Leonardo Di Caprio


Une bataille après l’autre

Taillé pour les Oscars, le dixième long-métrage de Paul Thomas Anderson, « Une bataille après l’autre », frappe par son actualité glaçante. Le réalisateur américain le plus talentueux de sa génération nous revient avec un action thriller hyper maîtrisé, traversé par l’indignation politique, l’énergie pulp et la poussière du néo-western. Alors que ses fresques précédentes exploraient un passé plus ou moins lointain, ce nouvel opus choisit l’Amérique d’aujourd’hui. Il en livre une version désenchantée, captée dans un carcan de mise en scène génialement virtuose.

Leonardo Di Caprio, apeuré, au volant, guette dans le rétroviseur la personne qui est à ses trousses ; scène du film Une bataille après l'autre.

Robert de Niro, au volant de sa vieille voiture, tend sa main vers le bras de Leonardo Di Caprio, penché sur lui, qui l'écoute attentivement, dans le film Killers of the flower moon.

Killers of the Flower Moon

Quatre ans après le sublime The Irishman, tristement découvert sur nos petits écrans, Martin Scorsese fait cet automne un retour remarqué dans les salles obscures avec le tant attendu Killers of the Flower Moon, fresque de plus de trois heures qui rassemble ses deux muses historiques pour la première fois devant sa caméra. Cette ample et sombre adaptation d’un roman de David Grann n’est pas qu’un événement sur le papier. Il constitue peut-être la première entière réussite du cinéaste sur le terrain du grand roman américain. Retour sur étrange, obsédant et funèbre Requiem.