Archives du mois : août 2025


The Surfer

Sorte de revenge movie inversé, le quatrième long-métrage de Lorcan Finnegan emprunte aussi les atours d’un beach horror sans requins ni créatures marines. À bien des égards, « The Surfer » (2024) dévoile la mécanique des sous-genres auxquels il fait ostensiblement référence, pour mieux la retourner contre elle-même – révélant, sous l’écume des apparences et du fun attendu, un fond trouble, sourdement social.

Plan en contre-plongée sur Nicolas Cage tenant sa planche de surf sous un ciel bleu ; issu du film The surfer.

Plan rapproché-épaule sur Caleb Landry-Jones déguisé et maquillé en femme, dans la salle d'interrogatoire du film Dogman de Luc Besson.

Luc Besson, le masculin l’emporte ?

Avec son « Dracula » (2025), Luc Besson semble confirmer un virage dans sa filmographie abondante. Incarnée par l’intense comédien Caleb Landry-Jones, cette évolution masculine, avec certains accents rétrogrades, vient percuter l’œuvre d’un réalisateur dont l’une des marques de fabrique était pourtant « la place du genre féminin » avec toutes les guillemets nécessaires.


Escape From the 21st Century

Après avoir parcouru plusieurs festivals dans l’hexagone dont le PIFFF, « Escape from the 21st Century » (Yang Li,2024) débarque cet été dans nos salles françaises. Une sortie rendue possible grâce à Charybde Distribution, un distributeur habitué aux bizarreries filmiques car déjà responsable de l’exploitation en France du très fou « Hundreds of Beavers » (Mike Cheslik, 2023). Alors la folie est-elle encore au rendez-vous ?

Les trois adolescents du film Escape From the 21st Century en tenue d'usine, sur une plateforme d’entrepôt plongé dans une lumière rouge ; ils regardent le plafond, la mine flottante.

Plan rapproché épaule sur un visage d'homme avec une bouche démesurément ouverte, dans une lumière sombre un peu bleuté ; issu du film Rats!

Rats! 1

Passé sous les radars français, le premier film du duo Maxwell Nalevansky et Carl Fry est là pour vous régaler d’un bon délice bien crade et sanglant comme on les aime. Rats! (2024) est la nouvelle comédie débile et dégueulasse déjà devenue culte, qui offre enfin aux emo kids leur propre stoner movie bien hardcore, sur fond d’une des meilleures bandes originales qu’on ait entendues. Attention, vous risquez d’adorer, et c’est à retrouver en ce moment en streaming sur Shadowz.


The Ugly Stepsister

Quelle petite fille n’a pas rêvé au prince charmant en regardant la sublime Cendrillon (Clyde Geronimi, Wilfred Jackson, Hamilton Luske, 1950) s’enfuir dans sa robe scintillante laissant négligemment une de ses pantoufles de verre trainer dans l’escalier ? Absolument toutes. Mais qui s’est sentie plus proche des demi-sœurs bouffies de jalousie ? Probablement les mêmes, ne niez pas mesdames. Pour toutes ces petites filles lésées aux grands pieds, la réalisatrice Emilie Blichfeldt renverse la formule toute faite du « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » pour révéler l’envers du décor d’une société qui mise tout sur l’apparence avec The Ugly Stepsister (Emilie Blichfeldt, 2025), conte horrifique saupoudré de paillettes magiques de body horror.


Vue en infrarouge, une patiente d'hoîtal dans une chambre abandonnée, vue de dos ; plan issu du film Grave encounters.

Grave Encounters 1 & 2

Une fausse « vraie » émission télévisée de chasse aux fantômes du nom de « Grave encounters » est présentée par Lance Preston (Sean Rogerson), veste en cuir, grande gueule. « Puis, vint le sixième épisode… » et l’équipe de tournage n’est jamais revenue de sa nuit dans l’ancien hôpital psychiatrique abandonné de Collingwood. Il ne nous reste que les rushs : le contrat de tout bon found footage est donc signé et il est temps, près de quinze ans après sa sortie, de revoir Grave Encounters (2011) écrit et réalisé par Stuart Ortiz et Colin Minihan – The Vicious Brothers – et sa suite, réalisée par John Poliquin et sortie un an plus tard, tous deux édités ce mois-ci dans un coffret Blu-ray chez ESC. Attention, spoilers.