Luc Besson, le masculin l’emporte ?


Avec Dracula (en salles depuis le 30 juillet 2025) Luc Besson semble confirmer un virage dans sa filmographie abondante. Incarnée par l’intense comédien Caleb Landry-Jones, cette évolution masculine, avec certains accents rétrogrades, vient percuter l’œuvre d’un réalisateur dont l’une des marques de fabrique était pourtant « la place du genre féminin » avec toutes les guillemets nécessaires.
Plan rapproché-épaule sur Caleb Landry-Jones déguisé et maquillé en femme, dans la salle d'interrogatoire du film Dogman de Luc Besson.

© « Dogman » (2023) Tous Droits Réservés

Le masculin l’emporte ?

Le Comte Vlad en armure, dévasté par la perte de son épouse, observe avec colère le crucifix qu'il a planté dans le corps de l'év^qeue allongé devant lui ; scène du film Dracula de Luc Besson avec Caleb Landry-Jones.

© « Dracula » (2025) Tous Droits Réservés

Le dernier Luc Besson est-il toujours un évènement ? Médiatique, à n’en pas douter. Sur le plan du cinéma les ratés du bonhomme, ses indélicatesses avec l’industrie qui ont terni sa réputation de faiseur de films, ses multiples affaires judiciaires pénales ont naturellement éloigné l’audience. C’est un cinéaste « en difficulté », peut-on dire avec pudeur… Nous pourrions dresser le constat qu’il y a deux avant-après successifs dans sa filmographie récente : la réussite colossale en salles du nanardesque Lucy (2014) historique plus grand succès (en termes de recette) à l’étranger d’un film à participation française – ce qui est bien plus exact que de dire que c’est une production française – a précédé le revers Valérian et la cité des mille planètes (2017) dont la rentabilité insuffisante, quoiqu’assez injuste comparée aux blockbusters US et autres marveleries, a grandement endommagé EuropaCorp. Passé un Anna (2019) redondant, Besson n’a plus tourné pendant quelques temps. Pour revenir avec l’étrange et fébrile Dogman (2023) puis June et John (2025) petit projet directement sorti sur Ciné+OCS. Ces deux ouvrages laissaient entendre que le réalisateur français visait un retour à un cinéma plus « honnête ». Entendons-nous bien sur ce que cela veut dire, un film de Luc Besson honnête : des œuvres plus personnelles et créatives, avec les défauts de leurs qualités. Car, ainsi que nous l’avions souligné dans notre article La Nouvelle Vague ou le sacrifice du cinéma de genres français, Luc Besson a été jadis le contributeur d’une approche presque miraculeuse dans l’Hexagone des années 80-90, avec une sensibilité à contre-courant liée à des qualités exceptionnelles de mise en scène. Outre Le dernier combat (1983), premier effort à la genèse controversée, Subway (1985), Le grand bleu (1988), Nikita (1990) s’érigent en panthéon esthétique et discursif du réalisateur. Léon (1994) à notre humble avis marque l’apparition d’un déséquilibre, les prémices du cinéma qui sera de plus en plus boursouflé par ses influences anglo-saxonnes avant de perdre sa saveur malgré des tentatives d’exception (Angel-A, 2005).

Ce “retour aux sources” des années 2020 (avec des guillemets d’une taille certaine) n’est pas tout à fait plébiscité par le public. Dogman fut le plus mauvais score au box-office de la carrière du réalisateur avec un peu moins de 300 000 tickets. Dracula, sorti le 30 juillet dernier, dépasse à l’heure actuelle les 500 000 entrées. En France ce n’est pas un échec dans l’absolu ; pour un cinéaste abonné aux millions c’est une petite contre-performance. Probable que le film en lui-même n’ait pas de quoi casser le Box office en deux… Une énième itération de Dracula ne prête déjà pas à un succès public important. L’univers de Bram Stoker n’est pas si rentable dans nos contrées : le Nosferatu (2024) de Robert Eggers, dernière grosse sortie du thème, a atteint les 450 000 entrées ; Le dernier voyage du Déméter (André Øvredal, 2024) 130 000 ; Renfield (Chris McKay, 2023)… 37 000. Il faut remonter à Dracula Untold (Gary Shore, 2014) pour dépasser le demi-million de tickets, et au Dracula de Francis Ford Coppola (1992) pour avoir un vrai un phénomène de salles avec 3 millions d’entrées. Épuisement d’un mythe usé jusqu’à la dernière fibre de la corde ? A n’en pas douter. Toutefois il est clair que Luc Besson ne s’arrange pas les choses en livrant un long-métrage à rebours de certaines attentes contemporaines. Et peut-être même à rebours, finalement, de son propre univers en ce qu’il a de plus « mythique », au sens propre de ce terme.

Nikita, revolver à la main, se cache derrière un des fours de la cuisine d'un grand hôtel.

