Analyses

Coup de gueule, réponse, contribution à une polémique, ou réflexion autour d’une tendance, cette rubrique regroupe des articles aux humeurs aussi diversifiées que leurs sujets.


Kathryn Bigelow, cinéaste du contre-pied

La sortie du nouveau long-métrage de Kathryn Bigelow, A House of Dynamite (2025) est l’occasion rêvée de revenir sur une cinéaste qui nous fascine particulièrement tant elle n’a jamais cessé de s’attaquer aux marges et aux codes du cinéma de genres. Westerns crépusculaires, thrillers nerveux, vampires dégoulinants de sang, sous-marins confinés, huis clos étouffants et guerres filmées au plus près des corps. Son œuvre ressemble à une traversée des genres américains, passée au filtre d’un regard à la fois viscéral, politique et incroyablement révélateur mue par son habilité à nous prendre à contre-pied.

Jessica Chastain les bras croisés, debout dans une salle de réunion ; son reflet se voit dans le drapeau américain sous cadre ; plan issu du film Zero Dark Thirty de Kathryn Bigelow.

Plan rapproché-épaule en contre-plongée sur le combattant du film Tuer de Kenji Misumi,n concentré, sous un ciel bleu sombre.

Kenji Misumi, la lame à l’œil

The Jokers Films égaie notre rentrée avec la ressortie au cinéma de quatre films de Kenji Misumi dans un seul et même corpus : La Légende de Zatoichi, le masseur aveugle (1962), Tuer (1962), Le Sabre (1964) et La Lame diabolique (1965). Choix plutôt logique, les œuvres sont effectivement toutes traversées par la thématique du sabre et de ses effets néfastes sur les bretteurs et ceux qui les entourent. L’occasion de parler de ces sublimes films et de la carrière de celui qui était surnommé “ko-Mizoguchi” (le petit Mizoguchi).


Kiyoshi Kurosawa, espaces contaminants et contaminés

L’horreur n’est pas seulement dans l’être humain, elle se situe tout aussi bien dans l’espace. Kiyoshi Kurosawa, nouveau maître japonais du fantastique, l’a très bien compris et use de lieux souvent confinés pour les faire devenir le cœur d’une explosion de pulsions humaines fortes.

Un homme assis dans un appartement délabré dans Cure de Kiyoshi Kurosawa

Plan rapproché-épaule sur Caleb Landry-Jones déguisé et maquillé en femme, dans la salle d'interrogatoire du film Dogman de Luc Besson.

Luc Besson, le masculin l’emporte ?

Avec son « Dracula » (2025), Luc Besson semble confirmer un virage dans sa filmographie abondante. Incarnée par l’intense comédien Caleb Landry-Jones, cette évolution masculine, avec certains accents rétrogrades, vient percuter l’œuvre d’un réalisateur dont l’une des marques de fabrique était pourtant « la place du genre féminin » avec toutes les guillemets nécessaires.


Mission Impossible, du profit au prophète

Hollywood est capable de tout, sauf d’en finir. Alors quand l’une de ses plus grandes franchises d’action annonce en catastrophe son dernier diptyque, Mission : Impossible – The Final Reckoning (Christopher McQuarrie, 2025), on a eu et on a encore un peu de mal à y croire. Profitons tout de même de cet enterrement suspect pour faire la sincère oraison funèbre de cette saga d’action majeure des vingt dernières années.

Tom Cruise dans son rôle de Ethan Hunt observe une clé en forme de croix crucifix dans Mission Impossible The Final Reckoning.

Le petit Elio est assis dehors, de nuit, entouré d'une guirlande verte fluo : il regarde le ciel.

Disney est-il entrain de débrancher Pixar ?

Sortie sans grands effets d’annonce, comme mis sous le tapis par Disney, Elio (Madeline Sharafian, Domee Shi & Adrian Molina, 2025) est pourtant l’expression renouvelée que l’inventivité et l’émotion – deux leitmotiv historiquement chers à l’entreprise – ne se trouvent désormais plus que chez son petit cousin mal-aimé. Pourtant, les années passant et les films aussi, force est de constater que le génie de Pixar n’est pas tant tari que de plus en plus invisibilisé par sa maison mère-adoptive.