Feature


Scène de nuit dans le film Nope : Daniel Kaluuya vu de dos fait face à une tornade.

Nope

Après deux essais qui convainquirent beaucoup – mais pas tout le monde dans nos colonnes – Jordan Peele fait un retour remarqué dans nos salles avec le très attendu Nope marquant sa bascule dans un registre plus ouvertement fantastique. Accueilli en demi-teinte aux Etats-Unis, cet objet étrange, inégal mais foisonnant, a réveillé chez nous un enthousiasme qu’on croyait définitivement endormi : celui ressenti devant le meilleur du divertissement hollywoodien, plaisir particulièrement vivace au beau milieu d’un été caniculaire, relativement déserté par les blockbusters. Avertissement cependant : ce plaisir était aussi lié à une ignorance totale des tenants et aboutissants de son intrigue. Or, cet article est truffé de révélations, vous voilà avertis.


Plan en plongée issu du film Trois mille ans à t'attendre sur Idris Elba, qui semble être englouti par des flammes ; il est torse nu sur un fond doré.

Trois mille ans à t’attendre

Sept ans après son chef-d’œuvre absolu, Mad Max : Fury Road (2015), George Miller était de retour à Cannes 2022, de nouveau Hors compétition. De quoi susciter une attente démesurée, particulièrement chez nous, bien que ce nouveau projet puisse paraître de loin plus mineur et curieux. C’est mal connaître l’esprit proliférant et l’inaltérable candeur de ce maître conteur qui nous livre là une nouvelle pièce majeure et, sans conteste, le plus beau film du festival, Trois mille ans à t’attendre.


Elvis Preseyl en tenue rose est sur scène, d'une main il porte le micro à pied à sa bouche, de l'autre il tend son bras vers un public de femmes qui ont les bras tendus vers lui.

De Cloclo à Elvis, biopics d’un autre genre

La vision endiablée d’Elvis par Baz Lhurmann se place d’ores et déjà comme l’une des grosses productions les plus marquantes de l’année 2022, tout comme un de ses plus grands succès au box office. Coïncidence, il y a dix ans tout juste un autre biopic dévoilait l’existence d’une icône à la trajectoire sensiblement proche de celle du King, quoique bien plus franco-française, Claude François (Cloclo de Florent Emilio-Siri, 2012). On s’empare de cette résonance en décryptant la manière dont ces cinéastes, sur une histoire pourtant similaire, jouent la carte des cinémas de genre(s) pour livrer deux expériences filmiques tout à fait différentes.


De l'intérieur d'un tunnel, nous voyons une silhouette de femme, les bras ballants, en contrejour ; derrière elle une forêt verte et luxuriante ; à ses pieds, une flaque d'eau qui reflète sa silhouette et la forêt ; plan issu du film Men.

Men

Alex Garland renoue sa collaboration avec A24 pour son troisième long-métrage, une fantasmagorie psychologique entre beauté délirante et spasmophilie cauchemardesque. À l’image de l’antagoniste – Rory Keaner – qu’il met en scène, Men est un exercice de genre protéiforme, « un film d’horreur sur un sentiment d’horreur » ou, plus simplement, « une histoire de fantômes », comme le réalisateur l’a décrit à Entertainment Weekly. Le réalisateur d’Ex Machina (2014) et d’Annihilation (2018) livre en effet un farfelu et peu subtil pastiche de folk horror britannique qui prend une tournure surréaliste et infernale.


Kitty, jeune adoelscente rousse, est en train de lire un livre à la couverture rouge dans le film Où est Anne Frank ?

Où est Anne Frank !

Où est Anne Frank ! était l’une de nos plus grosses attentes cannoises, et on s’apprêtait déjà à s’offusquer de la voir placée hors-compétition comme la plupart des films d’animation sélectionnés depuis toujours au Festival de Cannes. L’auteur de deux œuvres aussi belles que Valse avec Bachir et Le Congrès aurait mérité, en soi, une place dans la Compétition Officielle. Reste que, malheureusement, Ari Folman semble s’être un peu perdu dans cette adaptation du journal d’Anne Frank, autant dans la cérébralité de son dispositif que dans la naïveté de ses intentions. Retour donc sur l’une de nos plus grosses déceptions du Festival 2021…


Trois adolescents et leur père s'enlacent, les uns derrière les autres, sur une plage ; en fond, la mer ; scène du film Old.

