festival de cannes


Tilda Swinton scrute une grande cage en verre abritant une petite pelouse dans le film Memoria.

Memoria

On avait laissé le grand Apichatpong Weerasethakul dans sa Thaïlande natale et habituelle auprès des soldats endormis de l’inoubliable Cemetery of Splendour (2015). C’était il y a déjà six ans… Il nous revient avec Memoria, projet très mystérieux et décisif dans sa carrière puisqu’il s’agit pour lui d’un premier franc déplacement. D’abord géographique – il est tourné en Colombie – mais aussi dans sa méthode puisque pour la première fois il y a travaillé avec deux comédiennes professionnelles et internationales : Tilda Swinton et Jeanne Balibar. C’est bien à un tournant auquel nous avons assisté à Cannes, et nous n’avons pas été déçus : nous revenons ici sur ce qui constitue, incontestablement, le plus grand film fantastique de cette édition.


Vortex

« Quand approche le Festival de Cannes, Gaspar Noé se dépêche de faire un film » s’amusait Thierry Frémaux en introduction de la projection de Vortex à « Cannes Premières », la section inaugurée en cette édition particulière. Il ne croyait pas si bien dire : alors que le cinéaste obtenait pour la première fois l’avance sur recettes du CNC en mars dernier pour ce projet, il était à Cannes en juillet pour le présenter en toute fin de festival. Surprise, ce nouvel opus n’est pas qu’un bâclage chiqué, genre de faux événements dont Noé a le secret, mais au contraire un vrai beau film aussi candide que juste. Retour sur une belle et triste surprise.


Kitty, jeune adoelscente rousse, est en train de lire un livre à la couverture rouge dans le film Où est Anne Frank ?

Où est Anne Frank !

Où est Anne Frank ! était l’une de nos plus grosses attentes cannoises, et on s’apprêtait déjà à s’offusquer de la voir placée hors-compétition comme la plupart des films d’animation sélectionnés depuis toujours au Festival de Cannes. L’auteur de deux œuvres aussi belles que Valse avec Bachir et Le Congrès aurait mérité, en soi, une place dans la Compétition Officielle. Reste que, malheureusement, Ari Folman semble s’être un peu perdu dans cette adaptation du journal d’Anne Frank, autant dans la cérébralité de son dispositif que dans la naïveté de ses intentions. Retour donc sur l’une de nos plus grosses déceptions du Festival 2021…


Benedetta (Virginie Effira) les bras en croix devant une statue de Jésus s'adresse à une petite foule dans la rue.

Benedetta

Cinq ans après son premier film français, et retour triomphal, Elle (2016), Paul Verhoeven revient enfin avec Benedetta, inspiré d’une histoire vraie à l’aura sulfureuse d’une nonne italienne lesbienne du XVIIème siècle. Très tièdement accueilli au dernier festival de Cannes, ce nouvel essai est probablement l’un des plus étranges de son auteur, mais aussi l’un des plus passionnants. Le Hollandais violent profite de cette histoire pour magnifier, plus que jamais, son goût du sacré et de l’impur, et enfin réaliser, de manière détournée et facétieuse, son Christ.


Annette

Neuf ans après le sublime Holy Motors (2012), Leos Carax faisait un retour triomphal en ouverture d’une édition cannoise bien particulière. Avec ce projet musical, annoncé depuis des années et follement attendu, nous était promis un retour du cinéaste, et du cinéma, en fanfare. Si ce nouvel essai est bien aussi flamboyant qu’on pouvait l’espérer, il surprend par son extrême noirceur. Après seulement deux visionnages, sans doute ne ferons-nous pas le tour de cet objet venu d’ailleurs. Il nous faut pourtant y revenir au retour de Cannes. Reprendre nos pensées, revisiter nos émotions, revivre, autant que possible, cette étrange aventure.


Les gangsters du film Les Siffleurs réunis dans un bâtiment désaffecté, des rideaux blancs tombent sur les murs.

