Festival de Cannes


Où est Anne Frank !

Où est Anne Frank ! était l’une de nos plus grosses attentes cannoises, et on s’apprêtait déjà à s’offusquer de la voir placée hors-compétition comme la plupart des films d’animation sélectionnés depuis toujours au Festival de Cannes. L’auteur de deux œuvres aussi belles que Valse avec Bachir et Le Congrès aurait mérité, en soi, une place dans la Compétition Officielle. Reste que, malheureusement, Ari Folman semble s’être un peu perdu dans cette adaptation du journal d’Anne Frank, autant dans la cérébralité de son dispositif que dans la naïveté de ses intentions. Retour donc sur l’une de nos plus grosses déceptions du Festival 2021…

Kitty, jeune adoelscente rousse, est en train de lire un livre à la couverture rouge dans le film Où est Anne Frank ?

Benedetta (Virginie Effira) les bras en croix devant une statue de Jésus s'adresse à une petite foule dans la rue.

Benedetta

Cinq ans après son premier film français, et retour triomphal, Elle (2016), Paul Verhoeven revient enfin avec Benedetta, inspiré d’une histoire vraie à l’aura sulfureuse d’une nonne italienne lesbienne du XVIIème siècle. Très tièdement accueilli au dernier festival de Cannes, ce nouvel essai est probablement l’un des plus étranges de son auteur, mais aussi l’un des plus passionnants. Le Hollandais violent profite de cette histoire pour magnifier, plus que jamais, son goût du sacré et de l’impur, et enfin réaliser, de manière détournée et facétieuse, son Christ.


Annette

Neuf ans après le sublime Holy Motors (2012), Leos Carax faisait un retour triomphal en ouverture d’une édition cannoise bien particulière. Avec ce projet musical, annoncé depuis des années et follement attendu, nous était promis un retour du cinéaste, et du cinéma, en fanfare. Si ce nouvel essai est bien aussi flamboyant qu’on pouvait l’espérer, il surprend par son extrême noirceur. Après seulement deux visionnages, sans doute ne ferons-nous pas le tour de cet objet venu d’ailleurs. Il nous faut pourtant y revenir au retour de Cannes. Reprendre nos pensées, revisiter nos émotions, revivre, autant que possible, cette étrange aventure.


Le visage de Suliane Brahim caché derrière un voile transparent et un un peu opaque dans le film La Nuée.

[Entretien] Just Philippot, esprit de synthèse

Notre dossier déjà conséquent d’Etat des lieux des cinémas de genres français avait tendance à quelque peu tourner en rond autour des mêmes constats, des mêmes espoirs… et des mêmes désillusions. Mais de toute évidence, si 2020 sera une année à oublier, 2021 sera quant à elle mémorable. Car comme Virginie, le personnage principal de La Nuée (Just Phillipot, 2020), le genre à la française a augmenté les doses, fait fructifier son vivier, injecté du sang neuf, édifié ça et là de nouvelles serres. Les sauterelles se multiplient, elles déferlent, elles ont faim. Entretien avec un affamé et son film aussi majeur que prototype.


[Entretien] Aude Léa Rapin, histoire de fantômes

Présenté à la Semaine de la Critique de Cannes en 2019, Les Héros ne meurent jamais (Aude Léa Rapin, 2020) s’est finalement frayé un chemin en salles entre deux confinements. Aude Léa Rapin y raconte l’enquête étonnante d’Alice (Adèle Haenel) sur les traces de la prétendue vie antérieure de son ami Joachim, une enquête qui les mène jusqu’en Bosnie, pays hanté par les fantômes de la guerre. Analyse d’une nouvelle incursion dans le cinéma de genres français avec sa réalisatrice.

Alice et Joachim sont assis côte à côté sur un banc dans une cité bosniaque, devant un petit parterre de verdure, scène du film Les héros ne meurent jamais pour notre interview d'Aude Léa Rapin.

Les gangsters du film Les Siffleurs réunis dans un bâtiment désaffecté, des rideaux blancs tombent sur les murs.

Les Siffleurs

Dernier film de la compétition du 72ème festival de Cannes à sortir dans les salles françaises, Les Siffleurs de Corneliu Poremboiu emmène le cinéma roumain prendre le soleil aux Canaries. Il continue cependant de trainer la corruption, un de ses thèmes majeurs, mais avec beaucoup d’audace, et un peu d’humour. Les Siffleurs est à ce titre un grand plaisir cinéphile, en s’inscrivant de manière très ludique dans le genre du film noir. Siffler Là-Haut Sur […]