© « Nikita » (1992) Tous Droits Réservés

A l’instar de tant d’autres artistes avant lui, la nouvelle mue de Besson s’opère par la figure d’un interprète, Caleb Landry-Jones. A quiconque aurait pu suivre la carrière de Luc Besson d’un œil attentif, sans même aller jusqu’à l’apprécier, cette rencontre provoque une évolution étonnante, paradoxale, dans ce désir palpable d’un retour aux sources supposé, une certaine manière de faire du cinéma, de renouer avec ce qui a fait le style du cinéaste. S’il y a une chose qu’on ne peut enlever à Luc Besson, c’est d’avoir jadis mis en avant des personnages féminins. Certes, la place de la femme comme sa représentation y sont assez changeantes et variables. On peut passer du simple objectif de lutte – Le dernier combat  au love interest un peu trop béat de son amoureux – Le grand bleu ou au contraire à un objet de fascination fétichisé pour un protagoniste masculin moins bien doté par la vie – Angel-A, John et June. Que l’on ne nous fasse pas dire ce qu’on ne pense pas, nous ne disons pas que Luc Besson est un cinéaste féministe, loin de nous l’idée même de l’associer de quelconque manière à ce terme, tant ce serait inapproprié et maladroit. Cette précision faite, on peut sereinement affirmer qu’en son temps, rares furent ceux en France, voire à l’étranger, à avoir conçu des rôles féminins principaux marquants jusqu’à aboutir à un archétype. L’héroïne bessonnienne, formatée dans Nikita, était donc une femme d’action, souvent prise malgré elle dans un engrenage de violence contre lequel elle se révolte, prenant les armes, ses armes, soit les pleines dispositions de ses potentialités, et laissant souvent les hommes dans son sillage. Nikita, Jeanne d’Arc, Leeloo, Lucy, Anna, voire la Matilda de Léon (qui n’est pas une “femme”, pas encore, ce qui contribue à rendre le film dérangeant, particulièrement aujourd’hui) entrent dans ces cases. L’archétype héroïque de Luc Besson n’est ainsi pas tant Léon ou Korben Dallas, aussi cultes soient-ils, que les héroïnes qui jalonnent le parcours du cinéaste et se correspondent. Le terme de “muse”, avec tout ce qu’il pourra convoquer de négatif et passéiste, semble être de mise pour un réalisateur qui a d’ailleurs épousé au moins deux de ses actrices, Anne Nikita Parillaud et Milla Jeanne d’Arc Leeloo Jovovich. Difficile d’évoquer ce que nous soulignons sans lorgner du côté de la vie privée, puisque Besson lui-même la convoque de ces unions et peut s’en inspirer – Léon et sa relation avec Maïwenn, 15 ans lorsqu’il la rencontre. Il n’est peut-être pas un hasard, sans se vautrer dans la psychologie de bazar, que la nouvelle “fascination” du réalisateur – de ses propres termes – ait désormais le visage d’un homme, Caleb Landry-Jones, à l’issue de sa pause entre 2019 et 2023, période marquée par le marasme judico-financier d’Europa Corp et la procédure pour viol faisant actuellement l’objet, après des non-lieux des justices française et belge, d’une saisie de la Cour Européenne des Droits de l’homme. Indéniablement, les derniers films de l’auteur-réalisateur marquent une inflexion dans son rapport à la femme.

C’est que via ses protagonistes féminines, le cinéaste a pu instruire un dialogue fréquent avec la féminité. Nikita “garçon manqué” se “féminise”, Jeanne d’Arc se “masculinise” ou encore peut-on relever le choix de comédiennes avec des physiques à la beauté froide, anguleuse, parfois qualifiée d’androgyne, telles que Milla Jovovich, Rie Rasmussen, Sacha Luss… Il faut le dire, Luc Besson est un des seuls cinéastes grand public en France à avoir pris en charge ce que Judith Butler conceptualise comme “la performativité du genre” dans son ouvrage fondateur Trouble dans le genre. A une rare expression près sauf erreur de notre part, Ruby Rhod du Cinquième élément, grand séducteur de groupies cochant pourtant toutes les cases du queer dans ce qu’elles ont de plus caricatural, il n’y avait pas d’androgynie dans les personnages masculins de Luc Besson, bien qu’ils puissent être très loin parfois du mâle alpha, bien loin de “porter la culotte”. Le dialogue avec le genre s’incarnait toujours dans des personnages féminins. Dogman se ressent alors comme à la fois un condensé des motifs les plus obsessionnels de Luc Besson et une passerelle, prenant un visage inédit. Le réalisateur y renoue avec le protagoniste masculin paumé, décalé, voire marginal qui a émaillé sa filmographie : Fred de Subway, Jacques Mayol du Grand bleu, Marco de Nikita, Léon, Korben Dallas, André d’Angel-A… La liste est longue. Douglas, incarné par Caleb Landry-Jones, est néanmoins un protagoniste particulièrement éreinté dès son enfance, où il est traité au sens le plus littéral du terme comme un chien par un père et un frère abusifs. La violence de la marginalité vécue par Douglas marque un premier échelon dans les personnages masculins du cinéaste, jamais victimes d’un tel traumatisme – à cette comparaison, on ne voit bien que Jeanne d’Arc et Matilda, protagonistes féminins. La sensibilité du film, malgré sa dureté, reste à fleur de peau, notamment par la sublimation que le protagoniste rencontre via l’amour de ses chiens, et en se livrant… Au travestisme. C’est alors le premier personnage masculin de Luc Besson à aller chercher la femme en lui de cette façon la plus performative, jusqu’à en faire spectacle. Se “déguiser” en femme – le déguisement est un thème récurrent chez Luc Besson, faisant l’objet de plusieurs scènes, tout comme le soin porté à la symbolique des costumes – donne du sens à sa vie et lui permet de s’accepter (tout en étant quelqu’un d’autre, le riche paradoxe de la pratique drag). Assez captivant de souligner que lorsque Luc Besson trouve sa nouvelle « muse », c’est donc un homme, mais un homme qu’il fait performer en femme. Même Jean Reno, le comédien qui a le plus tourné avec le cinéaste (cinq fois) n’a jamais connu une telle variation, ne semblant pas du tout convoquer la même possibilité de féminité.

