, dans Ca welcome to derry adapté de l'univers de Stephen King.

Superman prisonnier d'une escorte militaire dans le film de James Gunn.

Superman est-il un bon personnage de cinéma ?

Alors que 2025, l’année de son retour sur grand écran, touche à sa fin, Superman, héros idéal et surpuissant, semble parfois trop parfait pour le cinéma et sa mécanique narrative. Invincible, moralement irréprochable et presque inatteignable, son image lisse pose une question centrale : comment rendre captivant à l’écran un personnage qui ne connaît ni doute ni vraie faiblesse ?


Peter Watkins, une vie contre la monoforme

Le réalisateur britannique Peter Watkins est mort le 30 octobre. Cinéaste inclassable se jouant des frontières entre genres, critique opiniâtre de l’uniformisation de la production audiovisuelle et de ses conséquences sociopolitiques, il lègue 13 longs-métrages pour la télévision et le cinéma, dont plusieurs chefs-d’œuvre. Retour sur une carrière marquée par les exils successifs, une constante recherche formelle et le refus tenace de se trahir.

Dans le désert australien, un jeune homme accroupi au premier plan regarde la caméra avec une grimace entre le sourire et le hurlement ; au second plan un groupe de jeunes marchant, vus de dos ; plan issu du film Punishment Park de Peter Watkins.

L'acteur Rock Hudson torse nu, pensif, sur un fond bleu de faux ciel.

Rock Hudson, en chair et en rêve

Acteur le plus populaire de sa génération, Rock Hudson fut autant le produit que le miroir d’une industrie. Quarante ans après sa mort des suites du sida, Elephant Films réédite dix de ses films restaurés en haute-définition dans un élégant coffret. L’occasion de revenir sur la trajectoire de l’idole du public féminin : à l’image d’Hollywood, il aura payé son éclat au prix du secret, condamné à enfouir son homosexualité pour répondre aux attentes d’un système. Non sans s’autoriser des pas de côté.


Kathryn Bigelow, cinéaste du contre-pied

La sortie du nouveau long-métrage de Kathryn Bigelow, A House of Dynamite (2025) est l’occasion rêvée de revenir sur une cinéaste qui nous fascine particulièrement tant elle n’a jamais cessé de s’attaquer aux marges et aux codes du cinéma de genres. Westerns crépusculaires, thrillers nerveux, vampires dégoulinants de sang, sous-marins confinés, huis clos étouffants et guerres filmées au plus près des corps. Son œuvre ressemble à une traversée des genres américains, passée au filtre d’un regard à la fois viscéral, politique et incroyablement révélateur mue par son habilité à nous prendre à contre-pied.

Jessica Chastain les bras croisés, debout dans une salle de réunion ; son reflet se voit dans le drapeau américain sous cadre ; plan issu du film Zero Dark Thirty de Kathryn Bigelow.

Plan rapproché-épaule en contre-plongée sur le combattant du film Tuer de Kenji Misumi,n concentré, sous un ciel bleu sombre.

Kenji Misumi, la lame à l’œil

The Jokers Films égaie notre rentrée avec la ressortie au cinéma de quatre films de Kenji Misumi dans un seul et même corpus : La Légende de Zatoichi, le masseur aveugle (1962), Tuer (1962), Le Sabre (1964) et La Lame diabolique (1965). Choix plutôt logique, les œuvres sont effectivement toutes traversées par la thématique du sabre et de ses effets néfastes sur les bretteurs et ceux qui les entourent. L’occasion de parler de ces sublimes films et de la carrière de celui qui était surnommé “ko-Mizoguchi” (le petit Mizoguchi).