Etrange festival


Philippe Nahon pointe un revolver contre son propre reflet dans le miroir, scène du film Seul contre tous.

Le naufrage de Gaspar Noé

En salles le 23 septembre 2020, le moyen-métrage de Gaspar Noé intitulé Lux Aeterna a été projeté en avant-première, à l’Étrange Festival. Juste avant, c’était à Irréversible inversion intégrale de squatter les salles obscures. Deux sorties toutes proches pour un seul constat : l’arche de Gaspar Noé est en train de couler. L’occasion d’un retour amer sur une filmographie qui nous a pourtant mis des étoiles dans les yeux dans ses premières heures.


Une geisha se tient debout près d'un mur sur lequel est peinte une estampe représentant la tête d'une geisa décapitée, scène du film Brumes de chaleur.

Brumes de Chaleur

L’Etrange Festival proposait cette année de (re)découvrir trois perles rares de Seijun Suzuki avec sa Trilogie Taisho. Deuxième film du triptyque, Brumes de Chaleur (Seijun Suzuki, 1981) narre les mésaventures de Matsuzaki. Dramaturge, il rencontre dans la rue Shinako, une femme bien mystérieuse. Piégé entre cette femme insaisissable dont il tombe amoureux et son client, qui s’avère être le mari jaloux de Shinako, un voyage surréaliste dans une station thermale attend ce pauvre Matsuzaki…


Une capsule ressemblant à un vaisseau spatial, ouverte et déserte, flotte dans l'espace, plan en noir et blanc du film Last and first men.

Last and First Men

Après une première présentation à la Berlinale au temps de l’Ancien Monde, Last and First Men l’unique long-métrage du regretté Jóhann Jóhannsson a été projeté à l’Etrange Festival en son hommage. Un manifeste apocalyptique envoûtant et énigmatique, brillamment orchestré par le réalisateur-compositeur ; une œuvre intimiste et monumentale entre documentaire et science-fiction, où passé et futur se confondent. Vertigineux.


Le couple de héros de Tezuka's Barbara, lui en costume et lunettes noires sur le nez, elle en veste en jean et cheveux blonds décolorés, posent tous deux dans leur chambre-garage bordélique, regard caméra.

Tezuka’s Barbara

Adaptation d’un court manga d’Osamu Tezuka, Barbara (Makoto Tezuka, 2020) est une femme visiblement à domicile variable, énigmatique, portée sur l’alcool, inconvenante. Mais, pour le meilleur et surtout pour le pire, elle s’avère être la parfaite muse pour un auteur dépressif en manque d’inspiration.


L'acteur John Keery sur le siège passager de sa voiture, un néon violet se reflète dans la vitre de sa portière.

Spree

Présenté en compétition et en première internationale à L’Etrange Festival, on vous parle de Spree (Eugene Kotlyarenko, 2020) qui embarque l”excellent Joe Keery – vu dans la série Stranger Things – dans une course au followers meurtrière.


Sous une lumière rouge étrange, une femme porte les mains à ses oreilles, son visage est déformé comme s'il était en train de fondre, scène du film Possessor.

Possessor

La famille Cronenberg n’a visiblement pas fini d’éprouver nos rétines. Cette fois, le fils, Brandon Cronenberg revient avec un second long-métrage, Possessor (2020) successeur de Antiviral (2013) pour envahir l’Etrange Festival et vient questionner le corps et l’identité dans un thriller basé sur une machine permettant à son utilisateur de contrôler le corps d’autrui, notamment dans le but d’effectuer des actes plus que répréhensibles. 


Tiny Tim pose pour un photomaton en noir et blanc en faisant une grimace dans le documentaire sur sa vie King of a day.

Tiny Tim : King for a Day

Figure emblématique de la pop-culture américaine des années soixante, Tiny Tim est resté majoritairement hors des radars en Europe. Le documentaire Tiny Tim: King for a Day (Johann Von Sydow, 2020) présenté à l’Etrange Festival est donc l’occasion de découvrir ou redécouvrir cette figure de la musique proprement hors normes.


Une femme au premier plan regarde vers la droite d'un air surpris, au sedonc plan un homme avec un cache-oeil sur l'oeil gauche regarde dans la même direction, tous deux portent une veste unie blanche, une étoile noire imprimée sur la poitrine, plan du film Le vingtième siècle.

Le Vingtième Siècle

Aucun pitch ne suffirait à saisir l’objet proprement hors-norme qu’est Le Vingtième Siècle (Matthew Rankin, 2020). Biopic halluciné et satirique d’une figure éminente de la politique canadienne, l’ancien premier ministre W.L. Mackenzie King. On tient là une véritable pépite étrange.


En pleine bataille, la guerrière Tomirie vient de frapper à mort un soldat qui tombe face à elle, scène du film Tamoris.

Tomiris

Pour le coup d’envoi de la 26e édition de l’Etrange Festival, c’est la légendaire guerrière des steppes Tomiris qui a été choisie. A la fois fresque historique, film de guerre et biopic inspiré des écrits des historiens grecs, Tomiris (Akan Satayev, 2020) c’est aussi une occasion de découvrir ce qu’un « blockbuster kazakhe » peut nous offrir.


Edna au dîner, seule au bout d'une longue table et dans un salon vide,scène du film Relic.

Relic

En compétition internationale pour cette vingt sixième édition de l’Etrange Festival, on vous parle du premier long métrage de la cinéaste australienne Natalie Erika James, le très décevant Relic (2020).


Un guerillero peint en noir pour le camouflage avance dans la foret amazonienne, fusil d'assaut dans les mains, scène du film Monos.

Monos

Mélange de films d’escadron à la Tropa de Elite (José Padilha, 2017) et de teen movie façon Nocturama (Bertrand Bonello, 2016) , Monos (Alejandro Landes, 2020) est un trip porté par une jeunesse désemparée. Sur la musique de la trop rare Mica Levi, la quête de sens de ces jeunes se révèle aussi exaltante et intimiste que moralement fascinante. FARC Cry Son réalisateur déjà considéré comme « une puissante nouvelle voix dans le cinéma » […]


L'Aeolus fend l'océan, scène du film The Boat.

The Boat

Présenté hors-compétition lors du dernier Etrange Festival et sorti directement en VOD et vidéo il y a quelques jours, The Boat (Winston Azzopardi, 2020) mêle survival marin, film de possession et thriller. Un mélange savoureux qui peine, à la longue, à garder toutes ses saveurs. Faut pas se voilier la face… Il y a de ces films, sur le papier, qui, par leur proposition de fusion improbable des genres, ont de quoi éveiller nos papilles. […]