Pierre-Jean Delvolvé


A propos de Pierre-Jean Delvolvé

Scénariste et réalisateur diplômé de la Femis, Pierre-Jean aime bien parler de Paul Verhoeven, de "2001 l'odyssée de l'espace" et faire des rapprochements entre "La Maman et la Putain" et "Mad Max". Sinon il écrit de temps en temps sur les films, et il trouve ça très chouette, surtout quand c'est des films avec du sang et du mauvais goût à outrance. Il pense aussi que Xavier Dolan n'a pas de talent, et qu'il faut lutter contre lui. Ses spécialités variées oscillent entre Paul Verhoeven, John Carpenter, Tobe Hooper et George Miller. Il est aussi le plus sentimental de nos rédacteurs.


A un bal de fin d'année, la rangée des garçons fait face à la rangée des filles, comme dans une posture de défi ; scène du film West Side Story.

West Side Story

Trois ans après le chef-d’œuvre Ready Player One (2018) – déjà notre film préféré de l’année 2018, et l’un de nos favoris de la décennie passée – le maître Spielberg nous revient avec un bien curieux projet qui avait, avouons-le, de quoi nous faire peur.


Dans la cité, Issachar menace un homme encapuchonné qui s'approche vers lui, tandis que Zabulon le menace aussi, mais en mimant un revolver avec sa main ; scène du film Fils de plouc.

Lenny & Harpo Guit, tu seras un plouc mon fils

Privé de sortie en France et débarqué directement sur OCS, le premier film des Frères Lenny et Harpo Guit s’est imposé à nous comme l’un des films qui fait pas genre de l’année ! Nous avons pu discuter avec eux de cette comédie débilo-scato, qui convoque pêle-mêle le cinéma des Frères Farrelly et des Frères Safdies.


Christopher Walken observe New-York de nuit, de son bureau, derrière une vitre sur laquelle se reflète la ville ; plan issu du film The King of New-York.

The King of New York

Depuis plusieurs années, alors qu’il continue une œuvre de plus en plus expérimentale, solitaire et passionnante, Abel Ferrara connaît une nouvelle mise en lumière de ses œuvres du passé, dans des ressorties en salles ou en blu-ray de ses plus grands classiques. Après L’Ange de la vengeance (1981), New York, 2h du matin (1984) chez Esc, c’est Carlotta qui nous gratifie d’une remarquable édition blu-ray collector de son film le plus célèbre, avec Bad Lieutenant (1992), The King of New York (1990). L’occasion de revenir sur ce classique qui n’a rien perdu de sa noirceur et de sa puissance formelle.


Tilda Swinton scrute une grande cage en verre abritant une petite pelouse dans le film Memoria.

Memoria

On avait laissé le grand Apichatpong Weerasethakul dans sa Thaïlande natale et habituelle auprès des soldats endormis de l’inoubliable Cemetery of Splendour (2015). C’était il y a déjà six ans… Il nous revient avec Memoria, projet très mystérieux et décisif dans sa carrière puisqu’il s’agit pour lui d’un premier franc déplacement. D’abord géographique – il est tourné en Colombie – mais aussi dans sa méthode puisque pour la première fois il y a travaillé avec deux comédiennes professionnelles et internationales : Tilda Swinton et Jeanne Balibar. C’est bien à un tournant auquel nous avons assisté à Cannes, et nous n’avons pas été déçus : nous revenons ici sur ce qui constitue, incontestablement, le plus grand film fantastique de cette édition.


Vortex

« Quand approche le Festival de Cannes, Gaspar Noé se dépêche de faire un film » s’amusait Thierry Frémaux en introduction de la projection de Vortex à « Cannes Premières », la section inaugurée en cette édition particulière. Il ne croyait pas si bien dire : alors que le cinéaste obtenait pour la première fois l’avance sur recettes du CNC en mars dernier pour ce projet, il était à Cannes en juillet pour le présenter en toute fin de festival. Surprise, ce nouvel opus n’est pas qu’un bâclage chiqué, genre de faux événements dont Noé a le secret, mais au contraire un vrai beau film aussi candide que juste. Retour sur une belle et triste surprise.


Six personnes, d'âge mûr, attendent dans une salle d'attente, assis les uns à côté des autres, la mine triste ; à gauche, les comédiens Elisabeth Moss et Clive Owen dans le film The French Dispatch.

The French Dispatch

Le nouvel opus de Wes Anderson était sans aucun doute le film le plus attendu de la compétition cannoise. Avec son impressionnant casting de stars – qui, toutes rassemblées, ont dû être transportées en bus pour rejoindre le tapis rouge – son cinéaste adulé et le mystère qui l’entourait, The French Dispatch avait tout pour être l’événement de cette édition. C’est incontestable, il a pourtant quasiment unanimement déçu. Sans doute parce qu’il se démarque par son aridité et sa radicalité dans la filmographie de son auteur, il faut dire qu’il nous reste de manière persistante en tête. Sans pour autant pleinement nous convaincre.


