Elie Katz


A propos de Elie Katz

Scénariste fou échappé du MSEA de Nanterre en 2019, Elie prépare son prochain coup en se faisant passer pour un consultant en scénario. Mais secrètement, il planche jour et nuit sur sa lubie du parfait film d'action. Qui sait si son obsession lui vient d'une saga Rambo vue trop tôt, s'il est encore en rémission d'un high-kick de Tony Jaa, d'une fusillade de John Woo ou d'une punchline de Belmondo ? Quoi qu'il en soit, évitez les mots « cascadeurs français » et « John Wick 4 » près de lui, on en a perdu plus d'un. Dernier signalement : on l'aurait vu sur un toit parisien, apprenant le bushido aux pigeons sur la bande-son de son film préféré, Ghost Dog de Jim Jarmusch. Retrouvez la liste de ses articles sur letterboxd : https://boxd.it/riGco


[Bilan 2025] L’année de la loose

Di Caprio trébuchant en peignoir à travers l’Amérique dans Une bataille après l’autre, Armande Pigeon titubant à travers Bruxelles dans Aimer Perdre, Dwayne “The Smashing Machine” Johnson, s’écrasant sous sa masculinité, Léa “The Ugly Stepsister” Myren se charcutant pour sa féminité, les volontaires éphémères de Marche ou Crève, les remplaçables laminés de Mickey 17, les fonctionnaires sacrifié.es du Dossier 137 ou de la House of Dynamite, l’équipe C de Thunderbolts*. Par une merveilleuse ironie, 2025 aura vu la consécration des loosers et la fin de l’hégémonie des winners.

Dwayne Johnson en tenue d'entraînement, épuisé, assis par terre contre un sac de frappe, dans le film The smashing machine pour notre analyse bilan de 2025, l'année de la loose.

Tom Cruise dans son rôle de Ethan Hunt observe une clé en forme de croix crucifix dans Mission Impossible The Final Reckoning.

Mission Impossible, du profit au prophète

Hollywood est capable de tout, sauf d’en finir. Alors quand l’une de ses plus grandes franchises d’action annonce en catastrophe son dernier diptyque, Mission : Impossible – The Final Reckoning (Christopher McQuarrie, 2025), on a eu et on a encore un peu de mal à y croire. Profitons tout de même de cet enterrement suspect pour faire la sincère oraison funèbre de cette saga d’action majeure des vingt dernières années.


Dead or Alive

Takashi Miike à partir de 1999, c’est le savant fou de « Audition », le dérangé hors pair de l’horreur hors normes. Sublime lune noire qui n’aura pour tare que d’avoir éclipsé l’incandescence de « Dead or Alive », sorti quelques mois plus tôt la même année. Ressorti l’an dernier pour célébrer ses 15 ans, cette perle desservie par sa coquille aux allures de direct-to-video série B, est pourtant l’aboutissement d’une carrière acharnée dans l’underground du cinéma japonais et la sacralisation de Takashi Miike comme maître incontesté de son art : à l’approche de sa projection au cinéma Le Méliès de Montreuil dont nous sommes partenaires, critique de ce film fou.

Le policier du film Dead or Alive, en veste de costume et de chemise blanche, le front ensanglanté, portant un bazooka sous le ciel bleu,

Michael B. Jordan prend sous son bras son camarade, tous deux apeurés, sous un ciel de crépuscule dans le film Sinners.

Sinners

Après 10 ans de macération dans l’estomac des franchises, Ryan Coogler revient toquer à notre porte encore fumant des acides de l’Industrie, avec un western d’horreur original, tissé de blues et de monstres irlandais. Bien qu’assoiffés par une saison blanche et sèche de cinéma de genre, les spectateurs s’écharpent, hésitant à inviter son Sinners dans la maison des films cultes. N’est-il pas un énième possédé du système, paré d’humanité et de bon sentiments ? Enquête de sincérité en terre de cynisme.


Secret Level • Saison 1

Alors que l’industrie du jeu vidéo connaît l’une des plus grandes crises économiques de son histoire, voilà qu’en cache-galère apparaît « Secret Level », comme un bel interlude venant couvrir l’incendie en coulisses. 15 bulles tirées de 15 franchises plus ou moins connues, animées par 7 studios internationaux différents, portées par le créateur de « Love, Death and Robots ». Pur produit du choc des titans du divertissement ou bac à sable d’une nouvelle génération de film et d’auteur.ices ? Les deux, mon général.

L'équipage de l'épisode Concord dans la saison 1 de Secret Level, composée de quatre humains et d'un être ressemblant à un lézard extraterrestre, observe l'espace à travers leur cockpit, plongés dans une lumière rose.

Roger Hanin et Richard Berry en tenue de mariage, observent au loin, sur une terrasse, dans le film Le grand pardon.

Le Grand Pardon

Guerres de gangs entre communautés-clans déchirant Paris, grand banditisme et vendettas sanglantes côtoient petits larcins et coups fourrés, patibulaires vieux de la vieille versus nouvelle génération de flambeurs au sang chaud… Oui, le cinéma français s’est un jour osé à la grande fresque criminelle, s’inspirant de la bien réelle mafia juive pied-noir. Expertise d’une perle rare, parfaitement imparfaite : Le Grand Pardon (Alexandre Arcady, 1982).