Faut-il réhabiliter Don Bluth ?

Voici dont un anniversaire qui est passé complètement aux travers des radars de l’info : un homme du nom de Don Bluth a soufflé le mois dernier ses 85 bougies. L’occasion chez Fais Pas Genre ! de revenir sur cette figure mésestimée de l’animation, bien que ses films aient rencontré un franc succès. Et surtout, en profiter pour saluer le travail de Rimini Éditions, grâce à qui nous pouvons (re)découvrir quelques unes des pépites de sa filmographie grâce à des ressorties Blu-Ray de qualité dont la dernière en date n’est autre que Charlie, mon héros (1989). Tentative de réhabilitation d’un véritable génie de l’animation.


Jeffrey Dahmer en boîte de nuit, un verre d'alcool dans la main et portant un t-shirt blanc, dans une lumière rouge sombre.

Dahmer (Mini-Série)

On en parle partout, et pour cause, la mini-série Dahmer consacrée à l’un des tueurs en série les plus tristement célèbre des Etats-unis (et du monde) est désormais le programme le plus regardé de la plateforme Netflix depuis son lancement. Un constat qui pourrait nous orienter vers un biais d’analyse particulier, quant à la fascination morbide qui nous pousse à s’envenimer les yeux et l’esprit de ces récits d’horreur tirés de faits-réels. Mais fort heureusement, il n’y a pas que cela dans cette mini-série qui, dans sa seconde partie, pousse son sujet jusqu’à une décomposition méta, en s’intéressant finalement moins à disséquer la psychologie et le mode opératoire des actes de Dahmer que l’incapacité d’un système social et politique à les éviter.


Plan rapprroché-épaule sur ce qui semble être une enfant, portant un masque de femme très maquillée et un ciret jaune ; issu du film Alice sweet Alice.

Alice sweet Alice

Psychothriller multi-référentiel, Alice sweet Alice (Alfred Sole, 1976) est un des slashers (si tant est qu’il en soit vraiment un) les plus intrigants qui soient donnés de voir : critique du film proposé en digipack Blu-Ray /DVD/livret chez Rimini Editions.


Scène de nuit dans le film Nope : Daniel Kaluuya vu de dos fait face à une tornade.

Nope

Après deux essais qui convainquirent beaucoup – mais pas tout le monde dans nos colonnes – Jordan Peele fait un retour remarqué dans nos salles avec le très attendu Nope marquant sa bascule dans un registre plus ouvertement fantastique. Accueilli en demi-teinte aux Etats-Unis, cet objet étrange, inégal mais foisonnant, a réveillé chez nous un enthousiasme qu’on croyait définitivement endormi : celui ressenti devant le meilleur du divertissement hollywoodien, plaisir particulièrement vivace au beau milieu d’un été caniculaire, relativement déserté par les blockbusters. Avertissement cependant : ce plaisir était aussi lié à une ignorance totale des tenants et aboutissants de son intrigue. Or, cet article est truffé de révélations, vous voilà avertis.


Plan en plongée issu du film Trois mille ans à t'attendre sur Idris Elba, qui semble être englouti par des flammes ; il est torse nu sur un fond doré.

Trois mille ans à t’attendre

Sept ans après son chef-d’œuvre absolu, Mad Max : Fury Road (2015), George Miller était de retour à Cannes 2022, de nouveau Hors compétition. De quoi susciter une attente démesurée, particulièrement chez nous, bien que ce nouveau projet puisse paraître de loin plus mineur et curieux. C’est mal connaître l’esprit proliférant et l’inaltérable candeur de ce maître conteur qui nous livre là une nouvelle pièce majeure et, sans conteste, le plus beau film du festival, Trois mille ans à t’attendre.


Elvis Preseyl en tenue rose est sur scène, d'une main il porte le micro à pied à sa bouche, de l'autre il tend son bras vers un public de femmes qui ont les bras tendus vers lui.

De Cloclo à Elvis, biopics d’un autre genre

La vision endiablée d’Elvis par Baz Lhurmann se place d’ores et déjà comme l’une des grosses productions les plus marquantes de l’année 2022, tout comme un de ses plus grands succès au box office. Coïncidence, il y a dix ans tout juste un autre biopic dévoilait l’existence d’une icône à la trajectoire sensiblement proche de celle du King, quoique bien plus franco-française, Claude François (Cloclo de Florent Emilio-Siri, 2012). On s’empare de cette résonance en décryptant la manière dont ces cinéastes, sur une histoire pourtant similaire, jouent la carte des cinémas de genre(s) pour livrer deux expériences filmiques tout à fait différentes.


Dans une chambre d'hôtel vieillotte, au premier plan une femme aveugle, avec des lunettes de soleil, s'apprête à dégrafer son soutien-gorge, assise au bord du lit ; à l'arrière-plan un homme bedonnant est en train d'ôter à enlever sa chemise blanche, debout dans un coin de la pièce ; plan issu du film Occhiali neri.

Occhiali Neri

En découvrant le nouvel opus du maître Dario Argento (Ochialli Neri / Dark Glasses) à l’occasion de l’ouverture de sa rétrospective à la Cinémathèque Française, admettons que nous n’en attendions pas grand chose, dix ans après l’effarant Dracula 3D, et une fin de carrière souvent décevante. Sans crier au chef-d’oeuvre, nous fûmes au moins heureux d’y trouver un objet modeste et touchant, réactualisant notre regard sur son auteur.


Au premier plan à droite John David Washington l'air ahuri, la bouche entrouverte face à ce qui se trouve devant lui, hors-champ ; à l'arrière-plan sur la gauche, on aperçoit la silhouette de Robert Pattinson derrière une baie vitrée ; plan issu du film Tenet analysé dans le livre Nolan, le temps et Bergson.

Nolan, le temps et Bergson

Véritable philosophe en devenir, Manon Grimaud propose avec Nolan, le temps et Bergson : Tenet, le cinéaste à la rencontre du philosophe (L’Harmattan) un petit essai stimulant qui tente de confronter la pensée Bergsonienne au cinéma de Christopher Nolan. À quoi pense Christopher Nolan lorsqu’il rêve d’Henri Bergson ? Réponse possible en cent quatorze pages. 


Au premier plan Timothée Chalamet la tête baissée, les bras le long du corps ; derrière lui, la plage, et dans le ciel trois vaisseaux spatiaux flottant ; scène du film Dune.

Dune rêve-t-il d’une société écologique ?

Dune de Frank Hebert nourrit depuis plusieurs décennies l’imaginaire artistique d’anticipation. Plusieurs cinéastes, pris d’affection, s’appliquèrent à donner une image aux mystères, aux êtres et aux choses que Dune évoque. Après l’avortement criminel de celui de Jodorowsky en 1977 et la déconfiture de celui de Lynch en 1984, Denis Villeneuve, en 2021, revient réconcilier le littéraire borné, le cinéphile aveugle et l’écolo sensible : l’occasion d’une digression sur le long-métrage et sa portée allégorique.


Buzz l’Eclair

Après presque trois ans d’absence en salles – leurs films étant durant cette période relégués à une sortie directement sur la plateforme de Disney – les studios Pixar signent leur retour dans les salles obscures avec Buzz l’éclair (Angus MacLane, 2022), un spin-off plus ou moins connecté à la mythologie Toy Story (1995-2019). Retour sur ce film qui à force de naviguer entre deux eaux, fait plouf.