Humanoid Terreur Abyssale


Un énième film d’attaque de monstre, avec cette fois non pas un squale ou un crocodile mais un humanoïde mutant, un homme croisé avec… un saumon ! Remake d’un film de Barbara Peters baptisé Les Monstres de la Mer et sorti en 1980, Humanoid Terreur Abyssale est donc une énième bonne idée de Roger Corman pour garnir les étagères à nanars des plus grands cinéphiles.

humanoidsfromthedeep31ei0.3556

 

L’Heure de gloire du Grand Saumon

Humanoid Terreur Abyssale n’est pas si différent de ça de la plupart des films d’attaques de monstres. On suit une troupe d’écologistes – une similitude de plus avec Killer Crocodile par exemple – qui ne sont pas vraiment contents car des méchants déversent des produits dans l’eau pour faire grossir les poissons ! Et comme en ce moment, dans le coin, y’a pas mal de disparitions et de corps retrouvés, on se dit que ces fameux produits ne font pas que grossir les poissons. En résulte cette créature humanoïde, mi-homme mi… saumon, qui sème la terreur dans les eaux alentour. Les algues sur la gueule, ca rend vénère, ce n’est pas étonnant. Il apparait évident que la créature empreinte à certains des monstres les plus célèbres du septième art comme la Créature du lac Noir bien entendu (Jack Arnold, 1954), le fameux Alien de Ridley Scott ou le Predators, la bête n’est pas si ridicule que ça et ajoute à la production une petite patte kitschissime très plaisante.

Monstresdelamer13

S’il est maladroit et visiblement fauché, le film n’est toutefois pas un mauvais film. Il semble en effet assumer d’appartenir à un penchant bis d’un cinéma de genre balisé par Hollywood, après les succès des blockbusters comme Jaws ou Aliens, dans le même genre, et déjà depuis 1933 avec le culte King Kong. Le producteur Roger Corman et son réalisateur/scénariste Jeff Yonis récupèrent la thématique forte du film de monstre qui plait tant et y ajoute les couleurs et saveurs kitsch des séries b et z sans le sou, un mélange qui fait le bonheur de l’industrie direct-to-dvd depuis des années. Il semblerait même que Jeff Yonis ait volontairement choisi de citer la plupart des films cultes qu’il s’amuse presque à “parodier” avec moins de moyens. Les scènes d’attaques sous-marines sont parfois calquées sur celles de Jaws de Steven Spielberg, et on est obligés de sourire devant les évidentes références. De même, une scène d’accouchement particulièrement réussie n’est pas sans rappeler celle d’Alien, premier du nom, encore une fois, une évidente citation de la part du réalisateur.

Quelques séquences sont mêmes teintées d’un souffle épique détonnant, nos créatures mutantes étant capables de respirer sous l’eau et dans l’eau, le réalisateur s’amuse à propulser sa créature dans une fête foraine (durant la fête annuelle du Saumon !) le temps d’un massacre assez amusant. Enfin, venons en au principal aspect de l’intrigue, les monstres sont des enfoirés de vicelards – hé hé hé – qui kidnappent les donzelles dans l’eau pour les emmener dans les égouts pour se reproduire avec elles (vous comprenez mieux la scène de l’accouchement) en les bloquant dans des cocons amphibies : en voilà une trouvaille de scénariste !

To put it in a nutshell, Humanoid Terreur Abyssale est un bon nanar de genre qui s’amuse des clichés des films d’attaques de monstres en assumant son côté décalé et ridicule aux détours de scènes bien kitsch et drôles. Quelques répliques badass autres que “On donne bien des produits pour que les vaches fasse plus de lait, alors pourquoi pas aux saumons !” auraient été les bienvenues pour faire de Humanoid Terreur Abyssale un nanar culte. Il n’en demeure pas moins un film de série b vraiment divertissant pour tous les amateurs d’un “autre” cinéma, et plus principalement de ces films de monstres marins des années 50 et 60.


A propos de Joris Laquittant

Sorti diplômé du département Montage de la Fémis en 2017, Joris monte et réalise des films en parallèle de son activité de Rédacteur en Chef tyrannique sur Fais pas Genre (ou inversement). A noter aussi qu'il détient le record européen du plus jeune détenteur du diplôme d'éleveur de Mogwaï (il avait cinq ans et trois jours) et qu'il a été témoin du Rayon Bleu. Ses spécialités sont le cinéma de genre populaire des années 80/90 et tout spécialement la filmographie de Joe Dante, le cinéma de genre français et les films de monstres.

Laisser un commentaire