Archives du mois : septembre 2024


Le Député

Dans un cinéma qui a su entretenir un enchevêtrement entre le politique, le sexe, et l’interdit, Eloy de la Iglesia fait oeuvre avec « Le Député » (1978) non plus de confusion, mais de conjugaison claire entre ces trois éléments au coeur de son oeuvre. Dans ce thriller érotico-marxiste – oui oui – le cinéaste signe un film à la fois courageux et sensuel, à l’écriture comme à la mise en scène, qui tente d’échapper aux griffes du fascisme encore tapis dans l’ombre.

José Sacristán le poing levé, derrière un micro lors d'un discours dans le film Le député ; derrière lui un assistant bras croisés, et un drapeau représentant un point serré, la faucille, le marteau.

Beetlejuice regarde la caméra avec un sourire ; derrière lui un homme en costume jaune dont la tête est toute réduite ; plan du film Beetlejuice Beetlejuice.

Beetlejuice Beetlejuice

Après l’ingrate et terne première saison de « Mercredi », Tim Burton revient derrière la caméra avec « Beetlejuice Beetlejuice » (2024) qui fait suite à son second long-métrage, et suscitait sur le papier une certaine appréhension. Sans être complètement convaincant, le résultat se révèle touchant, aussi bien dans ses échecs que dans son inspiration parfois retrouvée.


Laced

Shadowz propose, en cette rentrée 2024, une petite salve de films du monde entier dont « Laced » (Kyle Butenhoff, 2023), soit un huis-clos, aux influences hitchcockiennes revendiquées, plutôt prometteur sur le papier – le dispositif minimaliste avait tout pour retenir notre attention – mais laborieux dans son exécution.

Une jeune femme en pleurs au premier plan tandis qu'à l'arrière-plan un jeune homme semble dans l'agonie ; plan en clair-obscur issu du film Laced.

Plan de profil sur Kim Novak, avec pour fond la toile rouge qui recouvre les murs du célèbre restaurant du film Sueurs froides.

Sueurs Froides

À la faveur d’une nouvelle édition 4K, il est temps pour Fais Pas Genre de se pencher sur une œuvre aussi incontournable que commentée : Sueurs Froides (Alfred Hitchcock, 1958). Une copie flambant neuve qui permet de redécouvrir ce jeu de dupes entre James Stewart et Kim Novak et le génie de sa mise en scène, toujours intact après bientôt soixante-dix ans…


Hit Man

Au printemps dernier, le temps d’un week-end au Centre Pompidou, le cinéaste américain Richard Linklater a notamment gratifié le public français de son dernier opus Hit Man qui n’avait pas (encore) trouvé le chemin des écrans français. Alors que ce dernier va finalement troquer une sortie en salles pour une sortie en VOD/SVOD pour enfin être découvert, nous voici encore béats à repenser à ce bijou de comédie loufoque, qui trouve en ses comédiens, et notamment Glen Powell, un génial bac à sable de cinéma.

Glen Powell & Adria Arjona prennent un bain en amoureux dans le film Hit Man.

Dans ce sui semble être une vaste tente aux draps blancs, baignée dans une lumière jaune, Adam Driver contemple une boule en verre qu'il tient dans sa main ; scène de Mégalopolis.

Megalopolis

Pas de doute, nous n’attendions rien de plus que Megalopolis cette année à Cannes, et nous n’étions pas les seuls. Douze ans après le magnifique Twixt qui achevait une trilogie mal-aimée – pourtant sublime – réalisée avec les moyens d’un étudiant en cinéma, c’est avec un projet pharaonique, autofinancé, et envisagé depuis quarante ans que Francis Ford Coppola nous revient. Nous en avions nous-même rêvé durant toutes ces années, à tel point qu’il est difficile de confronter les images qu’on a fantasmées à leur matière réelle. Disons-le, cette œuvre singulière en tout, accueillie avec mépris et huées sur la Croisette, nous a désarmés et nous hante.