Tristan Storme


A propos de Tristan Storme

Politiste de formation, Tristan est tombé amoureux du cinéma en visionnant "Mulholland Drive" pour la première fois ; un choc dont il ne s’est jamais remis, perdu pour toujours dans la chambre rouge. Ayant passé ses années universitaires enfermé à la Cinematek de Bruxelles, il peut autant s’extasier devant les jeux d’échelle chez Hitchcock que les métamorphoses visqueuses des productions Troma. Vouant un culte aux structures narratives bien ficelées, il est également maître du jeu à L’Appel de Cthulhu et repère illico les récits mal maîtrisés. Letterboxd : https://letterboxd.com/taram1984/


Digger   Mise à jour récente !

| EN SALLES | Parmi les films les plus attendus de cette fin d’année 2026, Digger signe la rencontre au sommet entre Alejandro G. Iñárritu et Tom Cruise, de retour sur les terres d’un cinéma d’auteur hollywoodien qu’il avait un temps délaissé. Sous les atours d’une énorme farce écologique – satire cartoonesque au propos aussi balourd qu’en retard sur la réalité –, le film déploie un jeu de faux-semblants et de mises en abyme, peut-être plus retors qu’il n’y paraît, mais pas moins problématique tant sur le fond que sur la forme.


Le Prêtre

| VIDEOCLUB | À l’occasion de sa sortie en master haute définition chez Artus Films, dans un combo Blu-ray / DVD, Le Prêtre (1978) permet de redécouvrir Eloy de la Iglesia au moment où il peut enfin dire frontalement ce que la censure franquiste l’avait jusqu’alors contraint à déplacer dans le cinéma de genre. Aussi audacieux que nuancé dans sa radicalité, le film interroge l’empreinte de la dictature sur la société espagnole à travers le rapport de l’Église à la sexualité : moins un brûlot anticlérical qu’une critique du puritanisme national-catholique, étonnamment tendre envers ceux qui en subissent les contradictions.


The Holy Boy

| EN SALLES | Après une tournée remarquée des festivals internationaux, The Holy Boy (2025), troisième long-métrage de Paolo Strippoli, arrive enfin dans les salles françaises, auréolé d’une flatteuse réputation. Conte noir traversé par la douleur et l’effroi, le film conjugue les motifs communautaires du folk horror et les enjeux plus intimes d’un coming of age horrifique, centré sur un adolescent que toute une vallée a élevé au rang de saint. Petit miracle de cette rentrée ou prophétie mensongère ? Attention, spoilers !

Un face à face entre un homme et l'enfant saint du film , dans un gymnase ; plan issu du film The Holy boy de Paolo Strippoli.

Alfred Hitchcock, les premières marches du suspense

| ANALYSE | Si la postérité a largement privilégié la période américaine d’Alfred Hitchcock, qui concentre presque tous ses films devenus des références de la culture tant populaire que cinéphilique, sa période britannique (1925-1939) revêt une importance différente : elle permet de voir « Hitchcock inventer Hitchcock ». À l’occasion de la réédition par Elephant Films de cinq longs-métrages restaurés en haute définition, revenons sur la genèse de cette grammaire hitchcockienne du suspense, qui culminera outre-Atlantique mais dont Les 39 Marches (1935) offre déjà une première synthèse.


[Entretien] Rick Baker, monstre sacré

| ENTRETIEN | Maquilleur de génie, ayant toute sa carrière repoussé les limites de son art, Rick Baker a notamment oeuvré à la création de masques et créatures mythiques du cinéma de genres : du « Loup Garou de Londres » en passant par « La Planète des Singes » de Tim Burton, des créatures de « Gremlins 2 » au bestiaire alien de « Men in Black », entre beaucoup d’autres. Que dire d’autre sinon que c’est un véritable honneur pour nous d’avoir eu l’occasion de nous entretenir avec cette légende vivante.

Rick Baker travaillant sur l'un des masques de primates de La Planète des Singes de Tim Burton

L’Odyssée

l EN SALLES | Premier long-métrage intégralement tourné en caméras IMAX 70 mm, L’Odyssée (2026) est un projet à la mesure de Christopher Nolan : colossal, ambitieux et – sans surprise – profondément clivant. Entre les adorateurs dithyrambiques et les contempteurs les plus virulents, la réalité se situe sans doute entre les deux. Le cinéaste britannique signe un film stimulant, dont la fidélité à l’œuvre antique est davantage structurelle que littérale, mais il se heurte aussi aux gimmicks qui accompagnent son cinéma depuis longtemps.