Thomas Sekulic


A propos de Thomas Sekulic

De ses jeunes années passées à Paris, l'on ne retiendra rien. La paresse aura bientôt recouvert de son lierre l'entièreté du corps blanc, et c'est la barbe truffée de feuilles qu'il entre au salon du monde littéraire. Au cinéma, il guette l'avènement d'une nouvelle foi, en lui. À chaque projection, une nouvelle initiation, une nouvelle suspension d'incrédulité. Il ère, le coeur ouvert à ces dieux faits d'image et de musique, souverains sur des fauteuils rouges. De la salle obscure, il sort apostat, ou, plus rarement, disciple. Vous l'aurez compris, oisiveté oblige, avec lui, pas de méta-analyses pointues, rien que cet abandon lyrique à la contemplation.


An evening song

Des deux œuvres de Graham Swon qui ont fait une sortie simultanée dans les salles de cinéma françaises en avril, An Evening Song (for three voices) est sans doute le moins accessible. Cet univers qui relève d’un cinéma rare d’auteur américain est empreint d’une confusion poétique au point d’en être hermétique, là où The World Is Full Of Secrets (Graham Swon, 2018), qui parle par code, par un genre qui est l’angoisse, offrait des repères esthétiques et thématiques tangibles, sans pour autant faire de compromis. Là, toujours pas de compromis, mais, pas de codes auxquels se raccrocher vraiment non plus.

Deux femmes face à face dans une champs en contre jour.

Visage d'une jeune fille en surimpression avec une main portant une bague à pierre verte.

The world is full of secrets

Sortie bizarre et tardive dans les salles de cinéma françaises de deux œuvres de Graham Swon qui font affiche commune, et qui portent une singularité, une indépendance et un travail esthétique qu’il faudrait explorer. A commencer par « The World Is Full Of Secrets » (Graham Swon, 2018), sans doute le plus accessible des deux, présenté comme un simple drame mais qui s’annonce plus obscur.


Fréwaka

Aislinn Clarke nous offre dans son Fréwaka, une drôle de fresque irlandaise à partir d’une fable celtique. La réalisatrice nous recouvre de sa langue et de son imaginaire irlandais, mais ce n’est pas tellement dans le folk horror qu’elle donne. Retour tardif sur ce film discret, disponible en ce moment sur Arte.tv, encore pour le mois de décembre.

Une silhouette masculine avec de grandes cornes de bouc se tient debout au sommet d'une montagne dans le film Fréwaka.

Un jeune homme vêtue comme au début du XXème siècle parle avec un prêtre sur un pont, en plein jour dans une ville de campagne roumaine ; scène du film Dracula.

Dracula

La plus grande absurdité à l’affiche en ce moment, c’est ce « Dracula » de Radu Jude. Il est d’utilité publique de prévenir, et de préparer les spectateurs français aux expérimentations folles du réalisateur roumain, qui prend avec cette œuvre, des allures de Dr. Frankenstein.


The Phœnician Scheme

Contempler le gouffre. C’est le vertige poétique paradoxal auquel Wes Anderson nous expose dans The Phœnician Scheme. Et pour rester fidèle à cette vague impression qui nous reste après le film, il aurait fallu ne pas trop interpréter, mais l’érudition de Wes Anderson pousse au commentaire, à l’annotation, voire à la théorie, et on y cédera un peu ici.

Plan zénithale en contre-plongée sur une salle de bains dans laquelle Benicio del Toro se baigne ; issu du film The Phoenician Theme.

Willem Dafoe, métaphysique des masques

La sortie du Nosferatu de Robert Eggers est l’occasion parfaite pour parler d’un de ses acteurs fétiches, pour rendre hommage à la figure d’un comédien unique en son genre. Petite rétrospective — non-exhaustive — mythologiquement inspirée d’un masque : Willem Dafoe.