A24


Dream Scenario

À chaque année son Nic Cage Movie où le neveu de Coppola nous gratifie de performances hors normes dans des films high concept. Après le puissant Pig (Michael Sarnoski, 2021) et le rigolo Un Talent en or massif (Tom Gormican, 2022), ce bon vieux Nicolas Cage nous revient avec Dream Scenario (Kristoffer Borgli, 2023), une comédie délirante sur la célébrité.

Nicolas Cage en vieux sexagénaire à calvitie et lunettes hurle dans son salon, entre un papier peint vieillot et une œuvre d'art abstrait, dans le film Dream Scenario.

Marcel le coquillage dans les airs, utilise un paquet de bonbons en guise de parachute.

Marcel le coquillage (avec ses chaussures)

Il est de ces films qui vous bouleversent tant qu’ils vous emmènent en des lieux où les émotions annihilent la réflexion théorique, abandonnée à la porte des rires et des larmes. Ces films-béquilles ou de chevet qui vous réapprendront à marcher à chaque étape de votre vie et envahissent les critiques d’une subjectivité aveugle au risque publicitaire. A l’approche de noël, revenons sur Marcel le coquillage (avec ses chaussures) (Dean Fleischer Camp, 2023), probablement le plus grand des petits phénomènes de l’année.


Beau is Afraid

Après deux essais remarquables — Hérédité (2018) — puis remarqué — Midsommar (2019) — Ari Aster c’était imposé comme l’une des figures de proues d’une nouvelle génération de cinéastes dévoués à l’horreur et au fantastique. Avec Beau is Afraid (2023), il s’en vient déconstruire son image publique et proposer un troisième film voulu plus ample, plus riche, plus complexe mais qui se révèle avant tout plus boursoufflé.

Plongée sur Joaquin Phoenix, du sang sur la tempe, qui regarde au dessus lui l'air perdu, dans le film Beau is afraid.

Plan rapproché-épaule sur Dev Patel, en roi sobre de costume gris, une couronne circulaire, l'air sombre ; derrière lui, dans le flou, des torches ; plan issu du film The Green Knight.

The Green Knight

Après A Ghost Story (2017), le cinéaste David Lowery, adepte du temps étiré, continue d’explorer l’essence de l’humanité. Il replonge dans le registre de la fantasy – il a réalisé Peter et Eliott le Dragon (2016) chez Disney – pour livrer cette fois-ci un univers sombre, brutal et païen en adaptant le récit de Sire Gauvain et le Chevalier vert, dans lequel le chevalier de la table ronde et neveu du roi Arthur, doit décapiter un étrange antagoniste mi-homme mi-arbre qui l’a défié. On assiste alors à une désacralisation du parcours du héros au profit de la peinture d’un « monde sombre, plus sombre que le matériau d’origine », comme l’a écrit sur les réseaux Jean-Pierre Dionnet. Initialement prévu pour 2020, The Green Knight ne connaîtra pas de sorties en salles françaises, et finira finalement dans le catalogue d’Amazon : critique.


Men

Alex Garland renoue sa collaboration avec A24 pour son troisième long-métrage, une fantasmagorie psychologique entre beauté délirante et spasmophilie cauchemardesque. À l’image de l’antagoniste – Rory Keaner – qu’il met en scène, Men est un exercice de genre protéiforme, « un film d’horreur sur un sentiment d’horreur » ou, plus simplement, « une histoire de fantômes », comme le réalisateur l’a décrit à Entertainment Weekly. Le réalisateur d’Ex Machina (2014) et d’Annihilation (2018) livre en effet un farfelu et peu subtil pastiche de folk horror britannique qui prend une tournure surréaliste et infernale.

De l'intérieur d'un tunnel, nous voyons une silhouette de femme, les bras ballants, en contrejour ; derrière elle une forêt verte et luxuriante ; à ses pieds, une flaque d'eau qui reflète sa silhouette et la forêt ; plan issu du film Men.

En contre-plongée, l'actrice Morfydd Clark est alalongée sur des escaliers en marbre, les mains sur le visage, comme en souffrance ; plan issu du film Saint Maud de Rose Glass.

[Entretien] Rose Glass, tout feu tout flamme

Après une sortie en salles avortée pour cause de Covid, « Saint Maud » est finalement diffusé ce soir sur Canal+. L’occasion de vous partager enfin notre entretien avec la réalisatrice Rose Glass.