Analyses

Coup de gueule, réponse, contribution à une polémique, ou réflexion autour d’une tendance, cette rubrique regroupe des articles aux humeurs aussi diversifiées que leurs sujets.


Elvis Preseyl en tenue rose est sur scène, d'une main il porte le micro à pied à sa bouche, de l'autre il tend son bras vers un public de femmes qui ont les bras tendus vers lui.

De Cloclo à Elvis, biopics d’un autre genre

La vision endiablée d’Elvis par Baz Lhurmann se place d’ores et déjà comme l’une des grosses productions les plus marquantes de l’année 2022, tout comme un de ses plus grands succès au box office. Coïncidence, il y a dix ans tout juste un autre biopic dévoilait l’existence d’une icône à la trajectoire sensiblement proche de celle du King, quoique bien plus franco-française, Claude François (Cloclo de Florent Emilio-Siri, 2012). On s’empare de cette résonance en décryptant la manière dont ces cinéastes, sur une histoire pourtant similaire, jouent la carte des cinémas de genre(s) pour livrer deux expériences filmiques tout à fait différentes.


Au premier plan à droite John David Washington l'air ahuri, la bouche entrouverte face à ce qui se trouve devant lui, hors-champ ; à l'arrière-plan sur la gauche, on aperçoit la silhouette de Robert Pattinson derrière une baie vitrée ; plan issu du film Tenet analysé dans le livre Nolan, le temps et Bergson.

Nolan, le temps et Bergson

Véritable philosophe en devenir, Manon Grimaud propose avec Nolan, le temps et Bergson : Tenet, le cinéaste à la rencontre du philosophe (L’Harmattan) un petit essai stimulant qui tente de confronter la pensée Bergsonienne au cinéma de Christopher Nolan. À quoi pense Christopher Nolan lorsqu’il rêve d’Henri Bergson ? Réponse possible en cent quatorze pages. 


Au premier plan Timothée Chalamet la tête baissée, les bras le long du corps ; derrière lui, la plage, et dans le ciel trois vaisseaux spatiaux flottant ; scène du film Dune.

Dune rêve-t-il d’une société écologique ?

Dune de Frank Hebert nourrit depuis plusieurs décennies l’imaginaire artistique d’anticipation. Plusieurs cinéastes, pris d’affection, s’appliquèrent à donner une image aux mystères, aux êtres et aux choses que Dune évoque. Après l’avortement criminel de celui de Jodorowsky en 1977 et la déconfiture de celui de Lynch en 1984, Denis Villeneuve, en 2021, revient réconcilier le littéraire borné, le cinéphile aveugle et l’écolo sensible : l’occasion d’une digression sur le long-métrage et sa portée allégorique.


Robert Pattinson, avec barbe et grosse doudoune rouge, arpente un couloir blanc, la mine sombre, dans le film Good Times réalisé par les Frères Safdie.

Les Frères Safdie, princes de New-York

Entre réalisme toujours très stylisé, vagabondage au cœur de la Grosse Pomme et spirales infernales pour des personnages borderline, on va plonger dans l’alléchant cinéma des nouveaux princes du thriller noir indépendant, les plus virulents héritiers d’un certain underground new-yorkais, j’ai nommé les frères Ben et Josh Safdie. Très remarqués depuis Good Time  (2017) et clairement confirmés avec le monumental Uncut Gems (2019), les deux bonhommes abordent le cinéma comme un art quasi primitif, proche de l’énergie du street art.


Sam Raimi sur le tournage de Spiderman, donne ses consignes à Tobey Maguire déguisé en Spiderman et Kirsten Dunst, en robe chinoise ; tous deux vus de dos.

Faut-il sauver le soldat Raimi ?

Alors que Docteur Strange in the Multiverse of Madness (Sam Raimi, 2022) – est en salles, on essaye de répondre à des questions que l’on se pose depuis bientôt quinze ans : As-t-on définitivement perdu Sam Raimi ? A-t-il été remplacé par un variant multiversel de lui-même ? En d’autres termes : Faut-il (encore) sauver le Soldat Raimi ?


Dans le film La guerre des mondes de Steven Spielberg, Tom Cruise regarde en l'air, la mine sereine, sa fille blonde dans les bras.

Evolution du cercle familial chez Spielberg

A l’occasion de la sortie en vidéo de West Side Story (2021) revenons sur l’évolution de la cellule familiale qui est l’une, si ce n’est LA thématique qui traverse la filmographie de Steven Spielberg.


