Headshot


Après le polar Killers (2014), les Mo Brothers sont de retour ! Leur nouveau méfait, Headshot, signe le premier rôle principal de Iko Uwais depuis The Raid (Gareth Evans, 2011) et The Raid 2 : Redemption (Gareth Evans, 2014). Autant vous dire que ça fait mal…Très mal.

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Indonesian Fury

Les Mo Brothers – Kimo Stamboel et Timo Tjahjanto – sont des réalisateurs qui ont marqué récemment la planète cinématographique de par leurs films sans compromis, à la violence assez soutenue mais jamais gratuite et mettant en vedette un art martial indonésien : le pencak-silat. Dévoilé à la face du monde par le réalisateur gallois Gareth Evans et sa saga The Raid, ce sport de combat est en fait un mélange de deux disciplines (le pencak et le silat) qui brille par son dynamisme, sa grâce mais aussi par sa violence autant dans les attaques que dans les parades.

capture-decran-2016-09-16-a-22-38-28Headshot, c’est l’histoire de Ishmaël, un homme amnésique qui va être soigné par la jeune Ailine après avoir été retrouvé inconscient sur une plage. Alors qu’il tente de se reconstruire, son passé va resurgir et le mettre en danger ainsi que la jeune femme. Si le scénario semble simpliste, les Mo Brothers en tirent quelque chose d’efficace mais aussi de pur. Les personnages, même s’ils ont pour la plupart des fonctions clichées, sont travaillés, ayant chacun une particularité dans leur style de combat et leurs armes de prédilection – l’un utilise une matraque télescopique, un autre un mélange entre une arme blanche et une arme à feu de poing. La quête d’Ishmaël de sauver Ailine va peu à peu muter en celle d’un homme qui veut pouvoir choisir son destin malgré un passé sombre et violent qui lui a été imposé. Les antagonistes irradient l’écran de leur présence, en particulier lors des scènes de combats d’une intensité folle. On retiendra avant tout le principal antagoniste du film, Lee. Personnage à la fois puissant et effrayant, précis et sadique, il est, à bien des égards, intéressant principalement par le mystère qui l’entoure. On ne sait pas qui il est ou ce qui le motive dans ses actions mais le tout est mené d’une manière qui est entièrement à la merci de l’imagination des spectateurs et que l’aura de dangerosité qui le nimbe en est que plus importante.

A une galerie de personnages maitrisés s’ajoute une véritable maestria de mise en scène. Un rythme soutenu qui ne nous laisse que très peu de temps pour reprendre notre souffle, on constate que le véritable intérêt du film est ses combats. Si Evans montre sa passion pour le pencak-silat et le respect qui l’accompagne, sa façon de filmer les affrontements nous place en qualité de témoins, privilégiés certes mais avec une distanciation. Pas de cela ici, la caméra des Mo Brothers s’attache à suivre chaque mouvement dans le but d’en capter toute la violence, donnant à voir un film bien plus nerveux, fluide et surtout rempli de fulgurances gores : les personnages pissent des litres de sang et leurs membres se tordent, se cassent dans des angles inquiétants. On a vraiment mal pour eux. On pourrait presque faire le parallèle avec les fatalities qui ont fait la renommée des jeux Mortal Kombat tant la seule limite à ce spectacle semble être l’imagination des combattants. Si la caméra cherche à retranscrire de la façon la plus pure et capture-decran-2016-09-16-a-22-37-50radicale la violence, elle nous place également au cœur de l’action avec ses mouvements circulaires ou son style à l’épaule afin de rendre hommage aux chorégraphies de combats imaginées par l’acteur principal Iko Uwais qui démontre sa forme olympique.

Headshot n’est pas un uppercut bien placé. C’est plutôt l’intégralité des différents coups assenés par Uwais à ses ennemis que le spectateur se reçoit en pleine gueule 120 minutes durant. Et le pire c’est qu’on en redemande ! Intense et fou, le film électrise de par son énergie et ses compostions, montrant que si le (très) jeune cinéma indonésien d’horreur avait des allures de faux départ, celui d’action peut se targuer d’être le dignes successeur de Johnnie To, Tsui Hark et de tous ces films d’arts-martiaux, consacrant également comme peut être le vrai descendant cinématographique de Bruce Lee.


A propos de Mathieu Pluquet

C'est après avoir découvert Le Voyage de Chihiro, Blade Runner et L'Exorciste que Mathieu se passionne pour le cinéma; depuis cette passion ne l'a pas quitté. Sinon il aime les comics, le café et est persuadé qu'un jour il volera dans le TARDIS et rencontrera le Docteur (et qu'il pourra lui piquer son tournevis sonique). Ses spécialités sont la filmographie de Guillermo Del Toro, les adaptations de comics et le cinéma de science-fiction.

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