Le Tueur de l’Autoroute


Poursuivant sa politique de faire découvrir des films de genre de tous les pays, l’éditeur Rimini nous propose de découvrir Le tueur de l’autoroute (Lodewijk Crijns, 2019) thriller néerlandais lorgnant du coté de The Hitcher (Robert Harmon, 1986). Malgré des promesses de départ encourageantes, le résultat s’avère plutôt décevant.

Devant une camionnette blanche, un homme à terre regarde derrière lui un individu en tenue de chimiste, scène du film Le tueur de l'autoroute.

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J’irai où tu iras, et qu’importe l’endroit !

Depuis la fin des années 1980, qui marquaient l’avènement des films de Dick Maas (Amsterdamned, Ascenseur), le cinéma de genre néerlandais accuse une sérieuse baisse de vitesse. Si certains films – comme la trilogie The Human Centipede de Tom Six – ont pu sortir un peu du lot, force est de constater que la production locale s’avère quand même assez peu vivifiante. Le tueur de l’autoroute (Lodewijk Crijns, 2019) avait de quoi nous intéresser en cela qu’il fait partie des rares productions horrifiques du pays à nous parvenir depuis un certain temps. Le récit suit une famille type (un couple avec deux enfants) qui décide de se rendre en vacances chez les parents du mari. Celui-ci, ayant de plus en plus de mal à garder son sang-froid, va se confronter à un chauffeur qui va les prendre en grippe. Poursuivi par celui-ci, il devront garder leur calme pour parvenir à lui échapper.

Les deux parents et les deux petites filles protagonistes du film Le tueur de l'autoroute dans la voiture familiale, se tournent vers le pare-brise arrière.

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Nul besoin de vous faire un dessin, le scénario n’est pas sans rappeler des longs-métrages comme Duel (Steven Spielberg, 1971) ou une Virée en enfer (John Dahl, 2002). Aussi, on pouvait s’attendre à un thriller routier dont les courses-poursuites créent une tension permanente : c’est hélas sur ce point principal que le film déçoit beaucoup. En effet, le métrage souffre d’un scénario bâclé et peu ambitieux qui se contente d’enchaîner les séquences sans créer de tension dramatique. Trop cousu de fil blanc, il ne parvient pas à éviter les écueils du genre et apparaît beaucoup trop prévisible dans sa résolution, surtout lors de sa scène finale. Par ailleurs, le film de Crijns souffre d’un gros problème de rythme. On se demande quand celui-ci va démarrer tant la cadence est mal dosée et n’arrive pas à combler les lacunes d’un scénario si peu inspiré. Enfin, comble pour une production qui s’appelle Le tueur de l’autoroute, les scènes de poursuite sur cette fameuse autoroute, sont peu nombreuses !

L’écriture fainéante se constate aussi dans la faible caractérisation des personnages. Si la scène d’introduction – voyant la mise à mort d’un cycliste – laisse présager que le réalisateur allait conférer une aura mystérieuse à son tueur, il choisi de se détourner de cette approche dès la première confrontation avec la famille. Par ce choix, il n’arrive jamais à vraiment l’icôniser. Ainsi, le tueur n’apparaît jamais menaçant et ses motivations paraissent beaucoup trop floues pour qu’on s’y intéresse ou qu’il DVD du film Le tueur de l'autoroute édité par Rimini.nous fascine. Se manque de profondeur ne parvient pas à créer des moments de tensions entre lui et la famille et à aucun moment il apparaît comme un antagoniste sérieux. Bien au contraire. Par ailleurs, toujours la faute à cette écriture trop lisse, les membres de la famille sont guère plus caractérisés et à aucun moment, on ne se sent impliqué dans leurs mésaventures.

Face à cet échec narratif, on pouvait au moins espérer que la mise en scène emballerait toutes ces maladresses d’un peu d’inventivité visuelle. Malheureusement, là aussi, le réalisateur se montre peu inspiré. Restant assez sommaire, sa réalisation est en grande partie fautive, tant elle nuit à la tension des scènes, notamment de poursuite. On sait très bien que tourner des scènes sur autoroute impose des contraintes de mise en scène qui obligent les réalisateurs à faire parfois des choix radicaux. Certains réalisateurs sont parvenus à se jouer de ses règles et à livrer de véritables exercices de style. Malheureusement, Lodjewijk Crijins ne fait pas partie de ceux-là. Il a choisi (ou pas) d’adopter une mise en scène très « téléfilmesque » qui plonge littéralement son long-métrage dans les limbes qualitatives. Pour les plus aventureux d’entre vous, l’édition vidéo offerte par Rimini Editions, bien qu’elle ne propose aucun suppléments, elle vous permettra de vous faire votre propre avis sur le film.


A propos de Freddy Fiack

Passionné d’histoire et de série B Freddy aime bien passer ses samedis à mater l’intégrale des films de Max Pécas. En plus, de ces activités sur le site, il adore écrire des nouvelles horrifiques. Grand admirateur des œuvres de Lloyd Kauffman, il considère le cinéma d’exploitation des années 1970 et 1980 comme l’âge d’or du cinéma.

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