Les deux plongeurs du film The Deep House, réalisé par Alexandre Bustillo et Julien Maury, atteignent une voiture immergée qu'ils inspectent avec des lampes-torche.

Alexandre Bustillo & Julien Maury, en profondeur

Les prolifiques Alexandre Bustillo et Julien Maury comptent parmi les piliers du genre « frontal » en France. L’an dernier, ils ont certainement signé leur meilleur film avec The Deep House, un concept fou d’urbex dans une maison hantée engloutie au fond d’un lac. Le scénario est dégraissé et rigoureux, la technicité et le découpage y sont irréprochables et le production design clairement magnifique. Les deux collaborateurs font preuve d’une indéniable générosité bis, avec un sens du suspense étouffant et une claustrophobie qui montent dans un crescendo incroyable – on n’avait pas été aussi oppressés dans le genre depuis The Descent (Neil Marshall, 2005). On a eu la chance de les croiser en clôture du Festival Grindhouse Paradise 2021 et de pouvoir discuter avec eux.


Un savant fou portant une masque chirurgical ensanglanté et des lunettes à reflet qui empêchent de voir ses yeux, tend sa main au dessus d'un cobaye sur la table d'opération, indéfinissable, mi-organique mi-machine ; scène du film Mad god.

Mad God

Au cours des trente dernières années, Phil Tippett, le grand créateur d’effets spéciaux – la saga Star Wars, Jurassic Park, Robocop, Starship Troopers… – a travaillé dur sur le projet d’une vie, son long-métrage Mad God, un film d’animation expérimental en stop motion se déroulant dans un « monde fantôme de l’humanité ». L’artiste de génie fut récemment mis à l’honneur dans un documentaire de Gilles Penso et Alexandre Poncet. Ce dernier – que nous avions interviewé – dit du film du maître qu’il est une « expérience très difficile à décrire ». Xavier Colon de la programmation du PIFFF va jusqu’à parler de « SFX porn ». Préparez-vous à entrer dans un univers beau, sale et viscérale, habité par des monstres, des scientifiques fous et des cochons de guerre…


Dans le film La guerre des mondes de Steven Spielberg, Tom Cruise regarde en l'air, la mine sereine, sa fille blonde dans les bras.

Evolution du cercle familial chez Spielberg

A l’occasion de la sortie en vidéo de West Side Story (2021) revenons sur l’évolution de la cellule familiale qui est l’une, si ce n’est LA thématique qui traverse la filmographie de Steven Spielberg.


Plongé dans un violent clair-obscur noir et rouge, une femme démon ensanglantée et au visage possédé regarde droit dans l'objectif de la caméra du film Démons.

Démons 1 & 2

Alors que Carlotta réédite Démons (Demoni, 1985) et sa suite Démons 2 (1986) de Lamberto Bava, des classiques intenses et énergiques du cinéma gore. Nous avions déjà pu jeter un coup d’œil sur la copie restaurée du premier volet lors du PIFFF en décembre 2021. Produit par Dario Argento, ces films oscillent entre réflexivité et contamination, saupoudré d’une grande dose de grand-guignolesque à la Evil Dead (Sam Raimi, 1981), Gremlins (Joe Dante, 1981) ou Frissons (David Cronenberg, 1975). Par une parfaite mise en abîme, on assiste à l’exploitation bis dans toute sa splendeur. Lamberto Bava pastiche les codes en même temps qu’il rend un splendide hommage à l’héritage de ses prédécesseurs, notamment son père, Mario Bava, l’inventeur du giallo.


Dans l'embrasure d'une porte, entre deux murs rose bonbon, un homme tout sourire, portant une chemise hawaïenne bleue sombre et or, tient tout sourire un sceau de pop corn dans une main et une bouteille de soda dans l'autre ; plan issu du film Strawberry Mansion.

Strawberry Mansion

Après tout, pourquoi est-ce qu’un festival de films de genres devrait se contenter de programmer des films sombres, gores ou horrifiques ? Le trio infernal du Grindhouse Paradise nous a révélé son côté romantique en proposant le film Strawberry Mansion (Kentucker Audley et Albert Birney, 2022), pépite rose et sucrée au gout de barbe à papa, qui fond dans la bouche. Attention cependant aux risques de carries car la réalité, souvent cruelle, finit par parasiter le rêve.


