thriller


May December

Projeté en compétition à Cannes il y a presque un an, May December, le nouveau film de Todd Haynes nous arrive enfin en France. L’occasion pour lui de développer les thématiques qui lui sont chères tout en se prêtant à un troublant jeu de miroir « à la De Palma » qui justifie à lui seul sa présence dans nos rubriques.

Issu de May December, un plan rapproché-épaule,en clair obscur sur une Natalie Portman qui semble éprouvée, nous regardant dans les yeux, sur un fond uni marron.

Une jeune femme, casque audio sur la tête, semble captivée, un peu inquiète, par quelque chose ; son visage est inondé dans une brutale lumière rouge alors que le fond est noir ; plan issu du film Les Chambres Rouges de Pascal Plante.

Les chambres rouges

La première claque cinématographique de l’année nous vient du Québec ! Les chambres rouges (Pascal Plante, 2024) est un thriller glacial qui vous hantera longtemps après son visionnage. En traitant la fascination de deux jeunes femmes pour le procès d’un cyber-killer aux crimes abjects, Pascal Plante questionne notre obsession pour le morbide et le sensationnel boostée par une technologie voyeuriste et sonde les tentations manichéennes d’une société en perte de repère.


The Killer

Dire que chaque film de David Fincher fait évènement, c’est comme dire que les chatons sont mignons : l’évidence même. En neuf ans et depuis qu’il a signé un accord d’exclusivité chez Netflix, le monsieur n’aura sorti que deux films de son cerveau retors : “Mank” (2020) et “The Killer” (2023), qui nous intéresse aujourd’hui. Un film aussi logique que déroutant dans la filmographie de son auteur…

Michael Fassbender en position du lotus, vu de profil, sur un tapis de yoga, dans un appartement désaffecté ; plan issu du film The Killer.

Benicio Del Toro soucieux au volant d'un véhicule, plongé dans l'ombre ; seul ses yeux sont éclairés par le soleil qui luit derrière lui ; plan issu du film Reptile.

Reptile

Ce n’est pas peu dire que ce Reptile (Grant Singer, 2023) intriguait ! Une enquête policière torturée, une ambiance crépusculaire à l’américaine, un héros fatigué incarné par un Benicio Del Toro plus Droopy que jamais… N’en jetez plus : ce film était sur le papier la petite pépite à se mettre sous la dent un soir de pluie, un plaid sur les épaules…


Le Orme

Le Chat qui Fume plonge dans l’éther en nous livrant en Blu-Ray un film troublant, thriller somnambule, cauchemar cotonneux, magnifiquement porté par la photographie de Vittorio Storaro : critique de Le Orme, réalisé en 1975 par Luigi Bazzoni.

Gros plan sur Florinda Bolkan où son visage paraît se dédoubler ; issu du film Le Orme.

[Entretien] Patricia Mazuy, la sauvagerie en héritage

En l’espace de six long-métrages et d’un téléfilm culte, émaillés depuis plus de trente ans dans le paysage cinématographique français, la cinéaste Patricia Mazuy n’a eu de cesse, en passant de genres en genres, de cultiver son style : celui d’un cinéma incandescent et électrique, toujours intense. Puisant entre autres dans le western, sa mise-en-scène est celle de la furia tapie dans le cœur et l’âme. La réalisatrice s’attache à dépeindre la sauvagerie naissante chez ses personnages, les frères de Peaux de vaches, les adolescents de Travolta et moi, Gracieuse dans Sports de filles ou encore Paul Sanchez dans le film éponyme pour ne citer que quelques exemples. Avec son nouveau long-métrage, Bowling Saturne, elle signe un des films les plus saisissants de l’année 2022 qui s’achève, un « thriller féroce » et viscéral, sans concession, porté par une confrontation mythologique entre frères, et d’un lieu iconique, des entrailles d’où naissent le mal.