Kitty, jeune adoelscente rousse, est en train de lire un livre à la couverture rouge dans le film Où est Anne Frank ?

Où est Anne Frank !

Où est Anne Frank ! était l’une de nos plus grosses attentes cannoises, et on s’apprêtait déjà à s’offusquer de la voir placée hors-compétition comme la plupart des films d’animation sélectionnés depuis toujours au Festival de Cannes. L’auteur de deux œuvres aussi belles que Valse avec Bachir et Le Congrès aurait mérité, en soi, une place dans la Compétition Officielle. Reste que, malheureusement, Ari Folman semble s’être un peu perdu dans cette adaptation du journal d’Anne Frank, autant dans la cérébralité de son dispositif que dans la naïveté de ses intentions. Retour donc sur l’une de nos plus grosses déceptions du Festival 2021…


Benedetta (Virginie Effira) les bras en croix devant une statue de Jésus s'adresse à une petite foule dans la rue.

Benedetta

Cinq ans après son premier film français, et retour triomphal, Elle (2016), Paul Verhoeven revient enfin avec Benedetta, inspiré d’une histoire vraie à l’aura sulfureuse d’une nonne italienne lesbienne du XVIIème siècle. Très tièdement accueilli au dernier festival de Cannes, ce nouvel essai est probablement l’un des plus étranges de son auteur, mais aussi l’un des plus passionnants. Le Hollandais violent profite de cette histoire pour magnifier, plus que jamais, son goût du sacré et de l’impur, et enfin réaliser, de manière détournée et facétieuse, son Christ.


Trois adolescents et leur père s'enlacent, les uns derrière les autres, sur une plage ; en fond, la mer ; scène du film Old.

Old

Comme nous le soulignions dans notre entretien avec Hugues Derolez, c’est avec une grande impatience que nous attendions un retour de M. Night Syamalan à une fiction totalement originale, après avoir revisité, de manière inattendue, les personnages d’Incassable (2000) avec les tant aimés Split (2017) et Glass (2019). Old est donc le nom de ce nouveau départ et, sans surprise, il en a déçu plus d’un. Disons-le d’emblée, il s’agit d’un Shyamalan mineur. Mais, un film mineur dans une telle filmographie n’est-il pas, malgré tout, un grand film ?


Annette

Neuf ans après le sublime Holy Motors (2012), Leos Carax faisait un retour triomphal en ouverture d’une édition cannoise bien particulière. Avec ce projet musical, annoncé depuis des années et follement attendu, nous était promis un retour du cinéaste, et du cinéma, en fanfare. Si ce nouvel essai est bien aussi flamboyant qu’on pouvait l’espérer, il surprend par son extrême noirceur. Après seulement deux visionnages, sans doute ne ferons-nous pas le tour de cet objet venu d’ailleurs. Il nous faut pourtant y revenir au retour de Cannes. Reprendre nos pensées, revisiter nos émotions, revivre, autant que possible, cette étrange aventure.


Gros plan sur le visage d'une jeune femme blonde, les yeux rivés sur une grosse araignée au premier plan ; plan issu du film Les trois visages de la peur de Mario Bava.

Mario Bava, visages de l’artifice

La sortie conjointe de deux grands films du maître italien – Les Trois visages de la Peur (1963) et La Ruée des Vikings (1961) – chez nos camarades du Chat qui fume nous permet de revenir sur ce cinéaste de chevet pour beaucoup d’entre nous. Deux films très différents, de leur conception à leur contenue, mais qui chacun donne à voir sa poésie : celle d’un artificier amoureux des couleurs et du spectacle.


Dans une serre éclairée par la nuit et la lumière de la lune, Nicolas Cage enlace Kathleen Turner, dos à lui ; scène du film Peggy Sue s'est mariée.

Francis Ford Coppola, rien ne peut rester d’or pur

Carlotta vient de ressortir deux films majeurs et malheureusement mésestimés de Francis Ford Coppola, Peggy Sue s’est mariée (1986) et Jardins de Pierre (1987). Deux essais de la même période, les années 80, peut-être la plus tourmentée de son auteur, mais aussi la plus mélancolique. Un temps où le cinéaste semblait obsédé par la perte de l’innocence, la sienne – celle d’un ange déchu forcé de réaliser des films de commande après un échec retentissant – et celle d’une nation tout entière quelques années après la Guerre du Vietnam.


En pleine rue, au premier plan le visage d'Isabelle Adjani possédée, du sang lui coule de la bouche ; derrière elle Sam Neill s'approche d'elle, le regard presque lubrique ; scène du film Possession.

Possession

Nous avons toujours beaucoup de plaisir à chroniquer les sorties de nos courageux amis du Chat qui Fume qui régulièrement nous gratifient de remarquables éditions. C’est avec une certaine émotion que nous revenons aujourd’hui sur ce qui est peut-être, à ce jour, leur chef-d’œuvre, à savoir la réédition en UHD et Blu-ray du chef-d’œuvre (justement) d’Andrej Zulawski, l’obsédant et hystérique Possession.