Capitaine Marleau, un gâchis français ?

La quatrième saison de Capitaine Marleau, portée par son interprète Corinne Masiero, pourra combler les cœurs déjà fidèles aux péripéties du capitaine de gendarmerie à la chapka. Mais pour qui scrute, ponctuellement la série avec un œil plus retors, pourra constater son évolution regrettable, comme un symbole des maux qui sont en train, doucement mais sûrement, de détériorer la singularité de notre paysage audiovisuel hexagonal.


le visage d'une vieille femme, dont nous ne voyons que les mains, est cachée sous un drap blanc, dans un lit ; plan en plongée issu du film Vortex de Gaspar Noé pour notre interview.

Gaspar Noé, au coeur du vortex

Alors que l’on avait quelque peu perdu notre adhésion au bonhomme depuis au moins son Climax (2018), le dernier né de sa filmographie, Vortex, nous a totalement pris à contre-pied et littéralement bouleversés quand nous l’avions découvert à Cannes. Entretien avec un cinéaste visiblement pas rancunier et de surcroît toujours aussi généreux quand il s’agit de causer de cinéma.


Tout autour de la longue table, les dix convives de la soirée de Noël du film Silent Night nous regardent, interloqués, ; en bout de table, un homme en costume noeud papillon porte un toast ; la scène se situe dans un salon aux murs rouges et avec de nombreuses bougies à la lueur jaune.

Silent Night

Les spectateurs des Hallucinations Collectives (Lyon) ont pu découvrir en compétition Silent Night (Camille Griffin, 2021), une comédie horrifique certes efficace mais dont la catégorisation reste néanmoins discutable.


L’Autoroute de l’Enfer

Relecture moderne et horrifique du mythe d’Orphée et Eurydice, les éditions Rimini nous proposent de redécouvrir L’autoroute de l’Enfer (Ate de Jong, 1991), petite comédie horrifique dont l’aspect surréaliste n’aurait pas dépareillé dans le catalogue Troma.


Au premier plan le visage fermé de Florinda Belkan, au second plan, le regard interrogateur de Franco Nero dans le film Exécutions.

Exécutions

Après la brutalité longiligne d’Ultime Violence (Sergio Grieco, 1977), Artus Films dévoile une autre production italienne de sa collection Polar : critique du très chandleresque Exécutions, réalisé en 1969 par Romolo Guerrieri.


Plan issu du film Je suis une légende où Will Smith tient un enfant qui pleure, le visage inquiet ; derrière eux, un homme porte un masque chirurgical.

Will Smith, au nom du Père

Cela peut sembler opportuniste, chercheur de clics, et pourtant, voilà plusieurs mois déjà que nous explorons dans l’ombre la filmographie récente de Will Smith, avec comme angle d’analyse sa pré-disposition nouvelle à redéfinir son image publique comme de cinéma par des choix de rôles de plus en plus tournés vers des figures paternalistes et protectrices. Ce texte, pas encore achevé, s’est vu percuté en pleine face le soir du 28 Mars, quand l’acteur est venu ternir sa consécration d’une malheureuse et désormais mythique claque. Pourtant, force est de constater que du geste inattendu de l’acteur jusqu’au discours lacrymal qu’il a prononcé en forme de pardon murmuré, tout remettait de l’eau à notre moulin.


Cuphead et Mugman sont dans les mains d'un diable à la tête ronde, les yeux jaunes et menaçants ; scène du Cuphead show !

The Cuphead Show – Saison 1

La suite du phénomène vidéoludique de ces derniers années, Cuphead, Don’t deal With the Devil n’ayant pas encore vu le jour, troquons nos manettes sans fils contre une télécommande de télévision. Netflix a de quoi faire patienter nos petits pouces avides de boutons avec cette adaptation en série des aventures du duo de tasses malicieuses dans le monde merveilleux du Cuphead show ! (Dave Wasson, 2022), plein de légumes qui parlent et de grenouilles qui boxent


Les pirates du métro

Film de braquage en huis clos, les éditions Rimini nous proposent de redécouvrir Les pirates du métro (Joseph Sargent,1974), dans une somptueuse édition qui rend justice à cette œuvre tombée dans l’oubli.