Le Bal de l’Horreur


Classique du slasher des années 1980, Le Bal de l’horreur (1980, Paul Lynch) ressort ce mois-ci aux Editions Rimini dans un Blu-ray de qualité. L’occasion pour nous de nous replonger dans ce film, véritable reflet de son époque.

Scène de meurtre dans Le bal de l'horreur 1980 (critique)

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Dancinq Queen

Les années 1980 représentent une période charnière dans le cinéma horrifique ; après les errements classiques de la Hammer qui étaient tombés en désuétude lors de la décennie précédente, de nouvelles figures émergent. Ainsi, les Dracula et Frankenstein se sont retrouvés remplacés par des Freddy Kruger ou des Michael Myers beaucoup plus ancrés dans leur époque. Ces figures tutélaires ont émergé suite au succès de Halloween (John Carpenter, 1979), qui permit à des productions du même genre d’envahir le marché de l’horreur. Le Bal de l’Horreur (1980, Paul Lynch) fait partie de ces productions qui n’ont été possibles que grâce au succès de l’œuvre de John Carpenter.

Jamie Lee Curtis dans Le bal de l'horreur 1980 (critique)

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L’histoire est celle d’une petite fille qui meurt accidentellement au cours d’un jeu organisé par ses camarades. Devant l’horreur de la situation, ils décident de ne jamais révéler la vérité. Murse, délinquant local, est accusé du crime. Quelques années plus tard, alors que les enfants sont devenus lycéens, celui-ci décide de se venger à l’occasion du bal de fin d’année du lycée…En plus de débaucher l’actrice Jamie Lee Curtis pour le rôle principal, on sent que Paul Lynch s’inspire beaucoup du film matrice du genre réalisé par John Carpenter. Malheureusement, il ne possède pas le talent du maître et ses effets tombent souvent à plat. On regrettera, par ailleurs, que son tueur ne possède pas la force iconique d’un Michael Myers ou d’un Jason, sans oublier que le film échoue aussi sur sa narration. En effet, il met longtemps à démarrer (quasiment une heure) et perd son temps à nous présenter des personnages beaucoup trop archétypaux pour qu’on puisse s’y attacher…

Au delà de ses défauts évidents, il y a quelque chose d’assez intéressant dans Le Bal de l’horreur. Il est le premier slasher à se passer en milieu scolaire et à jouer avec le spectateur. Il n’arrête pas de brouiller les pistes afin de nous perdre en proposant une intrigue policière en parallèle du récit (intrigue qui a été insérée au dernier moment), on notera d’ailleurs que ce schéma scénaristique sera repris plus tard dans un autre grand pilier du genre qu’est Scream (Wes Craven, 1997). L’autre intérêt, qui lui a valu un culte Outre-Blu-Ray du film Le Bal de l'horreur 1980 chez Rimini Editions (critique)Atlantique, est son esthétique résolument disco. Bien que le long-métrage soit sorti à la fin de l’année 1980, on sent que ce soit par les tenues, les coiffures des acteurs et la musique, que tout est là pour nous rappeler l’ambiance si spécifique aux années 1970. La musique est d’ailleurs l’un des éléments qui permet au film de se démarquer des autres productions de l’époque : là où John Carpenter et Wes Craven utilisaient la musique électronique synthétique pour assurer leurs effets, Paul Lynch préfère utiliser les compositions Diso de Paul Zaza et de Carl Zittrer (la bande son devait aussi inclure des chansons de Gloria Gaynor et de Donna Summer, mais pour des raisons de droit, cela n’a pas pu être le cas) ce qui crée un décalage, notamment lors de la confrontation finale.

En plus de nous offrir une édition Blu-Ray de qualité, les éditions Rimini proposent un livret de 28 pages écrit par Marc Toullec et qui revient sur la genèse du Bal de l’horreur ou sa place dans l’histoire des slashers. Du coté des bonus, on retrouvera une interview d’une quinzaine de minutes du scénariste William Gray qui aborde de manière complète la production du film ainsi qu’un portrait de l’actrice Jamie Lee Curtis. Un bel ajout en somme sur l’étagère dédié aux années 80 de votre dvdthèque.


A propos de Freddy Fiack

Passionné d’histoire et de série B Freddy aime bien passer ses samedis à mater l’intégrale des films de Max Pécas. En plus, de ces activités sur le site, il adore écrire des nouvelles horrifiques. Grand admirateur des œuvres de Lloyd Kauffman, il considère le cinéma d’exploitation des années 1970 et 1980 comme l’âge d’or du cinéma.

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