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Viggo Mortensen est allongé, porté par ce qui semble être des branches d'arbres ou des veines, dans un fond indéfini, baigné dans du rouge ; scène du film Les crimes du futur.

Les Crimes du Futur

Avec Les Crimes du Futur (2022) , David Cronenberg ne livre pas uniquement un film « testamentaire » ou de « synthèse » comme on a pu le lire ça et là, pas plus qu’il ne se répète, non, il continue de préciser de films en films, une filmographie parmi les plus riches et solides que le septième art nous ait donné d’explorer.


Les deux jumelles du film The Silent Twins sont dans un tunnel éclairé d'une étrange violette, elles observent la paroi sur leur gauche avec admiration.

The Silent Twins

Présenté dans la section Un Certain Regard lors du 75e Festival de Cannes, le troisième film de la réalisatrice polonaise Agnieszka Smoczynska s’attache à raconter la folle histoire des sœurs Gibbons, en se mettant au diapason de la psyché et de la folle créativité de ses héroïnes.


Adèle Exarchopoulos, en tenue de patineuse artistique, nous regarde, la bouche entrouverte ; derrière, des flammes, imposantes, et la silhouette de trois autres jeunes patineuses, vues de dos, avec leur chignon ; plan issu du film Les cinq diables.

Les Cinq Diables

Après la Vue, l’Odorat. Les Cinq Diables (2022), ambitieux deuxième film de Léa Mysius présenté à la Quinzaine des Réalisateurs mêle avec malice le drame familial et fantastique en suivant le parcours de Vicky, petite fille à l’odorat mystérieusement sur-développé et manifestant des pouvoirs amenés à bouleverser le fragile équilibre de sa famille.


La Nuit du 12

Après un retour en force très remarqué avec Seules Les Bêtes (2019), le cinéaste Dominik Moll présente au 75e Festival de Cannes son nouveau long métrage, faux polar « classique », vraie révélation de la Sélection Officielle.


le visage d'une vieille femme, dont nous ne voyons que les mains, est cachée sous un drap blanc, dans un lit ; plan en plongée issu du film Vortex de Gaspar Noé pour notre interview.

Gaspar Noé, au coeur du vortex

Alors que l’on avait quelque peu perdu notre adhésion au bonhomme depuis au moins son Climax (2018), le dernier né de sa filmographie, Vortex, nous a totalement pris à contre-pied et littéralement bouleversés quand nous l’avions découvert à Cannes. Entretien avec un cinéaste visiblement pas rancunier et de surcroît toujours aussi généreux quand il s’agit de causer de cinéma.


Un jeune garçon regarde un paysage de forêt, dont les arbres montent haut, à travers une fenêtre : le reflet du paysage se dessine sur la vitre et son visage ; plan issu du film The Innocents.

The Innocents

Il existe mille et une raisons qui justifient le sentiment de peur ; cela ne signifie pas forcément que derrière chacune de ses manifestations se trouve une explication… L’adulte a certes tendance à regarder systématiquement les choses sous l’angle de la rationalité. Mais qu’en est-il de l’enfant ? À quel point un être perçu comme l’expression la plus tangible de l’innocence et de la pureté est-il corruptible par les forces du Mal ? Et à quelles fins, si tant est qu’il y en ait ? De telles questions hantent The Innocents, et son mal qui flotte dans l’air.


A l'arrière d'un van en bazar baigné dans une lumière verte, trois hommes boivent un verre, tous l'air de bandits dans le film La fièvre de Petrov.

La Fièvre de Petrov

Après un passage à Cannes, nous avions découvert La Fièvre de Petrov (2021) à L’Etrange Festival où il avait une place de choix dans la section Mondovision. En pleine pandémie, la vision fiévreuse et confiné de Kirill Serebrennikov parvient-elle effectivement à se propager auprès de ses spectateurs ?


Assis sur un canapé, un homme en peignoir léger donne de son assiette à son gros chien sur sa gauche, il lui met la nourriture dans la gueule avec des baguettes chinoises, d'un air désabusé ; scène du film Oranges Sanguines.

Oranges Sanguines

Coutumier du festival du film Grolandais ou FIFIGROT, qui avait déjà programmé ses court-métrages et son premier film Apnée (2016), le cinéaste Jean-Christophe Meurisse revient avec sa dernière réalisation au titre évocateur : Oranges sanguines (2021) qui, s’il n’a pas manqué de diviser les spectateurs, a néanmoins convaincu la terrible inquisitrice de la Présipauté, Sylvie Pialat, invitée d’honneur du festival, qui lui a décerné l’amphore d’or.


Une femme pose sa joue contre le museau d'une brebis portant une couronne de fleurs sur le crâne ; scène du film Lamb.

Lamb

D’abord passé par Un Certain Regard cette année à Cannes, avant de désormais rejoindre la Compétition de l’Étrange Festival, les promesses en matière de folk-horror entourant Lamb l’avait placé en tête de liste de nos plus grosses attentes d’autant plus que l’on a tendance à apprécier les oeuvres produites par le studio A24. Hélas, malgré l’inspiration des légendes islandaises qui nimbe son récit et la présence intrigante de Noomi Rapace, ce premier film de Valdimar Jóhannsson déçoit par sa fadeur, la schizophrénie de son écriture et la pose de sa mise en scène.


Vortex

« Quand approche le Festival de Cannes, Gaspar Noé se dépêche de faire un film » s’amusait Thierry Frémaux en introduction de la projection de Vortex à « Cannes Premières », la section inaugurée en cette édition particulière. Il ne croyait pas si bien dire : alors que le cinéaste obtenait pour la première fois l’avance sur recettes du CNC en mars dernier pour ce projet, il était à Cannes en juillet pour le présenter en toute fin de festival. Surprise, ce nouvel opus n’est pas qu’un bâclage chiqué, genre de faux événements dont Noé a le secret, mais au contraire un vrai beau film aussi candide que juste. Retour sur une belle et triste surprise.


Annette

Neuf ans après le sublime Holy Motors (2012), Leos Carax faisait un retour triomphal en ouverture d’une édition cannoise bien particulière. Avec ce projet musical, annoncé depuis des années et follement attendu, nous était promis un retour du cinéaste, et du cinéma, en fanfare. Si ce nouvel essai est bien aussi flamboyant qu’on pouvait l’espérer, il surprend par son extrême noirceur. Après seulement deux visionnages, sans doute ne ferons-nous pas le tour de cet objet venu d’ailleurs. Il nous faut pourtant y revenir au retour de Cannes. Reprendre nos pensées, revisiter nos émotions, revivre, autant que possible, cette étrange aventure.


Le visage de Suliane Brahim caché derrière un voile transparent et un un peu opaque dans le film La Nuée.

Just Philippot, esprit de synthèse

Notre dossier déjà conséquent d’Etat des lieux des cinémas de genres français avait tendance à quelque peu tourner en rond autour des mêmes constats, des mêmes espoirs… et des mêmes désillusions. Mais de toute évidence, si 2020 sera une année à oublier, 2021 sera quant à elle mémorable. Car comme Virginie, le personnage principal de La Nuée (Just Phillipot, 2020), le genre à la française a augmenté les doses, fait fructifier son vivier, injecté du sang neuf, édifié ça et là de nouvelles serres. Les sauterelles se multiplient, elles déferlent, elles ont faim. Entretien avec un affamé et son film aussi majeur que prototype.