Archives du mois : février 2024


Equalizer 3

Si les genres peuvent avoir tendance à s’enfermer sur eux-mêmes, les franchises sont de vraies camisole de force. Alors qu’adopter un certain style de cinéma offre une variété de socles narratifs familiers et un ensemble de références esthétiques aussi précises et variées, la franchise n’a qu’un seul point de source, qu’un seul objectif : reproduire son succès initial. Quand JCDecaux nous abreuvait cet été d’affiches d’Equalizer 3 (Antoine Fuqua, 2023), on a senti l’arnaque. Le coup de l’acteur d’action bankable vieillissant qui prend 85% de l’affiche pour encore pointer son flingue vers le vide, on nous l’a déjà fait. Mais parce que c’était Denzel, parce que c’était nous, on a quand même attendu la VOD. La voilà qui tombe et ô surprise : c’est plutôt moyen ! L’occasion de revenir un peu sur cette franchise instantanément oubliable aux millions d’entrées, qui aurait pu, mais qui n’a pas.

Denzel Washington, songeur, est accroupi, dans une église (les bougies brillent en arrière-plan) un petit couteau entre les doigts ; scène du film Equalizer 3

Issu de May December, un plan rapproché-épaule,en clair obscur sur une Natalie Portman qui semble éprouvée, nous regardant dans les yeux, sur un fond uni marron.

May December

Projeté en compétition à Cannes il y a presque un an, May December, le nouveau film de Todd Haynes nous arrive enfin en France. L’occasion pour lui de développer les thématiques qui lui sont chères tout en se prêtant à un troublant jeu de miroir « à la De Palma » qui justifie à lui seul sa présence dans nos rubriques.


[Entretien] Sebastien Vanicek, forcer la mue

Faut-il encore présenter le phénomène Vermines (Sebastien Vanicek, 2023) ? Si vous êtes amateurs de cinéma de genres est intéressé par cette épineuse question de la revitalisation de l’imaginaire du cinéma français, vous n’êtes certainement pas passé à côté de ce film d’horreur made in France qui a mis tout le monde d’accord. Quelques jours après son incroyable nomination au César du Meilleur Premier Film, nous revenons avec le réalisateur Sébastien Vanicek sur ses débuts, la fabrication du film, les grands sujets qui le traverse et l’accueil inespéré pour un film d’invasion araignée qui pourrait, on l’espère, faire date dans l’Histoire des cinémas de genres français.

Gros plan sur une jeune femme allumant un briquet, anxieuse, près d'une toile d'araignée dans le film Vermines de Sébastien Vaniček.

Emma Stone allongée sur une table, dans une cuve de verre à sa silhouette, et des branchements, dans Pauvres Créatures.

Pauvres Créatures

Lion d’Or à Venise, deux Golden Globes, la cérémonie des Oscars qui se dessine, le dernier film de Yórgos Lánthimos se faisait languir. Adaptation du roman éponyme d’Alasdair Gray publié en 1992, Pauvres Créatures sort enfin dans nos salles et pousse les curseurs au maximum pour nous en mettre plein la cervelle. Mais est-il le film de genre féministe que l’on attendait ?


The Zone of Interest

« The Zone of Interest » de Jonathan Glazer ne sortira qu’en janvier sur tous les écrans français, mais il voyage de plus en plus régulièrement dans divers festivals francophones depuis sa présentation au dernier festival de Cannes, où il était d’assez loin le film qui nous avait le plus saisi. Comme nous participions à sa présentation la semaine dernière au Festival Augenblick de Strasbourg dont nous sommes partenaire, nous nous permettons d’y revenir enfin plus longuement, et de tenter de saisir les multiples beautés, et complexités, de cette œuvre capitale et retorse.

Une famille se prélasse sur l'herbe au bord d'un lac, au cœur d'une vallée verte et ensoleillée, dans le film The Zone of Interest.