Festival de Cannes


Les Linceuls

En 2022, « Les Crimes du Futur » fut accueilli par beaucoup – et à tort – comme un film somme et conclusif. Quelle ne fut donc pas la surprise, quelques semaines seulement après sa sortie, d’apprendre qu’une nouvelle œuvre était sur les rails : Les Linceuls, qui, après un passage à Cannes l’an dernier, vient enfin de nous parvenir. Quelque part entre « Chromosome 3 » (1979) et « La Mouche » (1986), David Cronenberg nous livre ici une œuvre sur le deuil et la résilience, comptant parmi ses plus intimes, sensibles et fragiles.

Vincent Cassel au milieu de son son cimetière de stèles connectées, dont plusieurs ont été détruites : scène du film Les linceuls.

Santosh au milieu d'une foule encadrée par l'armée ; elle a les bras ballants, semblant en décalage.

Santosh

Présenté en 2024 dans la section Un Certain regard au Festival de Cannes, « Santosh » (Sandhya Suri) a impressionné le public par sa façon, sans concession, de dépeindre une Inde loin des folklores bollywoodiens et moralement au bord du chaos. Un premier film de fiction hautement féministe qu’il vous faut découvrir en vidéo grâce à l’édition de Blaq Out.


Bird

Le nouveau film d’Andrea Arnold met en scène Bailey, jeune pré-ado vivant dans un squat, et Bird, un homme mystérieux à la recherche de ses parents. Dans un faux film « social », la réalisatrice britannique glisse subitement sur un autre chemin, celui du genre, et invente une nouvelle forme d’émancipation à l’écran.

Deux jeunes hommes filent sur une trottinette dans une rue anglaise, l'nu d'entre eux est torse nu et porte de nombreux tatouages ; scène du film Bird.

Gros plan sur le visage du comédien Adam Bessa, méfaitn, observant entre les livres d'un rayon de bibliothèque dans le film Les fantômes.

Les fantômes

En 2019, le réalisateur Jonathan Millet apprend, par plusieurs de ses contacts syriens, l’existence d’une cellule secrète de réfugiés en Europe, des espions qui traquent d’anciens membres du régime de Bachar el-Assad, pour se venger et les livrer à la justice. De cette folle histoire, il en tire un long-métrage d’espionnage, qui mélange géopolitique et débat intérieur, « Les Fantômes ».


Megalopolis

Pas de doute, nous n’attendions rien de plus que Megalopolis cette année à Cannes, et nous n’étions pas les seuls. Douze ans après le magnifique Twixt qui achevait une trilogie mal-aimée – pourtant sublime – réalisée avec les moyens d’un étudiant en cinéma, c’est avec un projet pharaonique, autofinancé, et envisagé depuis quarante ans que Francis Ford Coppola nous revient. Nous en avions nous-même rêvé durant toutes ces années, à tel point qu’il est difficile de confronter les images qu’on a fantasmées à leur matière réelle. Disons-le, cette œuvre singulière en tout, accueillie avec mépris et huées sur la Croisette, nous a désarmés et nous hante.

Dans ce sui semble être une vaste tente aux draps blancs, baignée dans une lumière jaune, Adam Driver contemple une boule en verre qu'il tient dans sa main ; scène de Mégalopolis.

Louis Koo en posture de combat, tenant un mixeur dans les doigts ; scène sous le regard d'un groupe d'hommes dans le fond du salon de coiffure, issue de City of Darkness.

City of Darkness

Voilà qu’entre franchises en fin de vie et adaptations pétochardes rugit et bondit le « City of Darkness » de Soi Cheang. À peine échappé des séances de minuit de Cannes, ce petit cyclone hongkongais auto-destructeur tire dans tous les sens, enchaînant coups de génie et ramassages quasi-comiques, et laisse dans son sillage un fabuleux bric-à-brac à ausculter.