Old

Comme nous le soulignions dans notre entretien avec Hugues Derolez, c’est avec une grande impatience que nous attendions un retour de M. Night Syamalan à une fiction totalement originale, après avoir revisité, de manière inattendue, les personnages d’Incassable (2000) avec les tant aimés Split (2017) et Glass (2019). Old est donc le nom de ce nouveau départ et, sans surprise, il en a déçu plus d’un. Disons-le d’emblée, il s’agit d’un Shyamalan mineur. Mais, un film mineur dans une telle filmographie n’est-il pas, malgré tout, un grand film ?


Gros plan sur le visage d'Amy Adams les cheveux mouillés, derrière un appareil photographique ; son regard n'est pas dirigé vers l'écran de contrôle de l'appareil mais vers l'horizon ; plan issu du film La Femme à la Fenêtre.

La Femme à la Fenêtre

Dès la scène d’ouverture, La Femme à la fenêtre joue la carte de l’honnêteté lors d’un panoramique dans une grande maison new-yorkaise qui laisse apercevoir une scène de Fenêtre sur cour (Alfred Hitchcock, 1954) sur l’écran de télévision. À l’époque, le protagoniste immobilisé en fauteuil roulant joué par James Stewart était convaincu d’avoir assisté à un meurtre dans l’appartement d’en face. Presque soixante-dix ans plus tard, Amy Adams joue ici le rôle d’Anna, une psychologue cloîtrée chez elle car agoraphobe, persuadée d’avoir vu sa voisine (Julianne Moore) se faire poignarder par son mari (Gary Oldman).


Un pied posé sur le meuble devant elle, Sylvia Krystel est assise dans une pièce qui ressemble à une loge, avec un grand miroir ; elle porte une simple robe légère dévoilant ses jambes ; plan du film Emmanuelle réalisé par Just Jaeckin.

Emmanuelle

Phénomène de société, film érotique dépassé, évocation bien sentie des affres de l’amour libre, mythe désuet ou au contraire légende méritée ? Emmanuelle (1974) de Just Jaeckin est un peu de tout ça : critique à l’occasion de la sortie d’un director’s cut remasterisé chez Studio Canal. Faites l’Amour pas la paire Même les icônes peuvent se faner vite. Comme l’évoque l’auteure Camille Emmanuelle dans l’entretien proposé en bonus, Emmanuelle (Just Jaeckin, 1974) est peut-être […]


Tsui Hark, cinéaste en mouvement 2/4

Deuxième partie de notre analyse de l’œuvre de Tsui Hark (Partie 1, Vague à l’Arme). Après des débuts nihilistes à la fin des années 1970, tant au niveau des longs-métrages que de son succès, Tsui Hark décide de passer à une période plus lumineuse. Peut-être que toutes ses pulsions mortifères ont été à jamais exorcisées dans sa Trilogie du Chaos… Partie II : Mainmise sur Hong-Kong Après les échecs au box-office rencontrés, Tsui Hark rejoint […]


Une silhouette rouge se reflète dans une rétine, plan du film Patrick.

Patrick

En ces temps de confinement, cloués malgré vous à vos canapés et/ou lits, il est de circonstance de vous parler de Patrick. Non ce n’est pas mon tonton, ni un célèbre chanteur français, mais le titre d’un film culte de la Ozploitation (exploitation australienne) sorti en 1978, qui mérite sa place dans votre planning de survie à l’ennui. Et justement, pour se faire, l’éditeur Rimini le gratifie d’un magnifique coffret. Bah alors, on attend pas […]


Les films qui font pas genre de 2019 selon…

Si la rédaction vous a déjà donné son avis sur les films qui ont marqué son année 2019 (voir ICI) et que les lecteurs sont invités à le donner sur notre page Facebook tout au long du mois de janvier, nous avons décidé de réitérer notre invitations à des cinéastes qui font pas genre dans le paysage du cinéma français, ainsi qu’à des acteurs culturels qui œuvrent pour défendre ce cinéma, afin de leur demander […]