Enzo Durand


A propos de Enzo Durand

Grand lecteur de Stephen King, Enzo s'attèle à disséquer les nombreuses adaptations du maître de l'horreur, de Brian De Palma à Mike Flannagan, en passant par Tobe Hooper et Franck Darabont. Ce qui le passionne le plus, c'est de se plonger au cœur des œuvres les plus méconnues du grand public, que ce soit des adaptations de Carrie en comédie musicale ou des remakes indiens non officiels.


Les légendaires

Depuis plus de vingt ans, l’univers des Légendaires, créé par Patrick Sobral, s’est imposé comme un pilier incontournable de la bande dessinée jeunesse francophone. Avec son mélange unique de fantasy épique, d’humour décalé et d’inspirations esthétiques provenant du manga, la saga a conquis des millions de lecteurs. Après une première adaptation en série télévisée d’animation qui avait laissé certains fans sur leur faim en raison d’un ton parfois trop enfantin, l’annonce d’un long-métrage de cinéma, réalisé par Guillaume Ivernel, a soulevé autant d’espoirs que d’interrogations : critique.

Les trois jeunes héros du film Les légendaires se cachent derrière une pierre dans la forêt, regardant vers le ciel.

Pennywise, le clown vu au fond d'un couloir gris, tenant un ballon de baudruche rouge, dans Ca welcome to derry adapté de l'univers de Stephen King.

[Bilan 2025] Stephen King en majesté

Si l’on devait résumer l’année cinématographique 2025 en un seul nom, ce serait celui d’un septuagénaire vivant et écrivant dans une maison baroque dans le Maine. Avec pas moins de six adaptations, quatre sur le grand écran, deux sur le petit, l’œuvre de Stephen King a envahi nos écrans avec une force de frappe inédite. 


Krazy House

Depuis des décennies, la sitcom américaine nous vend le rêve aseptisé d’une famille nucléaire parfaite, résolvant ses problèmes mineurs en vingt-deux minutes, le tout rythmé par les rires invisibles d’un public mort. C’est un format rassurant, prévisible, et même carcéral. Mais que se passe-t-il si l’on brise les murs de cette prison de pastel ? Que se passe-t-il si la réalité sale, violente et absurde vient frapper à la porte avec un marteau ?

Plan en contre-plongée sur un homme criant et s'apprêtant à tirer au fusil dans Krazy House.

Un homme joue aux échecs avec un robot dans le vaisseau spatial du film U are the universe.

U Are the Universe 1

On attendait avec impatience cet U Are the Universe, premier long-métrage du réalisateur ukrainien Pavlo Ostrikov, passé en fanfare dans de nombreux festivals. Des prix gagnés au PIFFF, d’autres au festival Hallucinations Collectives, sans compter les nombreuses nominations à travers le monde. Retour sur ce phénomène entre post-apo spatiale et comédie romantique.


Kathryn Bigelow, cinéaste du contre-pied

La sortie du nouveau long-métrage de Kathryn Bigelow, A House of Dynamite (2025) est l’occasion rêvée de revenir sur une cinéaste qui nous fascine particulièrement tant elle n’a jamais cessé de s’attaquer aux marges et aux codes du cinéma de genres. Westerns crépusculaires, thrillers nerveux, vampires dégoulinants de sang, sous-marins confinés, huis clos étouffants et guerres filmées au plus près des corps. Son œuvre ressemble à une traversée des genres américains, passée au filtre d’un regard à la fois viscéral, politique et incroyablement révélateur mue par son habilité à nous prendre à contre-pied.

Jessica Chastain les bras croisés, debout dans une salle de réunion ; son reflet se voit dans le drapeau américain sous cadre ; plan issu du film Zero Dark Thirty de Kathryn Bigelow.

Un homme vu de dos fait face à un bâtiment viennois, de nuit, avec un peu de pluie, une ambiance angoissante, dans le film Hinterland.

Hinterland

On connaît Stefan Ruzowitzky, artisan régulier du cinéma de genre, qui manie aussi bien le scalpel que l’Histoire. Avec Anatomie (2000) et sa suite logiquement baptisée Anatomie 2 (2003), il nous plongeait déjà dans des conspirations médicales aussi sombres que carabinées. Mais c’est surtout grâce aux Faussaires (2007) – Oscar du meilleur film étranger en 2008 – qu’il s’est imposé sur la scène internationale. Inspiré de la véritable histoire d’Adolf Burger, faussaire juif contraint par les nazis d’inonder la Grande-Bretagne de faux billets, le film conjuguait critique politique et mémoire historique. Avec Hinterland (2021), Ruzowitzky semble vouloir marier ses deux terrains de prédilection : le macabre et l’exploration critique de l’histoire austro-allemande.