Capitaine Marleau, un gâchis français ?

La quatrième saison de Capitaine Marleau, portée par son interprète Corinne Masiero, pourra combler les cœurs déjà fidèles aux péripéties du capitaine de gendarmerie à la chapka. Mais pour qui scrute, ponctuellement la série avec un œil plus retors, pourra constater son évolution regrettable, comme un symbole des maux qui sont en train, doucement mais sûrement, de détériorer la singularité de notre paysage audiovisuel hexagonal.


Plan issu du film Je suis une légende où Will Smith tient un enfant qui pleure, le visage inquiet ; derrière eux, un homme porte un masque chirurgical.

Will Smith, au nom du Père

Cela peut sembler opportuniste, chercheur de clics, et pourtant, voilà plusieurs mois déjà que nous explorons dans l’ombre la filmographie récente de Will Smith, avec comme angle d’analyse sa pré-disposition nouvelle à redéfinir son image publique comme de cinéma par des choix de rôles de plus en plus tournés vers des figures paternalistes et protectrices. Ce texte, pas encore achevé, s’est vu percuté en pleine face le soir du 28 Mars, quand l’acteur est venu ternir sa consécration d’une malheureuse et désormais mythique claque. Pourtant, force est de constater que du geste inattendu de l’acteur jusqu’au discours lacrymal qu’il a prononcé en forme de pardon murmuré, tout remettait de l’eau à notre moulin.


Le slasher est-il condamné à mort ?

L’année 2021 qui s’est terminée a été riche en couteaux qui tranchent et en victimes qui hurlent puisque nos boogeymen adorés – Michael Myers et Candyman – ont fait leur grand retour en salles. L’année 2022, quant à elle s’est entamée sous les mêmes hospices avec la suite du célèbre chef-d’œuvre de Wes Craven, Scream (Matt Bettinelli-Olpin & Tyler Gillet, 2022). Ses retours en pagaille nous rappelle surtout à quel point le cinéma de genres américain est en panne d’inspiration. L’occasion de se demander ce que peuvent bien encore nous dire ses vieilles gloires du slasher.


Comment Netflix maquille le crime

Les True Crime Documentaries font à nouveau sensation. Portées par le savoir-faire de Netflix en particulier, les histoires de fait divers et autres crimes exerçant la fascination des uns et des autres trouvent un second souffle, après avoir été reléguées à des émissions de soirées à la réputation plus ou moins moquée. Mais malgré la réussite indéniable, pour ne pas dire stratégique du géant du streaming sur ce type de contenu, qu’est-ce que Netflix a apporté de novateur au traitement de ces histoires de vie et de mort ? Peu, finalement, peut-être.


La jeune Encanto observe étonnée un cristal vert fluo qu'elle tient brisé dans ses mains ; scène du film Encanto, la fantastique famille Madrigal pour notre article sur Disney 2021.

[BILAN 2021] Disney, dans l’ombre de Pixar

Après une année 2020 où les films Pixar firent office de lueurs dans la nuit ce que l’exercice 2021 a surtout mis en lumière, c’est à quel point les productions de Disney Animations Studios étaient plus que jamais condamnées à résider dans l’ombre de celles du studio à la lampe. 


De Méandre à Oxygène, revivre pour survivre

Deux films de genres français, « Méandre » de Mathieu Turi et « Oxygène » de Alexandre Aja, se sont emparés quasi-conjointement des codes du film de claustration. L’occasion pour nous de faire communiquer les deux films entre eux et avec d’autres. Car sous leurs pourtours de survival qualibrés, les films de claustration cachent souvent des sujets bien plus profonds, où survivre passe d’abord par accepter de renaître.


Gros plan sur le visage d'une jeune femme blonde, les yeux rivés sur une grosse araignée au premier plan ; plan issu du film Les trois visages de la peur de Mario Bava.

Mario Bava, visages de l’artifice

La sortie conjointe de deux grands films du maître italien – Les Trois visages de la Peur (1963) et La Ruée des Vikings (1961) – chez nos camarades du Chat qui fume nous permet de revenir sur ce cinéaste de chevet pour beaucoup d’entre nous. Deux films très différents, de leur conception à leur contenue, mais qui chacun donne à voir sa poésie : celle d’un artificier amoureux des couleurs et du spectacle.