action


A toute épreuve

Le dernier film de John Woo, avant son départ aux Etats-Unis, est ressorti en cette fin d’été, avant de conclure l’année par sa parution en Blu-Ray par Metropolitan Films dans une sublime copie. « A toute épreuve » (1992) est bien plus qu’un baroud d’honneur dans le Hong Kong pré-1997, “c’est l’un des meilleurs film d’action de tous les temps” comme le dit Edgar Wright dans le dernier Konbini club, et il est difficile de lui donner tort.

Tony Leung fume une cigarette, pensif, sur une banc.

Mister V prêt à tirer avec deux pistolets dans McWalter sur Amazon Prime.

McWalter

Mister V, aidé de Simon Astier à la réalisation, fait revivre l’esprit ZAZ dans le cinéma hexagonal avec McWalter (2025), suite des aventures de l’inspecteur le plus con depuis Frank Drebin, entamées depuis dix ans sur YouTube. Le passage des youtubeurs au cinéma : est-ce que cette fois c’est la bonne ?


The Phœnician Scheme

Contempler le gouffre. C’est le vertige poétique paradoxal auquel Wes Anderson nous expose dans The Phœnician Scheme. Et pour rester fidèle à cette vague impression qui nous reste après le film, il aurait fallu ne pas trop interpréter, mais l’érudition de Wes Anderson pousse au commentaire, à l’annotation, voire à la théorie, et on y cédera un peu ici.

Plan zénithale en contre-plongée sur une salle de bains dans laquelle Benicio del Toro se baigne ; issu du film The Phoenician Theme.

Un homme à terre dans un salon observe bouche bée qu'il a un large couteau planté dans la main ; scène du film Novocaïne.

Novocaïne

La violence ludique est à l’ordre du jour en ce début d’année 2025 ! Après le jouissif « Fight or Flight » (James Madigan, 2025), débarqué sur les écrans britanniques depuis la fin février et continuant le progressif revival de la carrière de Josh Hartnett, c’est au tour de Jack Quaid dans « Novocaïne » (Robert Olsen, 2025) de répondre à la question qui taraude le cinéma d’action contemporain : comment réinventer les mises à mort ?


City of Darkness

Voilà qu’entre franchises en fin de vie et adaptations pétochardes rugit et bondit le « City of Darkness » de Soi Cheang. À peine échappé des séances de minuit de Cannes, ce petit cyclone hongkongais auto-destructeur tire dans tous les sens, enchaînant coups de génie et ramassages quasi-comiques, et laisse dans son sillage un fabuleux bric-à-brac à ausculter.

Louis Koo en posture de combat, tenant un mixeur dans les doigts ; scène sous le regard d'un groupe d'hommes dans le fond du salon de coiffure, issue de City of Darkness.

Denzel Washington, songeur, est accroupi, dans une église (les bougies brillent en arrière-plan) un petit couteau entre les doigts ; scène du film Equalizer 3

Equalizer 3

Si les genres peuvent avoir tendance à s’enfermer sur eux-mêmes, les franchises sont de vraies camisole de force. Alors qu’adopter un certain style de cinéma offre une variété de socles narratifs familiers et un ensemble de références esthétiques aussi précises et variées, la franchise n’a qu’un seul point de source, qu’un seul objectif : reproduire son succès initial. Quand JCDecaux nous abreuvait cet été d’affiches d’Equalizer 3 (Antoine Fuqua, 2023), on a senti l’arnaque. Le coup de l’acteur d’action bankable vieillissant qui prend 85% de l’affiche pour encore pointer son flingue vers le vide, on nous l’a déjà fait. Mais parce que c’était Denzel, parce que c’était nous, on a quand même attendu la VOD. La voilà qui tombe et ô surprise : c’est plutôt moyen ! L’occasion de revenir un peu sur cette franchise instantanément oubliable aux millions d’entrées, qui aurait pu, mais qui n’a pas.