Enzo Durand


A propos de Enzo Durand

Grand lecteur de Stephen King, Enzo s'attèle à disséquer les nombreuses adaptations du maître de l'horreur, de Brian De Palma à Mike Flannagan, en passant par Tobe Hooper et Franck Darabont. Ce qui le passionne le plus, c'est de se plonger au cœur des œuvres les plus méconnues du grand public, que ce soit des adaptations de Carrie en comédie musicale ou des remakes indiens non officiels.


Él

Él, inspiré du roman autobiographique du même nom par Mercedes Pinto, est sans doute le film le plus célèbre de la période mexicaine de Luis Buñuel, et son œuvre la plus personnelle. L’histoire d’un homme – le Él du titre –, riche propriétaire catholique, qui s’enfonce dans la jalousie et la paranoïa. Les Films du Camélia nous permettent aujourd’hui de (re)découvrir cette critique d’une société machiste et masculiniste, dans une sublime restauration 4k, agrémentée de nombreux bonus. L’occasion pour nous de 1) nous replonger au sein de la filmographie cruelle de l’auteur 2) épuiser tous les jeux de mots possibles en rapport avec les yeux.

Arturo de Cordova effaré, regarde à travers la vitrine d'un magasin, les mains posées sur la vitre, dans Tourments - Él.

Agathe Rousselle s'allonge sur le capot du'ne voiture dorée, sous le regard des spectateurs dans un hangar ; scène du film Titane abordé dans Le cinéma de genre au féminin.

[Lecture] Un genre à soi

On ne présente plus Playlist Society (et pourtant faisons le tout de même) : une maison d’édition française qui explore le cinéma – pas seulement de genre – sous toutes ses coutures. Des essais sur des cinéastes (Gregg Araki, le génie queer; La Transgression selon David Cronenberg), des analyses détaillées d’un phénomène au cinéma, des dissections de saga et des entretiens sur le temps long, comme ce dernier ouvrage collectif : Un genre à soi.


Je suis déjà mort trois fois

Maxence Vassilyevitch se lance en 2024 dans un étonnant projet : le tournage en comité réduit – lui et sa compagne Anaïs Ruales Borja – d’un portrait de l’acteur et réalisateur Jacques Nolot, l’une des grandes figures parisiennes du cinéma queer et marginal. A eux trois ils passent plusieurs jours à reconstituer une journée de ce cinéaste de 82 ans.

Jacques Nolot prend le soleil, debout les yeux fermés, sur le toit de son appartement, dans le documentaire Je suis déjà mort trois fois.

Un homme allongé dans la nuit obscure, observe son sa main qui illumine ; scène du film La montagne de Thomas Salvador.

[Entretien] Thomas Salvador, le fantastique encore et en corps

Acrobate, alpiniste, nageur, héritier du burlesque ? On ne sait comment le définir mais une chose est sûre, depuis des années Thomas Salvador explore les cinémas de genres par des voies dérivées : film de super-héros écologique avec « Vincent n’a pas d’écailles » (2014) et voyage fantastico-introspectif avec « La Montagne » (2022). Nous avons eu la chance de le rencontrer à l’occasion de sa venue au Ciné Saint-Leu à Amiens.


Wolf Man

Blake (Christopher Abbott) est un écrivain trentenaire, marié à une journaliste (Julia Garner), et père d’une petite fille (Matilda Firth). Lorsque son père, un survivaliste vivant au cœur de l’Oregon, décède, Blake n’a d’autre choix que de se rendre au cœur de la campagne où il a grandi, pour faire le tri dans les affaires paternelles. Un voyage qui se solde par un accident de voiture, l’attaque d’une créature aux allures animales, la morsure du protagoniste qui contracte très vite une drôle de maladie et une faim de loup. Dès cette introduction rapide, on comprend que Wolf Man (Leigh Whannell, 2025) est dans une double continuité.

Dans un salon de nuit, sans lumière, Julia Garner tient contre elle une jeune fille ; toutes deux hurlent en direction de quelque chose hors-champ ; plan issu du film Wolf Man.

Embrassade filiale de nuit entre Ghjuvanna Benedetti et Saveriu Santucci qui joue son père dans le film Le royaume.

Le Royaume

Alors qu’il était enfant, Julien Colonna se rappelle avoir accompagné son père et ses amis pour plusieurs jours de camping à travers la nature corse. Quelques années plus tard, il se rend compte que ce moment de rapprochement familial comportait une autre facette pour son père : ce dernier, le parrain Jean-Jérôme Colonna (décédé en 2006), avait durant la même période rencontré d’autres mafieux. Cet alliage entre famille et grand banditisme est la base de ce premier long-métrage de Julien Colonna, devenu grand et cinéaste, qui raconte dans « Le Royaume » (2024) l’histoire d’une fille de parrain devant suivre son père en cavale.