Caleb Landry-Jones dans son atelier échange un regard intense avec son chien dans le film Dogman réalisé par Luc Besson.

© « Dogman » 2023 Tous Droits Réservés

Il est probable que le scénario de Dogman ait été inspiré par la carrière de Caleb Landry-Jones avant sa rencontre avec le Français : il apparaît déjà en marginal reclus avec des chiens dans l’abrasif Nitram (Justin Kurzel, 2020) qui lui a valu le Prix d’Interprétation à Cannes en 2021 et le comédien s’était déjà “travesti” en couverture de son premier album en tant que musicien, The Mother Stone, en 2020. Cela n’enlève pas la teneur si particulière du film, que l’on pourra apprécier ou haïr, son évidente étrangeté, son aspect hors des sentiers battus tout en relevant d’une sincérité parfois assez mal dosée et de ce qui est encore un dialogue d’un créateur avec son propre univers. Je ne sais pas dans quel sens, mais Dogman était peut-être un film de questionnement pour le cinéaste, sur la suite à donner à sa carrière, la matière de son œuvre, et, puisqu’il est lui, la place qu’il a accordé au genre ainsi que celle qu’il doit désormais lui accorder. Or faire incarner cette réflexion par un homme peut se lire autant comme une réussite que comme un échec. Comme une impasse ? Dracula, à ce titre, prend encore un autre sens. Passons en effet sur June et John, petite parenthèse assez mielleuse sans trop d’intérêt dans notre discours – l’histoire d’un énième garçon velléitaire fasciné par une jolie fille qui prend les rênes de sa vie en main – surtout parce que Caleb Landry-Jones n’y figure pas.

Luc Besson a précisé qu’il ne nourrissait ni une appétence pour les récits de vampire, ni l’envie d’adapter l’ouvrage séminal de Bram Stoker. C’est Landry-Jones qui lui a inspiré cette adaptation, le désir de lui faire incarner un protagoniste mythique. En cela, on comprend que bien que le rôle n’ait pas du tout la richesse polymorphe de Douglas dans Dogman, le comédien texan a accepté de porter cette cape, au-delà de l’entente artistique entre les deux hommes. Il est, comme à son habitude, possédé par le rôle, lui conférant une intensité étonnante. Dracula à la fois inquiétant, charismatique, cruel, voire monstrueux – on devine la délectation du comédien à incarner le Comte sous le maquillage vieillissant – Caleb Landry-Jones est absolument convaincant, se plaçant sans rougir derrière… Gary Oldman qui l’incarnait chez Francis Ford Coppola. Un autre acteur “fétiche” de Luc Besson, antagoniste fameux de Léon et du Cinquième élément. La référence au Dracula de Francis Ford Coppola est très loin d’être anodine, la version du réalisateur français marchant clairement dans ses platebandes. Ainsi que l’analyse fort bien la chronique du film sur Vampirisme.com Dracula 2025 est moins une adaptation de Bram Stoker qu’une nouvelle mouture du récit de Coppola, auquel il reprend la trame fondatrice du Comte Dracula en amant malheureux, cherchant la réincarnation de celle qu’il a aimée du temps où il découpait des Ottomans en tant que Vlad, souverain de Malachie. Dracula est donc avant tout une histoire d’amour à travers les âges, très passionnelle, plutôt touchante dans son intransigeance que d’aucuns fustigent comme de la naïveté, reproche souvent adressé au cinéaste. Ainsi la conclusion, dans laquelle le Comte se joint à la liste des sacrifiés dans la filmographie de Luc Besson, est un apport intéressant à la mythologie du personnage, tout comme l’amertume d’une fin qui devrait être un happy end sans en avoir la saveur. L’auteur-réalisateur se refuse par ailleurs à placer Mina en simple hypnotisée à vite faire revenir à la raison, comme dans le roman, pour en faire une vraie amante qui “choisit” là, dans la mesure où une passion nous laisse choisir, son histoire d’amour. Le problème étant qu’elle en devient une protagoniste dans le plus pur cliché de la princesse : absente de la possibilité d’action, à simplement aimer puis se faire secourir.