Les Siffleurs

Dernier film de la compétition du 72ème festival de Cannes à sortir dans les salles françaises, Les Siffleurs de Corneliu Poremboiu emmène le cinéma roumain prendre le soleil aux Canaries. Il continue cependant de trainer la corruption, un de ses thèmes majeurs, mais avec beaucoup d’audace, et un peu d’humour. Les Siffleurs est à ce titre un grand plaisir cinéphile, en s’inscrivant de manière très ludique dans le genre du film noir. Siffler Là-Haut Sur […]


Djibril Zonga et Damien Bonnard dans le film Les misérables (critique)

Les Misérables 1

A notre surprise, l’événement du moment, estampillé Prix du Jury au Festival de Cannes 2019, n’est pas qu’un film de banlieue mais indéniablement un récit qui emprunte aux cinémas de genres de quoi enflammer son discours politique… Critique des Misérables de Ladj Ly. Les Châtiments Le vide politique du cinéma français. Cette une de septembre 2015, lancée dans les kiosques par les forts vénérables Cahiers du Cinéma, a pu faire du bruit. Il y avait […]


Lunga prêt à tirer dans le film Bacurau (critique)

Bacurau 2

Le Prix du Jury du Festival de Cannes 2019 est revêtu d’une aura d’OFNI “à la croisée des chemins” : entre western, violence genresque et allégorie sociale d’un Brésil sous tension depuis l’élection de Jair Balsonaro. Fais Pas Genre se propose d’affiner la critique avec un point de vue un peu plus mesuré sur Bacurau (Kleber Filho Mendonça & Juliano Dornelles, 2019). Le genre comme prétexte Alors que Joker (Todd Phillips, 2019) continue d’alimenter les […]


Once Upon a Time… in Hollywood 4

Quentin Tarantino est probablement l’auteur contemporain dont la sortie d’un nouvel opus génère le plus d’attentes, d’excitation et forcément d’appréhension. Le voir s’attaquer à l’année 1969, qui plus est dans la cité des anges, et donc indubitablement au destin tragique de Sharon Tate, pouvait inquiéter davantage encore. Accueilli tièdement à Cannes, Once Upon a Time … In Hollywood est pourtant un grand film mélancolique, inégal et diablement tordu dont il est bien difficile de définir […]


Under The Silver Lake 1

Profitant de la politique de renouvellement menée dans la sélection cette année, le malin David Robert Mitchell s’est offert pour son troisième long-métrage une heureuse place en compétition officielle du Festival de Cannes. Après le sympathique et très calibré It Follows, le cinéaste délivre cette fois un délire en roue-libre de 2h20 entre film noir à la Chandler, pop culture sous LSD (ralentie avec un maximum de weed), et déambulation dans un Los Angeles habité […]


Climax

Présenté cette année à la Quinzaine des réalisateurs, le nouveau film de Gaspar Noé était sans surprise l’un des événements les plus attendus à Cannes. Presque rien n’avait fuité avant sa présentation au festival, si ce n’est un mystérieux synopsis, et le fait que le film ait été tourné en 15 jours. Au moment de le découvrir, l’excitation était donc pour nous maximum. Elle n’était malheureusement pas aussi forte que la déception ressentie à la […]


Un Couteau dans le Coeur 2

C’est l’une des belles surprises de la 71ème édition du Festival de Cannes : la présence en compétition du seulement deuxième long-métrage d’un des auteurs les plus passionnants du cinéma français actuel. Après Les rencontres d’après minuit (2013) qu’on avait découvert à la Semaine de la Critique, Yann Gonzalez signe ni plus ni moins que l’un des plus beaux et généreux films vus cette année à Cannes. Inonder les cœurs de sang… de sperme … et […]


L’Homme qui tua Don Quichotte 1

Conspué par la critique lors de sa présentation en clôture du dernier Festival de Cannes, L’Homme qui tua Don Quichotte (2018) ou aussi connu sous l’appellation de film maudit de Terry Gilliam est une œuvre malade fascinante. Vous cherchiez une critique positive, ne cherchez plus. Sisyphe et son rocher On ne l’attendait plus. L’Homme qui tua Don Quichotte (Terry Gilliam, 2018) fut longtemps l’un des membres éminents de la très prestigieuse liste des films maudits, […]