Archives de l’année : 2025


La femme à abattre

Si cela vous manquait de voir Humphrey Bogart marcher dans une brume inquiétante, clope au bec, tentant de dénouer les fils du mal, remerciez Rimini Éditions : « La femme à abattre » (1951) fait l’objet d’une édition Blu-Ray. De quoi porter à l’amateur du film noir, et dans une restauration impeccable, une étonnante incarnation du genre, entamée par Bretaigne Windust mais achevée par la pointure Raoul Walsh.

Humphrey Bogart interroge un gangster dans le film La femme à abattre.

Edith Scob masquée, les mains jointes, semblant apeurée, dans les Yeux sans visage de George Franju.

Les Yeux sans Visage

Le Chat qui fume ressortait il y a quelques mois le grand classique de George Franju, Les Yeux sans visage, pièce maîtresse et quasi définitive du cinéma fantastique à la française. La superbe restauration 4K, ainsi que les compléments fournis, permettent d’observer avec netteté que le film n’a rien perdu de sa puissance de subversion et de sa poésie.


Alien : Earth • Saison 1

Après le rachat de la Fox par Disney, nombreuses étaient les inquiétudes sur le tournant que prendraient des franchises pour adultes telles que Alien : Romulus (Fede Alvarez, 2024) est venu rassurer les fans du Xénomorphe – ou en ennuyer certains – la saga investit désormais le petit écran avec Alien : Earth (Noah Hawley, 2025).

Plan rapproché-poitrine sur Noah Hawley vue à travers un hublot de vaisseau spatial, pensive ; issu de la série Alien : Earth.

Vera Ralston et John Wayne sur le bateau qui longe le fleuve, allongés, souriants, dans le film La femme du pionnier.

La femme du pionnier

Puisqu’il faut bien rire un peu, Sidonis Calysta propose en Blu-Ray un western-comédie porté par un John Wayne à peu près juvénile et une intrigue à peu près intéressante : critique de « La femme du pionnier » (Joseph Kane, 1945).


Hinterland

On connaît Stefan Ruzowitzky, artisan régulier du cinéma de genre, qui manie aussi bien le scalpel que l’Histoire. Avec Anatomie (2000) et sa suite logiquement baptisée Anatomie 2 (2003), il nous plongeait déjà dans des conspirations médicales aussi sombres que carabinées. Mais c’est surtout grâce aux Faussaires (2007) – Oscar du meilleur film étranger en 2008 – qu’il s’est imposé sur la scène internationale. Inspiré de la véritable histoire d’Adolf Burger, faussaire juif contraint par les nazis d’inonder la Grande-Bretagne de faux billets, le film conjuguait critique politique et mémoire historique. Avec Hinterland (2021), Ruzowitzky semble vouloir marier ses deux terrains de prédilection : le macabre et l’exploration critique de l’histoire austro-allemande.

Un homme vu de dos fait face à un bâtiment viennois, de nuit, avec un peu de pluie, une ambiance angoissante, dans le film Hinterland.

Leonardo Di Caprio, apeuré, au volant, guette dans le rétroviseur la personne qui est à ses trousses ; scène du film Une bataille après l'autre.

Une bataille après l’autre

Taillé pour les Oscars, le dixième long-métrage de Paul Thomas Anderson, « Une bataille après l’autre », frappe par son actualité glaçante. Le réalisateur américain le plus talentueux de sa génération nous revient avec un action thriller hyper maîtrisé, traversé par l’indignation politique, l’énergie pulp et la poussière du néo-western. Alors que ses fresques précédentes exploraient un passé plus ou moins lointain, ce nouvel opus choisit l’Amérique d’aujourd’hui. Il en livre une version désenchantée, captée dans un carcan de mise en scène génialement virtuose.