action


The Phœnician Scheme

Contempler le gouffre. C’est le vertige poétique paradoxal auquel Wes Anderson nous expose dans The Phœnician Scheme. Et pour rester fidèle à cette vague impression qui nous reste après le film, il aurait fallu ne pas trop interpréter, mais l’érudition de Wes Anderson pousse au commentaire, à l’annotation, voire à la théorie, et on y cédera un peu ici.

Plan zénithale en contre-plongée sur une salle de bains dans laquelle Benicio del Toro se baigne ; issu du film The Phoenician Theme.

Un homme à terre dans un salon observe bouche bée qu'il a un large couteau planté dans la main ; scène du film Novocaïne.

Novocaïne

La violence ludique est à l’ordre du jour en ce début d’année 2025 ! Après le jouissif « Fight or Flight » (James Madigan, 2025), débarqué sur les écrans britanniques depuis la fin février et continuant le progressif revival de la carrière de Josh Hartnett, c’est au tour de Jack Quaid dans « Novocaïne » (Robert Olsen, 2025) de répondre à la question qui taraude le cinéma d’action contemporain : comment réinventer les mises à mort ?


City of Darkness

Voilà qu’entre franchises en fin de vie et adaptations pétochardes rugit et bondit le « City of Darkness » de Soi Cheang. À peine échappé des séances de minuit de Cannes, ce petit cyclone hongkongais auto-destructeur tire dans tous les sens, enchaînant coups de génie et ramassages quasi-comiques, et laisse dans son sillage un fabuleux bric-à-brac à ausculter.

Louis Koo en posture de combat, tenant un mixeur dans les doigts ; scène sous le regard d'un groupe d'hommes dans le fond du salon de coiffure, issue de City of Darkness.

Denzel Washington, songeur, est accroupi, dans une église (les bougies brillent en arrière-plan) un petit couteau entre les doigts ; scène du film Equalizer 3

Equalizer 3

Si les genres peuvent avoir tendance à s’enfermer sur eux-mêmes, les franchises sont de vraies camisole de force. Alors qu’adopter un certain style de cinéma offre une variété de socles narratifs familiers et un ensemble de références esthétiques aussi précises et variées, la franchise n’a qu’un seul point de source, qu’un seul objectif : reproduire son succès initial. Quand JCDecaux nous abreuvait cet été d’affiches d’Equalizer 3 (Antoine Fuqua, 2023), on a senti l’arnaque. Le coup de l’acteur d’action bankable vieillissant qui prend 85% de l’affiche pour encore pointer son flingue vers le vide, on nous l’a déjà fait. Mais parce que c’était Denzel, parce que c’était nous, on a quand même attendu la VOD. La voilà qui tombe et ô surprise : c’est plutôt moyen ! L’occasion de revenir un peu sur cette franchise instantanément oubliable aux millions d’entrées, qui aurait pu, mais qui n’a pas.


Les Trois Mousquetaires : Milady

L’anticipation pour un film est à double tranchant. Un coup, elle permettra d’élever l’oeuvre que l’on va voir, de gommer à nos yeux ses imperfections et de lui excuser ses manquements tant qu’un minimum de nos attentes est atteint. Un autre coup, ces attentes se révéleront complètement infondées, exploitées et tordues par une production opportuniste. La suite des Trois Mousquetaires : D’Artagnan (2023) et conclusion du diptyque de Martin Bourboulon fait partie de cette seconde catégorie, détruisant les fragiles installations du premier opus à coup de maladresses creuses et de passéismes problématiques. Anatomie d’un massacre intéressé.

D'Artagnan traverse la cour d'un château, plongé dans la brume, escorté par deux hommes armés, à quelques pas derrière lui, dans le film Les Trois Mousquetaires : Milady.

John Wick traverse l'allée entre les chaises en bois d'une grande église, éclairée de très nombreuses bougies ; plan issu du film John Wick : Chapitre 4.

John Wick : Chapitre 4

John Wick : Chapitre 4, film événement, film rendez-vous. Rares sont les projets qui respectent autant cette promesse que la saga de Keanu Reeves et Chad Stahelski. En seulement 9 ans d’existence et déjà 4 opus, le chemin de croix de John Wick nous aura non seulement amené quatre occasions de s’émouvoir d’artistiques massacres mais se sera aussi consacré comme la référence du genre, un temple du combat où se rencontrent castagneur/euses d’hier et de demain, d’ici et d’ailleurs. Alors oui, quand l’homme en noir rouvre les portes de son dojo, c’est un rendez-vous à ne pas manquer : retour sur une sublime messe de l’action, sans trop en dire.