Festival de Cannes


[Carnet de bord] Festival de Cannes 2026 • Jour 1

Une fois n’est pas coutume, l’équipe de Fais pas Genre a chaussé son plus beau smoking (ou presque) pour arpenter le plus grand des festivals du monde, quelque part dans le sud de la France, dans une petite ville qu’on appelle Cannes. Comme souvent (et ce depuis un moment) la large sélection promet de nous réserver quelques grands rendez-vous qui font pas genre, entre autres choses. Pour la troisième fois consécutive, on vous propose de vous donner des nouvelles de nos éclaircis cinéphiles sur la croisette, avec nos traditionnels carnets de bord. 

Une créature avec des yeux dans les mains dans le Labyrinthe de Pan de Guillermo Del Toro

Magellan (Gael Garcia Bernal) à genoux en pleine jungle, exténué, imporant le ciel.

Magellan

Biopic historique amer, violent, à fleur de peau, tout autant que fresque cinématographique expérimentale et ethnologique, « Magellan » de Lav Diaz est une œuvre exigeante, mais puissante, d’ores et déjà un des plus marquantes de l’année.


Les échos du passé

Le deuxième long-métrage de Mascha Schilinski, couvre plus d’un siècle de destinées féminines, séparées par les décennies et par les guerres, mais toujours rattrapées par le souvenir et le poids du passé. Moins un film sur l’Allemagne qu’une réflexion sur la mémoire collective et le traumatisme générationnel, Les échos du passé s’impose comme une œuvre intime et sombre, où la douleur agit comme un esprit hantant les personnages qui traversent ce récit. Voilà qui devrait faire couler beaucoup d’encre.

En bas d'escaliers dans une vieille maison, un groupe de personnes endeuillées, pour un enterrement ; toutes sont de profil sauf une petite fille blonde qui regarde la caméra ; scène du film Les échos du passé.

Un jeune homme, debout, tête baissée, sur une balustrade dans un vaste hangar désaffecté ; il est éclairé par une lumière bleue et blanche venant du toit en mauvais état ; plan issu du film Résurrection.

Résurrection

Film-ovni, à la fois hommage et adieu possible au septième art, « Resurrection » (Bi Gan, 2025) est d’abord une expérience sensorielle radicale, de nature à désorienter. En traversant un siècle de cinématographe, Bi Gan compose moins un récit qu’une vaste rêverie réflexive, où le cinéma s’examine lui-même, traverse ses propres formes et place le spectateur face à son regard. Une œuvre singulière, profondément fascinante.


Sirat

Après avoir fait vibrer la croisette, Sirāt continue de faire parler de lui lors de sa sortie en salles et nous donne l’occasion, à notre tour, de tracer quelques réflexions sur l’une des œuvres les plus passionnantes et détonantes de l’année, comme autant de (hors)-pistes à travers le désert. Attention, spoilers !

Un groupe de teuffeurs dans le désert, assis sur des chaises, devant leur camion, dans Sirat de Oliver Laxe.

Michael Angelo Covino et Kyle Marvin se bagarrent en faisant une prise de soumission sur un tapis à moquette dans Libre Échange.

Libre échange

Après l’excellent The Climb (2019) l’acteur et réalisateur Michael Angelo Covino revient aux affaires avec une comédie de mœurs – Splitsville renommé chez nous Libre Échange (2025) – qui fait vraiment pas genre et qui fut l’une de nos bonnes surprises cannoises où il était présenté hors compétition.