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Annette

Neuf ans après le sublime Holy Motors (2012), Leos Carax faisait un retour triomphal en ouverture d’une édition cannoise bien particulière. Avec ce projet musical, annoncé depuis des années et follement attendu, nous était promis un retour du cinéaste, et du cinéma, en fanfare. Si ce nouvel essai est bien aussi flamboyant qu’on pouvait l’espérer, il surprend par son extrême noirceur. Après seulement deux visionnages, sans doute ne ferons-nous pas le tour de cet objet venu d’ailleurs. Il nous faut pourtant y revenir au retour de Cannes. Reprendre nos pensées, revisiter nos émotions, revivre, autant que possible, cette étrange aventure.


Le visage de Suliane Brahim caché derrière un voile transparent et un un peu opaque dans le film La Nuée.

[Entretien] Just Philippot, esprit de synthèse

Notre dossier déjà conséquent d’Etat des lieux des cinémas de genres français avait tendance à quelque peu tourner en rond autour des mêmes constats, des mêmes espoirs… et des mêmes désillusions. Mais de toute évidence, si 2020 sera une année à oublier, 2021 sera quant à elle mémorable. Car comme Virginie, le personnage principal de La Nuée (Just Phillipot, 2020), le genre à la française a augmenté les doses, fait fructifier son vivier, injecté du sang neuf, édifié ça et là de nouvelles serres. Les sauterelles se multiplient, elles déferlent, elles ont faim. Entretien avec un affamé et son film aussi majeur que prototype.


[Entretien] Aude Léa Rapin, histoire de fantômes

Présenté à la Semaine de la Critique de Cannes en 2019, Les Héros ne meurent jamais (Aude Léa Rapin, 2020) s’est finalement frayé un chemin en salles entre deux confinements. Aude Léa Rapin y raconte l’enquête étonnante d’Alice (Adèle Haenel) sur les traces de la prétendue vie antérieure de son ami Joachim, une enquête qui les mène jusqu’en Bosnie, pays hanté par les fantômes de la guerre. Analyse d’une nouvelle incursion dans le cinéma de genres français avec sa réalisatrice.

Alice et Joachim sont assis côte à côté sur un banc dans une cité bosniaque, devant un petit parterre de verdure, scène du film Les héros ne meurent jamais pour notre interview d'Aude Léa Rapin.

S, jouée par Souhir Ben Amara, est assise dans un environnement indicernable,elle regarde vers la droite d'un air inquiet, elle tient une pomme croquée dans la main, scène du film tunisien Sortilège.

Sortilège

Présenté lors de la dernière Quinzaine des réalisateurs, le nouveau film du tunisien Ala Eddine Slim est un lent voyage du monde civilisé vers un ailleurs. S’échappant du système social et politique, les protagonistes de Sortilège (Ala Eddine Slim, 2020) se lancent dans une quête laconique en quête d’une lointaine vérité. État de nature Dans The Last of Us (Ala Eddine Slim, 2016), il était déjà question de voyage. N, le protagoniste, traversait le désert […]


Nina Wu

Présenté à Un Certain Regard à Cannes en 2019, Nina Wu (Midi Z, 2020) comptait secouer la Croisette avec son sujet provocateur. Brûlot politique sur la domination masculine au cinéma, le réalisateur Midi Z plonge ses personnages et ses spectateurs dans un enfer qui peut exister au-delà de l’écran. L’actrice du Millénaire Ce qui frappe d’abord dans Nina Wu, c’est le jusqu’au-boutisme de son propos. Nina, une jeune taïwanaise, streameuse et aspirante actrice, rêve de […]

L'actrice Wu Ke-xi braque sur nous un revolver, face caméra, alors qu'elle se tient au beau milieu d'un salon décoré comme dans les années 70, scène du film Nina Wu.

The Lighthouse 2

Nouvelle figure de proue du cinéma fantastique américain aux côtés d’Ari Aster – Midsommar (2019) et Hérédité (2018) –, de David Robert Mitchell – It Follows (2014) et Under The Silver Lake (2018) – et véritable poule aux œufs d’or du Studio A24, Robert Eggers est de retour sur nos grands écrans trois ans après le succès de son premier brûlot, The Witch (2016). L’occasion rêvée pour nous de vous parler de ce pari osé […]