Archives du mois : mai 2025


You’ll never find me

Josiah Allen et Indianna Bell ne nous sont pas inconnus. Leurs précédents courts-métrages venus d’Australie avaient déjà su capter l’attention par une maîtrise notable du huis clos, une utilisation très précise du sound design, et des dialogues oscillant entre légèreté trompeuse et tension palpable. Avec You’ll Never Find Me, leur premier long-métrage — proposé en exclusivité sur Shadowz et projeté au Méliès de Montreuil avec une présentation de votre serviteur samedi 24 mai 2025 — les deux cinéastes reprennent les ingrédients qui ont fait leur singularité mais les développent avec une ampleur nouvelle. Attention spoilers.

Le visage d'Elena Carapetis cachée derrière un volet, en clair obscur, dans le film You'll never find me.

Deux agents municipaux chargés du nettoyage regardent l'objectif : bodybuildés, ils portent un marcel aux couleurs de leur ville et des lunettes de soleil, leurs balais dans les mains ; scène du film Body trash.

Body Trash

La ozploitation dans toute sa splendeur nous est proposée dans ce film réédité chez Rimini. « Body Trash » (Philip Brody, 1993) est à ranger de petits classiques du genre comme « Fair Game » (Mario Andreacchio, 1986) ou « Braindead » (Peter Jackson, 1992). Très loin d’être parfait, ce petit body horror tel qu’on les aime entre amis n’a jamais paru si beau…


[Entretien] Jean Decré, en tête à tête avec Friedkin

Enfin un documentaire biographique pas comme les autres ! Pour sa première réalisation non-fictionnelle, Jean Decré s’éloigne des conventions du format et nous propose avec « William Friedkin, cinéaste au cœur des ténèbres » (2025) une vision très personnelle d’une des figures les plus fascinantes du Nouvel Hollywood. Grâce à son utilisation audacieuse des images d’archives et son regard aguerri de monteur, le réalisateur parvient à cerner la personnalité de cet artiste hors normes qu’est William Friedkin tout en préservant son mystère. Entretien dans les coulisses de fabrication de ce petit miracle disponible dès à présent sur la chaîne Ciné+.

William Friedkin L'Exorciste

Deux hommes en costume échangent en plein milieu des Champs-Elysées, entre les voitures en marche, dans les années 80 ; scène du film L'inconnu de la grande arche.

[Carnet de bord] Festival de Cannes 2025 • Jours 1 à 3

Durant le festival de Cannes 2025, l’équipe Fais Pas Genre ! reprend son désormais traditionnel carnet de bord : inauguration des trois premiers jours !


Les Linceuls

En 2022, « Les Crimes du Futur » fut accueilli par beaucoup – et à tort – comme un film somme et conclusif. Quelle ne fut donc pas la surprise, quelques semaines seulement après sa sortie, d’apprendre qu’une nouvelle œuvre était sur les rails : Les Linceuls, qui, après un passage à Cannes l’an dernier, vient enfin de nous parvenir. Quelque part entre « Chromosome 3 » (1979) et « La Mouche » (1986), David Cronenberg nous livre ici une œuvre sur le deuil et la résilience, comptant parmi ses plus intimes, sensibles et fragiles.

Vincent Cassel au milieu de son son cimetière de stèles connectées, dont plusieurs ont été détruites : scène du film Les linceuls.

Le policier du film Dead or Alive, en veste de costume et de chemise blanche, le front ensanglanté, portant un bazooka sous le ciel bleu,

Dead or Alive

Takashi Miike à partir de 1999, c’est le savant fou de « Audition », le dérangé hors pair de l’horreur hors normes. Sublime lune noire qui n’aura pour tare que d’avoir éclipsé l’incandescence de « Dead or Alive », sorti quelques mois plus tôt la même année. Ressorti l’an dernier pour célébrer ses 15 ans, cette perle desservie par sa coquille aux allures de direct-to-video série B, est pourtant l’aboutissement d’une carrière acharnée dans l’underground du cinéma japonais et la sacralisation de Takashi Miike comme maître incontesté de son art : à l’approche de sa projection au cinéma Le Méliès de Montreuil dont nous sommes partenaires, critique de ce film fou.