Archives de l’année : 2025


[Entretien] Jean Decré, en tête à tête avec Friedkin

Enfin un documentaire biographique pas comme les autres ! Pour sa première réalisation non-fictionnelle, Jean Decré s’éloigne des conventions du format et nous propose avec « William Friedkin, cinéaste au cœur des ténèbres » (2025) une vision très personnelle d’une des figures les plus fascinantes du Nouvel Hollywood. Grâce à son utilisation audacieuse des images d’archives et son regard aguerri de monteur, le réalisateur parvient à cerner la personnalité de cet artiste hors normes qu’est William Friedkin tout en préservant son mystère. Entretien dans les coulisses de fabrication de ce petit miracle disponible dès à présent sur la chaîne Ciné+.

William Friedkin L'Exorciste

Deux hommes en costume échangent en plein milieu des Champs-Elysées, entre les voitures en marche, dans les années 80 ; scène du film L'inconnu de la grande arche.

[Carnet de bord] Festival de Cannes 2025 • Jours 1 à 3

Durant le festival de Cannes 2025, l’équipe Fais Pas Genre ! reprend son désormais traditionnel carnet de bord : inauguration des trois premiers jours !


Les Linceuls

En 2022, « Les Crimes du Futur » fut accueilli par beaucoup – et à tort – comme un film somme et conclusif. Quelle ne fut donc pas la surprise, quelques semaines seulement après sa sortie, d’apprendre qu’une nouvelle œuvre était sur les rails : Les Linceuls, qui, après un passage à Cannes l’an dernier, vient enfin de nous parvenir. Quelque part entre « Chromosome 3 » (1979) et « La Mouche » (1986), David Cronenberg nous livre ici une œuvre sur le deuil et la résilience, comptant parmi ses plus intimes, sensibles et fragiles.

Vincent Cassel au milieu de son son cimetière de stèles connectées, dont plusieurs ont été détruites : scène du film Les linceuls.

Le policier du film Dead or Alive, en veste de costume et de chemise blanche, le front ensanglanté, portant un bazooka sous le ciel bleu,

Dead or Alive

Takashi Miike à partir de 1999, c’est le savant fou de « Audition », le dérangé hors pair de l’horreur hors normes. Sublime lune noire qui n’aura pour tare que d’avoir éclipsé l’incandescence de « Dead or Alive », sorti quelques mois plus tôt la même année. Ressorti l’an dernier pour célébrer ses 15 ans, cette perle desservie par sa coquille aux allures de direct-to-video série B, est pourtant l’aboutissement d’une carrière acharnée dans l’underground du cinéma japonais et la sacralisation de Takashi Miike comme maître incontesté de son art : à l’approche de sa projection au cinéma Le Méliès de Montreuil dont nous sommes partenaires, critique de ce film fou.


[Entretien] Ovidie, permuter les genres

Réalisatrice, scénariste, actrice, écrivaine, docteure en lettre, journaliste… Ovidie décortique les multiples facettes de la sexualité à travers un large éventail de formats : essais percutants, podcasts intimistes, documentaires révélateurs, en prise de vues réelles comme en animation, et maintenant une série de fiction : Des gens bien ordinaires (2022) marque son entrée fracassante en tant que réalisatrice de cinémas de genre — une dystopie naturaliste grinçante dans un monde du porno inversé, dominé par les femmes, et un contre-pied assumé, librement inspiré de sa propre expérience dans le milieu.

Dessin représentant le visage d'Ovidie "retouché" par des mains gantées de chirurgien, approchant scalpel et autres outils médicaux.

Michael B. Jordan prend sous son bras son camarade, tous deux apeurés, sous un ciel de crépuscule dans le film Sinners.

Sinners

Après 10 ans de macération dans l’estomac des franchises, Ryan Coogler revient toquer à notre porte encore fumant des acides de l’Industrie, avec un western d’horreur original, tissé de blues et de monstres irlandais. Bien qu’assoiffés par une saison blanche et sèche de cinéma de genre, les spectateurs s’écharpent, hésitant à inviter son Sinners dans la maison des films cultes. N’est-il pas un énième possédé du système, paré d’humanité et de bon sentiments ? Enquête de sincérité en terre de cynisme.