Louise Camerlynck


A propos de Louise Camerlynck

Depuis qu’elle a cassé son cube de Lemarchant, Louise s’occupe comme elle peut : soirée apocalyptique avec Dark, extraction d’organes tatoués de Saul, dîner avec Jennifer… Rien n’y fait, elle s’ennuie. Alors elle écrit, jour et nuit, comme si elle manquait de temps, et s’en remémore un – l’époque bénie des premières creepypasta et let’s play horrifiques – que les moins de quinze ans ne peuvent pas connaître. Fan de SF, d’animation et de cinéma queer, vous la trouverez toujours aux premiers rangs des salles de cinéma ou des concerts, de punk local comme de Taylor Swift. Retrouvez la liste de ses articles sur letterboxd : https://boxd.it/rit1i


Tokyo Godfathers

Dans l’ombre de Perfect Blue (1997) et Paprika (2006) se terrent deux longs-métrages de Satoshi Kon : Millenium Actress (2002) et Tokyo Godfathers (2003). Ce dernier, inconsidéré à l’époque de sa sortie, anomalie dans sa filmographie, se voit peu à peu rétablir ses lettres d’or par une communauté de cinéphiles passionnés et fidèles. Quoi de plus beau comme cadeau de noël que de vous inviter à (re)découvrir un des chefs d’œuvre (c’est peu dire, il n’a fait que ça) trop souvent mis de côté d’un des plus grands réalisateurs de cinéma d’animation japonais ?

La famille de sans-abris de Tokyo Godfathers pose fièrement, avec le sourire, dans leur "chez eux" : une décharge.

Marcel le coquillage dans les airs, utilise un paquet de bonbons en guise de parachute.

Marcel le coquillage (avec ses chaussures)

Il est de ces films qui vous bouleversent tant qu’ils vous emmènent en des lieux où les émotions annihilent la réflexion théorique, abandonnée à la porte des rires et des larmes. Ces films-béquilles ou de chevet qui vous réapprendront à marcher à chaque étape de votre vie et envahissent les critiques d’une subjectivité aveugle au risque publicitaire. A l’approche de noël, revenons sur Marcel le coquillage (avec ses chaussures) (Dean Fleischer Camp, 2023), probablement le plus grand des petits phénomènes de l’année.


Ninja Turtles : Teenage Years 1

Entre les robots de l’espace qui se changent en voitures et les poupées névrosées par leurs pieds plats, les vendeurs de jouets investissent dans leur « Cinematic Universe », l’occasion de replacer sur le devant de la scène de vieilles licences. Les Tortues Ninja en ont profité pour lancer leur « opération repopularisation » et participent avec Ninja Turtles : Teenage Years (2023) d’une mutation du cinéma d’animation.

Les quatre tortues ninjas de Ninja Turtles : Teenage Years posent sur un toi de nuit, prêtes au combat, tandis qu'une pleine lune luit derrière eux.

Dans une forêt ensoleillée, Simon Baur pose une main réconfortante sur son frère Raymond Baur ; tous deux sont filmés de profil, en rapproché-poitrine, par Simon Rieth.

[Entretien] Simon Rieth, le fantastique par contraste

Après avoir fait ses armes sur de nombreux courts-métrages indépendants, Simon Rieth voit son premier long-métrage Nos Cérémonies sélectionné à la 61e Semaine de la critique du Festival de Cannes en 2022. Jouissant d’une sortie discrète en mai dernier, il n’a pas cependant pas manqué de resplendir par sa proposition aussi poétique que singulière, dont nous avons eu le plaisir de discuter avec lui.


X

Après un début bancal avec The Roost (2005), la carrière discrète de Ti West n’a pas manqué de témoigner de sa progressive nymphose. Maintenant sous l’égide du sacrosaint A24, le beau papillon de nuit a déployé ses ailes. Sorti en DVD et Blu-Ray chez KinoVista le 16 février 2023 et faisant suite à une présence timide dans les salles françaises, l’occasion est venue de (re)découvrir X, ce slasher sachant slasher.

Les cinq jeunes personnages très lookés années 80 sont dans le van du film X de Ti West, le plan est en fish eye.

Le chef cuisinier, vu de dos, fait face à tous ces clients attablés, dans une superbe salle avec une grande baie vitrée qui donne sur l'océan ; tous les convives regardent le chef avec étonnement, voire appréhension ; scène du film Le menu.

Le Menu

Alors que les journées raccourcissent, les degrés dégringolent, que l’air froid s’emplit de l’odeur du vin chaud, et qu’à courir sans échauffement les derniers retardataires aux achats de Noël se froissent les muscles, l’hiver approche et le rituel gastronomique du réveillon fait gargouiller par anticipation les quelques estomacs impatients. Pour ouvrir l’appétit, Mark Mylod nous livre Le Menu, un dîner qui, très vite, laisse glisser l’idée que ce sont les spectateurs-convives qui se feront passer à la casserole.