Elfe


Deuxième long-métrage de Jon Favreau, Elfe fut déposé sous le sapin durant l’hiver 2003, et mettait en scène la star américaine, Will Ferrell. Ultime comédie familiale qui se sert de la coutume du Père Noël pour émouvoir dans les chaumières, celle-ci possède tout de même l’atout d’une énergie très américaine où les blagues fusent, quitte à en perdre quelques-unes à la volée, pour l’amour de la drôlerie et de la mignonnerie. Critique.

Will Ferrell en Elfe vert avec tout un groupe d'enfants joyeux.

                                         © Tous droits réservés

SuperNoël

Avec les années, Elfe (Jon Favreau, 2003) est devenu un classique des célèbres soirées de Noël en famille en ces froides soirées d’hiver… Et à raison, tant celui-ci coche toutes les cases propres au genre. Le long-métrage de Jon Favreau met en scène Buddy, jeune elfe de l’atelier du père noël, qui découvre qu’il n’est pas un elfe par nature, mais un humain recueilli par les petits bonhommes aux chapeaux pointus. De ce point de départ, toute la narration jouera sur le décalage de Buddy face à New-York et ses habitants, ainsi que sur sa confrontation et recherche d’acceptation avec son père biologique. Alors que l’ensemble pourrait avoir un faux air façon Les Visiteurs (Jean-Marie Poiré, 1993), Elfe se rapproche davantage d’un sketch de luxe du Saturday Night Live (Lorne Michaels, 1975-en production), où la vanne n’a pas de limite tant qu’elle est drôle. Durant une heure et trente-sept minutes, la production féérique alterne gags visuels et drôleries de dialogues où Will Ferrell excelle dans l’un et l’autre avec un talent indécent. Elfe ne serait pas ce qu’il est sans lui. Il faut bien tout le talent d’un seul homme pour faire tenir une telle histoire sur la longueur, et en apportant une émotion bienvenue par moments, évitant l’étiquette de la simple grosse rigolade potache. C’est sûrement la plus belle surprise de ce long-métrage : la tendresse pour les personnages qu’il décrit et qui amènent un vent frais de mignonnerie enneigée.

Les elfes au travail dans l'atelier du Père Noël dans le film Elfe.

                             © Tous droits réservés

Si Elfe survit à la dure épreuve du temps, c’est, qu’en plus d’être très drôle, le long-métrage brasse des thématiques aussi fortes qu’universelles, qui parlent aussi bien aux plus petits qu’aux plus grands. De l’acceptation de soi à la tolérance de l’autre, nul ne pourra être blessé par les propos de cette production aux angles bien arrondis. Néanmoins, s’il y a bien une victime dans ce lot de blagues sages et sans vagues, c’est le principe même du film de Noël. En soi Buddy est un homme biberonné aux films de Noël, et pour qui la fête hivernale est bien plus proche d’une religion sacrée que d’une simple coutume. C’est d’ailleurs par ce prisme qu’il devient un aliéné aux regards des autres, qui ne partagent aucunement son goût si prononcé pour le Père Noël et les sucres d’orges. Et là où le scénario de David Berenbaum trouve une intelligence bienvenue, c’est lorsqu’il réussit à la fois à rire de la croyance de Buddy, tout en y faisant adhérer personnages et spectateurs avant la fin de l’histoire. En moins de temps qu’il n’en faut pour dire « sucre d’orge », même les plus sceptiques commenceront à vouloir installer leur sapin de Noël chez eux et à chanter à tue-tête Petit papa Noël. Elfe, c’est en réalité la plus belle histoire de conversion du monde : c’est Will Ferrell qui débride James Caan, un elfe qui convainc un parrain de la magie des fêtes.

Buddy du  film Elfe tente de faire rire Walter, son père biologique, dans le bureau de ce dernier.

                                    © Tous droits réservés

À la réalisation, Jon Favreau cherche encore à s’affirmer avec ce deuxième long-métrage, où il arbore une stature de yes-man. Ici, il n’est pas question d’avoir une réelle approche esthétique mais davantage de tout mettre en œuvre pour affirmer la solidité du scénario à l’écran. Le cadre et les mouvements de caméra n’ont alors pour seul but de mettre en avant les gags et autres dialogues croustillants. Il faut avouer que l’ensemble fonctionne bien et qu’on ne demande pas à une telle production une réelle réflexion artistique sur son histoire, mais seulement à se poiler la face sur un Will Ferrell en roue libre et complètement hystérique de découvrir les portes tambours, tel un enfant en visite pour la première fois à Disneyland Paris. Et si la mise en scène ne possède qu’une fonction d’exécution, le reste de la direction artistique (décors, effets spéciaux, costumes) sont les réels vecteurs de la qualité du long-métrage, et qui, encore une fois, lui permette de perdurer dans le temps. Épreuve du temps doublement réussie puisque Elfe marque aussi un point culminant dans la carrière de Will Ferrell : une ligne directrice dans le futur de sa filmographie, celle de l’adulescent en marge.


A propos de William Tessier

Si vous demandez à William ce qu'il préfère dans le cinéma, il ne saura répondre qu'avec une seule et simple réponse. Le cinéma qu'il aime est celui qu'il n'a pas encore vu, celui qui ne l'a pas encore touché, ému, fait rire. Le teen-movie est son éternel compagnon, le film de genre son nouvel ami. Et dans ses rêves les plus fous, il dine avec Gégé.

Laisser un commentaire