Body Horror


[Carnet de bord] NIFFF 2026 • Jours 1-2

| CARNET DE BORD • NIFFF JOURS 1-2 | Le seul et unique festival en Suisse célébrant le cinéma fantastique et ses genres connexes revient sous un ciel clément et avec son habituelle bonne humeur pour une édition anniversaire. La vingt-cinquième édition du NIFFF réserve de belles surprises, avec au programme de nouveaux films venant des quatre coins du monde, un focus sur le cinéma asiatique, des séances rétrospectives et une toute nouvelle section pour souffler ensemble les vingt-cinq bougies d’un événement incontournable. À cette occasion, ce sont deux rédacteurs de Fais pas genre! qui se rendent sur place, avec hâte et pour leur plus grand plaisir.

Une femme enrubanné et portant une robe épaisse se hâte dans une forêt sombre munie d'une lampe à huile dans le film Gaua

Saccharine

l EN SALLES | Depuis quelques années, le body horror est devenu l’un des terrains privilégiés d’une réflexion sur les normes imposées aux femmes. Déjà remarquée avec ses deux précédents films, Natalie Erika James s’empare à son tour de ce registre pour explorer l’obsession de la minceur et les troubles du comportement alimentaire. Avec « Saccharine » (2026), elle signe une œuvre traversée par de belles intuitions de mise en scène, sans toujours parvenir à les faire pleinement dialoguer.


[Carnet de bord] BIFFF 2026 • Jours 15 et 16

Il y a un mois et demi, le Brussels International Fantastic Film Festival tirait sa révérence après seize jours de cinéma fantastique, de nuits écourtées et de belles découvertes. L’heure est désormais venue de conclure ce carnet de bord avec les deux dernières journées du festival, marquées par plusieurs temps forts – et quelques films appelés à repartir avec un prix. Retour sur le palmarès de cette édition 2026.


Obsession

Révélé sur internet par ses courts-métrages, Curry Barker signe avec « Obsession » (2026) un premier long d’une maîtrise impressionnante. Derrière sa mécanique horrifique implacable, le film transforme progressivement le fantasme amoureux masculin en logique de possession affective. Un cauchemar sentimental aussi cruel que profondément inconfortable, qui comptera sans aucun doute parmi les grands films d’horreur de l’année.


Body Trash

La ozploitation dans toute sa splendeur nous est proposée dans ce film réédité chez Rimini. « Body Trash » (Philip Brody, 1993) est à ranger de petits classiques du genre comme « Fair Game » (Mario Andreacchio, 1986) ou « Braindead » (Peter Jackson, 1992). Très loin d’être parfait, ce petit body horror tel qu’on les aime entre amis n’a jamais paru si beau…

Deux agents municipaux chargés du nettoyage regardent l'objectif : bodybuildés, ils portent un marcel aux couleurs de leur ville et des lunettes de soleil, leurs balais dans les mains ; scène du film Body trash.

Dans une salle de bains toute de carrelage blanc, une femme gît nue sur le sol, vue de dos, une large cicatrice court tout le long de sa colonne vertébrale ; une silhouette de femme, vue de dos aussi, portant un long peignoir avec un motif de serpent, est debout près de ce corps ; plan issu du film The substance.

The Substance

Auréolé d’un Prix du Scénario glané au dernier Festival de Cannes – où il fut même considéré comme favori pour la Palme d’Or – le nouveau film de Coralie Fargeat, sept ans après « Revenge » (2017), débarque dans les salles françaises en ayant conquis Hollywood. « The Substance » (2024) est davantage qu’un body horror de plus, c’est peut-être l’œuvre féministe la plus aboutie depuis longtemps.