Archives du mois : mars 2023


Supernichons contre mafia

A 24 ans, on aurait pu penser que le festival toulousain Extrême cinéma aurait acquis une certaine maturité, que l’âge adulte le rendrait plus sérieux, loin des émois naïfs de l’adolescence. Et voilà que l’apparition soudaine d’une énorme paire de seins dans le film Supernichons contre mafia (Doris Wishman, 1974) réveille les hormones en ébullition de spectateurs loin de se douter qu’ils allaient avoir affaire à un spectacle aussi… Gros. Dans tous les sens du terme.

Chesty Morgan lit un livre allongée sur un petit muret, dans un parc verdoyant, en soutien-gorge et jupe courte rouge ; plan issu du film Supernichons contre mafia.

Les cinq jeunes personnages très lookés années 80 sont dans le van du film X de Ti West, le plan est en fish eye.

X

Après un début bancal avec The Roost (2005), la carrière discrète de Ti West n’a pas manqué de témoigner de sa progressive nymphose. Maintenant sous l’égide du sacrosaint A24, le beau papillon de nuit a déployé ses ailes. Sorti en DVD et Blu-Ray chez KinoVista le 16 février 2023 et faisant suite à une présence timide dans les salles françaises, l’occasion est venue de (re)découvrir X, ce slasher sachant slasher.


Big Guns

Un assassin retraité. Une organisation criminelle qui s’attaque à ses proches par erreur. L’assassin qui rengaine pour tous les tuer. Keanu Reeves ? Non. Alain Delon. Dans un film italien sorti en 1973. Énorme. Mais si l’histoire se souviendra à jamais des John Wick de Chad Stahelski (si si, vous verrez), elle a oublié les impressionnantes scènes d’action, pionnières du genre, du Big Guns de Duccio Tessari. Car malgré tous ses efforts, Tony Arzanta (titre original) est un John Wick manqué, rejeton d’un réalisateur téméraire et d’un comédien trop grand pour son bien, à l’époque la plus débridée du cinéma italien. A l’occasion de sa ressortie en salles le 15 février dernier dans une version restaurée en 4K, retour sur un projet amoureux de cinéma s’abandonnant à son désir d’impressionner..

Plan rapproché-épaule sur un Alain Delon pensif, dans la rue, tandis qu'une silhouette d'homme s'éloigne de lui au loin, issu du film Big Guns.

Dans le salon d'un pavillon passe-partout, un homme avec une veste en cuir noir menace quelqu'un avec un large fusil à pompe, tandis que son acolyte semble chercher quelque chose derrière lui ; scène du film Terrain de chasse.

Terrain de Chasse

« C’est un film que j’ai aimé voir mais que je ne reverrai jamais » nous annonce gravement Frédéric Thibaut, programmateur du Festival Extrême cinéma de Toulouse, concernant Terrain de Chasse (Jorge Grau, 1983) juste avant que les lumières ne s’éteignent dans la salle. Venant de sa part, ça promet. Nous voici ainsi préparés à recevoir le choc du festival. Pas si bien préparés que ça en fait.


The Fabelmans

Un an après le feu-d’artifice, spectral et déchirant, que fut West Side Story, c’est peu dire que nous attendions avec la plus grande impatience The Fabelmans. Parce qu’il est le nouveau film de Steven Spielberg, bien entendu, mais aussi et surtout parce qu’il s’agit peut-être de son projet le plus personnel, où le cinéaste nous livre les souvenirs d’une enfance traumatisée par la séparation de ses parents, mais surtout par sa découverte du septième art. Le résultat, sans complaisance mélodramatique ni épate formelle, est largement à la hauteur de nos attentes.

Une petit garçon est fasciné par l'image qui est projetée sur sa main, et qui n'éclaire que son visage au milieu de la pénombre ; plan issu du film The Fabelmans.