Les Contes Merveilleux de Ray Harryhausen


Les éditions Carlotta nous proposent de re-découvrir, dans une édition somptueuse, Les Contes merveilleux de Ray Harryhausen ; anthologie de courts-métrages d’animation réalisée par ce maître du stop-motion entre 1946 et 1953. L’occasion de revenir sur la carrière de ce précurseur des effets spéciaux.

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Masterclass

Dans l’univers des effets spéciaux, le génial Ray Harryhausen occupe une place bien particulière. Véritable stakhanoviste du cinéma, il témoigne d’une longue carrière s’étalant sur cinq décennies toutes dédiées au service du septième art. Son nom est sans doute peu connu des néophytes, mais son influence sur les réalisateurs qui lui ont succédés est immense et toujours présente. En effet, que ce soit chez Tim Burton sur qui l’influence de Harryhausen déteint dans son obsession des maquettes et de l’animation image par image notamment dans Beetlejuice et Les Noces Funèbres (2004) qui cite explicitement le nom du réalisateur ou chez Guillermo Del Toro qui lui a dédié son Pacific Rim (2013) tous lui ont rendu hommage. Si Ray Harryhausen fait toujours autorité dans le domaine des effets spéciaux, c’est parce qu’il était plus qu’un simple technicien : c’était un véritable artisan. En effet, on lui doit d’avoir révolutionné la technique d’animation image par image en inventant le procédé Dynamation qui rend plus fluide le mélange entre les images tournées en prise de vues réelles et celles en animation. Au-delà de l’aspect purement technique de son travail, par la création de créatures mythiques pour le cinéma – comme celles de Jason et les argonautes (Don Chaffey, 1963) ou du Choc des titans (Desmond Davis, 1981) souvent considéré comme la quintessence de son travail – Ray Harryhausen a contribué a révolutionné le cinéma fantastique. Les années 1990 et l’apparition des effets numériques sonneront le glas d’une carrière florissante.

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Les courts-métrages réunis dans ce magnifique blu-ray donne une certaine idée de ce que sera, par la suite, le cinéma de Ray Harryhausen. Réalisés après la seconde guerre mondiale, à une époque où le style Disney dominait déjà le cinéma américain, Ray Harryhausen propose dans ces petits films une animation en image par image privilégiant la voix-off au lieu de scènes de dialogues, et ce, pour plus de fluidité. Les cinq courts-métrages proposés, d’une dizaine de minutes chacun (Le Petit Chaperon Rouge, Hansel et Gretel, Raiponce, Le Roi Midas et Le Lièvre et la Tortue) sont des relectures d’histoires que nous connaissons tous et ravirons surtout les enfants. Si l’ensemble a un peu vieillit, il reste toutefois un témoignage de son époque et permet de suivre l’évolution du style du titan des effets spéciaux. En effet, les premiers films, notamment Le Petit Chaperon Rouge, témoignent d’un style d’animation assez rigide qui s’affine et deviendra de plus en plus fluide avec ses productions suivantes surtout dans Le Lièvre et la Tortue qu’il avait commencé en 1952 et achevé, seulement, en 2002.

La grande surprise de cette édition festive, c’est la pléthore de bonus qui nous sont proposés en sus. En plus des cinq courts-métrages proposés dans une restauration en haute définition inédite, le Blu-ray propose de découvrir les courts-métrages qu’Harryhausen a réalisé pendant la Seconde guerre mondiale. Ainsi, on retrouve deux courts films militaires, un spot publicitaire pour les cigarettes Lucky Strike et un extrait du film Le Baron Munchasen, projet resté inachevé. En plus de ces trois métrages le blu-ray présente pour la première fois en version restauré Les contes de la mère l’Oye réalisé juste après la guerre dans des conditions précaires. Si ces courts-métrages, réunis pour la première fois dans un DVD français, satisferont les fans du maître de l’animation, l’entretien d’une vingtaine de minutes achèvera de combler leurs attentes. Réunissant Alexandre Poncet (Lire notre Entetien : Alexandre Poncet, sur le Phil) et Gilles Penso, co-réalisateurs d’un documentaire sur le maître: Ray Harryhausen – Le Titan des effets spéciaux (2011) et deux autres références sur les créateurs de monstres de cinéma que sont les documentaires Le Complexe de Frankenstein (2016) et Phil Tippett : Des rêves et des monstres (2019). Dans ce riche entretien, ils retracent les premiers pas de Ray Harryhausen à Hollywood et l’évolution de sa technique. On ne saurait que vous recommander de plutôt vous tourner vers leur trilogie de documentaires pour en savoir plus sur ce grand homme malheureusement méconnu. 


A propos de Freddy Fiack

Passionné d’histoire et de série B Freddy aime bien passer ses samedis à mater l’intégrale des films de Max Pécas. En plus, de ces activités sur le site, il adore écrire des nouvelles horrifiques. Grand admirateur des œuvres de Lloyd Kauffman, il considère le cinéma d’exploitation des années 1970 et 1980 comme l’âge d’or du cinéma.

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