Analyses

Coup de gueule, réponse, contribution à une polémique, ou réflexion autour d’une tendance, cette rubrique regroupe des articles aux humeurs aussi diversifiées que leurs sujets.


Les Frères Safdie, princes de New-York

Entre réalisme toujours très stylisé, vagabondage au cœur de la Grosse Pomme et spirales infernales pour des personnages borderline, on va plonger dans l’alléchant cinéma des nouveaux princes du thriller noir indépendant, les plus virulents héritiers d’un certain underground new-yorkais, j’ai nommé les frères Ben et Josh Safdie. Très remarqués depuis Good Time  (2017) et clairement confirmés avec le monumental Uncut Gems (2019), les deux bonhommes abordent le cinéma comme un art quasi primitif, proche de l’énergie du street art.

Robert Pattinson, avec barbe et grosse doudoune rouge, arpente un couloir blanc, la mine sombre, dans le film Good Times réalisé par les Frères Safdie.

Sam Raimi sur le tournage de Spiderman, donne ses consignes à Tobey Maguire déguisé en Spiderman et Kirsten Dunst, en robe chinoise ; tous deux vus de dos.

Faut-il sauver le soldat Raimi ?

Alors que Docteur Strange in the Multiverse of Madness (Sam Raimi, 2022) – est en salles, on essaye de répondre à des questions que l’on se pose depuis bientôt quinze ans : As-t-on définitivement perdu Sam Raimi ? A-t-il été remplacé par un variant multiversel de lui-même ? En d’autres termes : Faut-il (encore) sauver le Soldat Raimi ?


Evolution du cercle familial chez Spielberg

A l’occasion de la sortie en vidéo de West Side Story (2021) revenons sur l’évolution de la cellule familiale qui est l’une, si ce n’est LA thématique qui traverse la filmographie de Steven Spielberg.

Dans le film La guerre des mondes de Steven Spielberg, Tom Cruise regarde en l'air, la mine sereine, sa fille blonde dans les bras.

Capitaine Marleau, un gâchis français ? 1

La quatrième saison de Capitaine Marleau, portée par son interprète Corinne Masiero, pourra combler les cœurs déjà fidèles aux péripéties du capitaine de gendarmerie à la chapka. Mais pour qui scrute, ponctuellement la série avec un œil plus retors, pourra constater son évolution regrettable, comme un symbole des maux qui sont en train, doucement mais sûrement, de détériorer la singularité de notre paysage audiovisuel hexagonal.


Will Smith, au nom du Père

Cela peut sembler opportuniste, chercheur de clics, et pourtant, voilà plusieurs mois déjà que nous explorons dans l’ombre la filmographie récente de Will Smith, avec comme angle d’analyse sa pré-disposition nouvelle à redéfinir son image publique comme de cinéma par des choix de rôles de plus en plus tournés vers des figures paternalistes et protectrices. Ce texte, pas encore achevé, s’est vu percuté en pleine face le soir du 28 Mars, quand l’acteur est venu ternir sa consécration d’une malheureuse et désormais mythique claque. Pourtant, force est de constater que du geste inattendu de l’acteur jusqu’au discours lacrymal qu’il a prononcé en forme de pardon murmuré, tout remettait de l’eau à notre moulin.

Plan issu du film Je suis une légende où Will Smith tient un enfant qui pleure, le visage inquiet ; derrière eux, un homme porte un masque chirurgical.

Le slasher est-il condamné à mort ?

L’année 2021 qui s’est terminée a été riche en couteaux qui tranchent et en victimes qui hurlent puisque nos boogeymen adorés – Michael Myers et Candyman – ont fait leur grand retour en salles. L’année 2022, quant à elle s’est entamée sous les mêmes hospices avec la suite du célèbre chef-d’œuvre de Wes Craven, Scream (Matt Bettinelli-Olpin & Tyler Gillet, 2022). Ses retours en pagaille nous rappelle surtout à quel point le cinéma de genres américain est en panne d’inspiration. L’occasion de se demander ce que peuvent bien encore nous dire ses vieilles gloires du slasher.