Archives du mois : août 2021


Ang Lee cadre Will Smith, accroupi devant lui.

Nathalie Bittinger, étude du cas Ang Lee

Apres avoir publié un riche Dictionnaire des cinémas chinois, Nathalie Bittinger se penche cette fois plus particulièrement sur Ang Lee. Du film d’art martiaux au western, du heritage film au film de super-héros, le cinéaste s’est essayé a quasiment tous les genres. Retour sur un parcours qui fait vraiment pas genre avec l’autrice de “Ang Lee: Taïwan / Hollywood, une odyssée cinématographique” publié par Hémisphères Editions.


Tilda Swinton scrute une grande cage en verre abritant une petite pelouse dans le film Memoria.

Memoria

On avait laissé le grand Apichatpong Weerasethakul dans sa Thaïlande natale et habituelle auprès des soldats endormis de l’inoubliable Cemetery of Splendour (2015). C’était il y a déjà six ans… Il nous revient avec Memoria, projet très mystérieux et décisif dans sa carrière puisqu’il s’agit pour lui d’un premier franc déplacement. D’abord géographique – il est tourné en Colombie – mais aussi dans sa méthode puisque pour la première fois il y a travaillé avec deux comédiennes professionnelles et internationales : Tilda Swinton et Jeanne Balibar. C’est bien à un tournant auquel nous avons assisté à Cannes, et nous n’avons pas été déçus : nous revenons ici sur ce qui constitue, incontestablement, le plus grand film fantastique de cette édition.


Sur fond noir, une jeune femme nous regarde droit dans les yeux ; sur sa langue un oeil et du sang qui coule ; visuel de promotion de la mini-série Brand New Cherry Flavor.

Brand New Cherry Flavor (Mini-Série)

Fraichement débarquée sur Netflix, la mini-série Brand New Cherry Flavor (Nick Antosca & Lenore Zion, 2021) dévore les entrailles d’Hollywood et dénonce ses jeux de pouvoir écœurants en y mêlant revanche et sorcellerie.


Stallone, un revolver à la main est à côté d'une vieille dame en jogging bleu et rose ; tous deux sont à côté d'un mur en briques brisé dans le film Arrête ou ma mère va tirer !

Arrête où ma mère va tirer !

Voilà une belle occasion à ne pas manquer, retrouver Sylvester Stallone dans un rôle similaire de ceux de son copain autrichien, Arnold Schwarzenegger. Si on a tous de merveilleux souvenirs d’Un flic à la maternelle (Ivan Reitman, 1991) ou de Junior (Ivan Reitman, 1994) force est de constater que beaucoup ont oublié l’un des rares rôles potaches au cinéma de l’étalon Italien. Alors pourquoi ? Est-ce que notre mémoire a effacé volontairement ce morceau de bravoure ou est-ce que personne n’a vu ce film ? Dans tous les cas, cette sortie haute définition en blu-ray chez Elephant Films de ce buddy movie assez particulier mais terriblement attachant nous permet de nous replonger dans les années 90. En voiture Simone !


Schmigadoon! (Mini-Série)

Alors que sa diffusion sur AppleTV+ vient tout juste de se terminer, nous revenons sur Schmigadoon ! (Cinco Paul & Ken Daurio, 2021) mini-série parodiant le genre de la comédie musicale qui se déguste un peu comme une pomme d’amour, goulument, malgré l’écoeurement.


Nils Bouaziz, à bord du cuirassé Potemkine

Aux premiers jours du mois de juillet, une bonne poignée de cinéphiles ont bravé la chaleur étouffante pour s’abreuver d’ambiances occultes et ésotériques. Perdu dans un beau village d’Occitanie, le château H organisait “Les Diableries”, un festival de cinéma en plein air à la gloire du Dieu Lumière. Dans ces catacombes, sanctuaire d’un passé cathare propre à la région, nous faisons la rencontre de Nils Bouaziz, fondateur de la maison d’édition et de distribution Potemkine Films. Ce dernier étant à l’initiative de la superbe édition collector du film culte, nous profitons de l’occasion pour discuter avec lui du marché de la vidéo et d’un certain cinéma halluciné en perdition, mais aussi – et surtout – pour décrypter ce chef d’œuvre trop méconnu du cinéma d’horreur muet.


American Nightmare 5 : Sans Limites

Alors que l’on croyait le concept éculé après quatre films, le réalisateur mexicain Evergardo Gout parvient à donner un nouveau souffle à la franchise American Nightmare (2013-2021) avec cet opus qui en dépit de quelques facilités scénaristiques parvient à viser juste dans sa critique de l’Amérique contemporaine.


Vortex

« Quand approche le Festival de Cannes, Gaspar Noé se dépêche de faire un film » s’amusait Thierry Frémaux en introduction de la projection de Vortex à « Cannes Premières », la section inaugurée en cette édition particulière. Il ne croyait pas si bien dire : alors que le cinéaste obtenait pour la première fois l’avance sur recettes du CNC en mars dernier pour ce projet, il était à Cannes en juillet pour le présenter en toute fin de festival. Surprise, ce nouvel opus n’est pas qu’un bâclage chiqué, genre de faux événements dont Noé a le secret, mais au contraire un vrai beau film aussi candide que juste. Retour sur une belle et triste surprise.


De Méandre à Oxygène, revivre pour survivre

Deux films de genres français, “Méandre” de Mathieu Turi et “Oxygène” de Alexandre Aja, se sont emparés quasi-conjointement des codes du film de claustration. L’occasion pour nous de faire communiquer les deux films entre eux et avec d’autres. Car sous leurs pourtours de survival qualibrés, les films de claustration cachent souvent des sujets bien plus profonds, où survivre passe d’abord par accepter de renaître.


Un groupe d'hommes et de femmes vus de dos contemple une haute statue de bois prendre feu sous un ciel de crépuscule, scène du film The Wicker Man.

The Wicker Man

Nous, adeptes de chocs psychédéliques, mordus de l’horreur alternative et d’hystérie complotiste abreuvée aux ambiances païennes, nous ne pouvons qu’apprécier la re-sortie récente par Lost Films du final cut du culte The Wicker Man (Robin Hardy, 1973). Esthétiquement minimaliste dans sa facture et porté par la contre-culture seventies, cet objet nous éclaire toujours aujourd’hui de sa lueur puissante.


Six personnes, d'âge mûr, attendent dans une salle d'attente, assis les uns à côté des autres, la mine triste ; à gauche, les comédiens Elisabeth Moss et Clive Owen dans le film The French Dispatch.

The French Dispatch

Le nouvel opus de Wes Anderson était sans aucun doute le film le plus attendu de la compétition cannoise. Avec son impressionnant casting de stars – qui, toutes rassemblées, ont dû être transportées en bus pour rejoindre le tapis rouge – son cinéaste adulé et le mystère qui l’entourait, The French Dispatch avait tout pour être l’événement de cette édition. C’est incontestable, il a pourtant quasiment unanimement déçu. Sans doute parce qu’il se démarque par son aridité et sa radicalité dans la filmographie de son auteur, il faut dire qu’il nous reste de manière persistante en tête. Sans pour autant pleinement nous convaincre.