Le Comte Vlad (Caleb Landry-Jones) apprend à Mina à tirer à la carabine dans la fête foraine du film Dracula de Luc Besson.

© « Dracula » (2025) Tous Droits Réservés

Le traitement de Mina est caractéristique du côté rétrograde du long-métrage sur la question du genre. Les personnages féminins sont réduits à la portion congrue, ayant même moins de pouvoir sur l’action que dans le roman de Stoker, pourtant marqué par le paternalisme victorien. Luc Besson opte pour la version la plus archaïque du personnage en lui-même, dont l’aura séduisante, irrésistible, fait vaciller toutes ses proies, comme lors de cette surprenante scène dans l’abbaye où il est assailli de bonnes sœurs sitôt défroquées. Besson se défend de cet aspect en interview, avançant que le personnage chez lui n’est pas sexualisé parce qu’il ne cherche pas à posséder sexuellement ses victimes. C’est vrai, mais c’est aussi vrai pour toutes les autres adaptations de Dracula, notamment les plus célèbres, puisque le désir et le sexe y sont métaphoriques. Caleb Landry-Jones est aussi érotique que les autres, puisqu’un Dracula qui séduit et qui mord sera toujours érotique, ou érotisé, ou érotisable. Plus encore quand on lui écrit des scènes où les femmes sont fascinées par lui et se jettent dans ses bras… Alors que le cinéaste avait un comédien, une histoire (la base de Bram Stoker reste ouverte à de multiples itérations), et a priori un regard d’auteur spécifique pour traiter le matériau d’une manière peut-être, sans aller jusqu’au jamais vu car c’est toujours difficile pour un tel personnage, désarçonnante ou originale, il livre un Dracula trop proche de ses prédécesseurs (le Coppola donc, mais aussi Dracula Untold) et de surcroît anachronique sur les rapports de genre. Au questionnement performatif intrigant de Dogman succède un film à l’ancienne, donc à rebours du contemporain, ce qui peut ne pas être dérangeant selon où l’on se place, selon ce qu’on attend de Dracula – il est dans sa matrice littéraire, après tout, de subjuguer les femmes et les fous – mais aussi de la filmographie du cinéaste. Dracula est seulement à ce titre un film plutôt surprenant en tant que film de Luc Besson, aujourd’hui, en 2025.

L’objet de cet article n’est pas de cibler Caleb Landry-Jones comme le “responsable” de ces évolutions, ce que rien, dans sa filmographie hors-Besson, ne corrobore. C’est certainement leur alchimie, d’auteur-réalisateur à acteur, qui convoque ce que l’on voit sur l’écran, leur rencontre, leur accointance à cet instant précis de leur carrière. Écrire et filmer c’est projeter ; être comédienne ou comédien, c’est recevoir cette projection en ce qu’elle fait écho à soi et la renvoyer. C’est dans ce magma, ces miroirs réciproques, que naissent les collaborations fétiches. Ainsi Dogman et Dracula, c’est ce que Besson et Landry-Jones s’évoquent, se construisent l’un en l’autre et par l’autre. Nous ne nous risquerons pas à définir les raisons de cette évolution qui convoquent certainement autant de motifs artistiques que personnels pour ces deux individualités. Nous nous sommes bornés à mettre en lumière l’impact d’une rencontre sur une filmographie aux prises ou non avec son temps, ses artisans et sa complexité. 


A propos de Alexandre Santos

En parallèle d'écrire des scénarios et des pièces de théâtre, Alexandre prend aussi la plume pour dire du mal (et du bien parfois) de ce que font les autres. Considérant "Cannibal Holocaust", Annie Girardot et Yasujiro Ozu comme trois des plus beaux cadeaux offerts par les Dieux du Cinéma, il a un certain mal à avoir des goûts cohérents mais suit pour ça un traitement à l'Institut Gérard Jugnot de Jouy-le-Moutiers. Spécialiste des westerns et films noirs des années 50, il peut parfois surprendre son monde en défendant un cinéma "indéfendable" et trash. Retrouvez la liste de ses articles sur letterboxd : https://boxd.it/s2uTM

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