calvaire


Un homme marche dans la forêt ; on ne voit que l'ombre de sa silhouette et des arbres, plongé dans un rouge surréaliste ; affiche du film Calvaire.

Calvaire

Pulsion, instinct, viscéral et transcendance sont des mots qui riment avec la démarche d’un cinéaste comme Fabrice Du Welz. Henri-Georges Clouzot disait que « le cinéma, c’est comme un spectacle et une agression ». Du Welz s’en est souvenu pour son ambitieux début de carrière avec Calvaire, un conte hivernal expérimental au réalisme cru qui débute comme une romance barrée avec un Jackie Berroyer fou amoureux de Laurent Lucas, avant de virer au pur film de séquestration, enfant dégénéré du matriciel Massacre à la tronçonneuse (Tobe Hooper, 1974). Mais ce survival hardcore se mue aussi vite en conte halluciné ponctué d’images décalées, le paysage brumeux des Ardennes teintant cette étrange poésie… Le regard du cinéaste belge, bercé entre désespoir et quête d’absolu, font de Calvaire l’un des produits les plus cultes du paysage horrifique des années 2000. Nous appuierons notre texte avec des extraits d’un entretien que nous avait accordé Fabrice Du Welz en 2019, lors de l’avant-première d’Adoration au Festival du Film Grolandais de Toulouse. On est encore venu piétiner notre cœur…


Fabrice du Welz, à bras-le-corps 1

Paul, jeune adolescent solitaire, rencontre Gloria, patiente d’une clinique psychiatrique. Pris d’amour pour la jeune fille, il s’enfuit avec elle, loin de tout, pour vivre une errance au fil de l’eau, une errance (des)enchantée où la plus grande laideur cohabite avec une beauté solaire à couper le souffle. D’une sincérité terrassante, Adoration (2020) est une œuvre suspendue dans le temps, troublante et hypnotique, lorgnant entre le conte de fée et le réalisme poétique. Lors de […]