Tristan Storme


A propos de Tristan Storme

Politiste de formation, Tristan est tombé amoureux du cinéma en visionnant "Mulholland Drive" pour la première fois ; un choc dont il ne s’est jamais remis, perdu pour toujours dans la chambre rouge. Ayant passé ses années universitaires enfermé à la Cinematek de Bruxelles, il peut autant s’extasier devant les jeux d’échelle chez Hitchcock que les métamorphoses visqueuses des productions Troma. Vouant un culte aux structures narratives bien ficelées, il est également maître du jeu à L’Appel de Cthulhu et repère illico les récits mal maîtrisés. Letterboxd : https://letterboxd.com/taram1984/


[Carnet de bord] BIFFF 2026 • Jours 1 et 2

Il y a des festivals qui se regardent en silence. Et puis il y a le Brussels International Fantastic Film Festival, où le cinéma redevient une expérience collective. De retour pour sa quarante-quatrième édition au Palais 10, le BIFFF aligne cette année encore près de soixante-dix longs métrages, répartis en six compétitions, et promet trois semaines de débordements horrifiques. Fais Pas Genre vous raconte l’événement, jour après jour.


[Carnet de bord] Offscreen Film Festival 2026

Organisé dans plusieurs lieux-clés du cinéma alternatif bruxellois, l’Offscreen Film Festival vient tout juste de s’achever. Porté par une cinéphilie active, attentive aux marges comme aux formes oubliées, il dessine, année après année, un espace de circulation entre cinéma contemporain et patrimoine rarement projeté. Avec ses rétrospectives et ses dix-huit longs métrages inédits, l’édition 2026 a ouvert un véritable terrain d’exploration pour les amateurs de films de genre.


Aucun autre choix

Park Chan-wook confirme qu’il n’a rien perdu de son formalisme obsessionnel. Son nouveau long-métrage navigue entre comédie noire, thriller et satire sociale, radiographiant une compétition économique qui pousse les hommes à s’entre-dévorer. En court-circuitant les ressorts du film de vengeance, « Aucun autre choix » (2026) propose surtout une autopsie du couple et de la cellule familiale érigés en derniers remparts d’une masculinité vacillante.

Les trois membres de la famille du héros de Aucun autre choix s'enlacent,, dans leur jardin.

Deux jeunes hommes sous un ciel sépia, vus de profil, avançant songeurs ; à côté d'eux, deux troncs très fins ; plan issu du film Outsiders.

The Outsiders

Longtemps tenu pour une œuvre mineure de son auteur, « The Outsiders » (Francis Ford Coppola, 1983) a depuis trouvé sa place dans la filmographie du cinéaste. Regardant l’Amérique mythologique par le bas, à hauteur d’adolescents, le film révèle une constellation d’acteurs devenus emblématiques. Pathé l’a récemment réédité en 4K dans ses deux versions, nous invitant à redécouvrir un titre qui n’a rien perdu de son éclat singulier.


[Bilan 2025] L’Amérique irréconciliable

Depuis le premier mandat de Trump, le spectre de la guerre civile et la polarisation des forces politiques n’ont sans doute jamais autant pesé sur le présent. En 2025, le cinéma états-unien s’en est naturellement fait le témoignage. Idéologies radicalisées, effet transformateur des réseaux sociaux, absence de communication réelle sont autant de thèmes portés à l’écran, illustrant une fracture profonde, peut-être infranchissable. Retour sur ces films où MAGA et « wokes » se sont disputés la vedette.


Un jeune homme, debout, tête baissée, sur une balustrade dans un vaste hangar désaffecté ; il est éclairé par une lumière bleue et blanche venant du toit en mauvais état ; plan issu du film Résurrection.

Résurrection

Film-ovni, à la fois hommage et adieu possible au septième art, « Resurrection » (Bi Gan, 2025) est d’abord une expérience sensorielle radicale, de nature à désorienter. En traversant un siècle de cinématographe, Bi Gan compose moins un récit qu’une vaste rêverie réflexive, où le cinéma s’examine lui-même, traverse ses propres formes et place le spectateur face à son regard. Une œuvre singulière, profondément fascinante.