Mages et Sorciers


Après les trois saisons de Chasseurs de trolls (2016-2018) et les deux de Le trio venu d’ailleurs (2018-2019), l’univers des « contes d’Arcadia » se conclut avec la mini-série Mages et sorciers, mise en ligne en ce mois d’août sur la plateforme Netflix. Guillermo Del Toro offre une conclusion épique à ces histoires, tout en réunissant nouveaux et anciens protagonistes autour d’un même combat : sauver, une fois de plus, Arcadia de la destruction.

Un mage de la série Mages et sorciers s'apprête à jeter un sort, entouré d'une vague d'énergie bleue.

                                                  © Netflix

Tu es un sorcier, Hirisdoux !

Après les trolls et les extraterrestres, c’est au tour des sorciers de montrer le bout de leur nez dans l’univers des « contes d’Arcadia ». Hirisdoux, personnage principal de cette mini-série, est un des disciples de Merlin et doit réunir les gardiens d’Arcadia afin de contrer la terrible menace de l’ordre de l’Arcane – des dieux ancestraux convaincus que les hommes n’ont plus leur place sur Terre. C’est ainsi l’occasion de retrouver Jim, Claire, Merlin et Blinky – que l’on n’avait pas vus depuis la fin de Chasseurs de trolls (2016-2018), ainsi que Toby, Steve et AAARRRGGHH!!! – qui tenaient des rôles secondaires dans Le trio venu d’ailleurs (2018-2019). Toute la joyeuse bande est donc réunie autour de Hirisdoux et Merlin, qui entrainent nos héros à Camelot, où leur destin est lié au roi Arthur, Lancelot … et une certaine Morgane, déjà la principale nemesis de la troisième saison de Chasseurs de trolls (2016-2018). En effet, cette nouvelle mini-série est accompagnée d’un voyage dans le temps, 900 ans avant les événements que l’on connaissait jusqu’à présent. D’un point de vue narratif, cela permet aux scénaristes de revisiter des acquis et d’offrir de nouvelles perspectives aux personnages – celui de Morgane en tête, dont l’origine du mal trouve un raisonnement surprenant et qui suscite l’empathie.

Trois personnages font un feu dans une immense grotte aux teintes vertes, scène de la série Mages et sorciers.

                                                    © Netflix

Comme on vous l’écrivait à propos de la deuxième saison de Le trio venu d’ailleurs (2018-2019), il est plus qu’appréciable de la part de Guillermo Del Toro et de ses équipes de ne pas prendre le spectateur pour un imbécile, et encore moins les plus jeunes. Mages et sorciers, tout comme ses aînés, aborde des thématiques compliquées où, parfois, la réponse au problème n’est ni toute blanche ou toute noire, mais bien dans un entre-deux et où le choix à faire peut se révéler difficile. Alors qu’elle se destine clairement à un public familial, la série traite ces enjeux comme elle le ferait pour un public constitué seulement d’adultes, menant parfois à des choix radicaux voire durs. Et bien que la série soit de la fantasy pure et dure, elle ne lorgne jamais vers la facilité du genre pour traiter ces choix radicaux (comme la mort d’un personnage), mais elle va davantage chercher à confronter le plus frontalement et naturellement. En réalité, comme tous nos personnages – vivant des aventures qui façonneront leur personnalité d’adulte, la série possède cette volonté d’accompagner également le spectateur dans cet apprentissage de la vie. Le prisme du fantastique est alors le plus beau des carcans, offrant sa poésie et son lexique, à des thématiques violentes et compliquées. Le mélange n’en est que plus épique, tant le fond l’emporte sur la forme dans des envolées surprenantes !

Une armée de trolls sous un ciel de nuit tout juste éclairé par la lune, scène de la série Mages et sorciers.

                                               © Netflix

Car oui, il ne faut pas l’oublier : Mages et sorciers se veut également très régressif. Son mantra demeure de jouer avec ce pur plaisir de spectateur face à l’action et le divertissement, et, clairement, les curseurs n’ont jamais été aussi haut. L’avantage de réunir des personnages que l’on connait déjà, à l’exception près de Hirisdoux, c’est que l’on peut s’éviter les trois ou quatre épisodes d’exposition. Ici, dès le premier épisode ça défouraille sévère. Guillermo Del Toro, en fan invétéré de fantasy, apporte ses plus belles influences à l’histoire et ses personnages, permettant au récit d’avoir un lyrisme et une force inégalés dans le genre de la série d’animation télévisée. Fidèle aux deux séries précédentes, la direction artistique est une nouvelle fois très soignée, mais se rapproche davantage de celle de Chasseurs de trolls (2016-2018), là où celle de Le trio venu d’ailleurs (2018-2019) s’en émancipait légèrement. Cela provient peut-être de la mission laborieuse de faire co-exister tous ces univers dans un seul et même format. D’ailleurs, même si l’on nous donne l’impression qu’ils sont tous là, les personnages de Le trio venu d’ailleurs (2018-2019) sont les absents de cette mini-série, hormis Krel faisant une apparition vers la fin. Dommage, me direz-vous, pour une série qui devait servir de conclusion et donc d’unification de ces trois épopées dans l’univers d’Arcadia. Mais la réponse à cette frustration se trouve certainement dans une annonce qui a été faite peu après la mise en ligne de Mages et sorciers : Netflix ayant officialisé que l’univers d’Arcadia se conclura (véritablement ?) avec un long-métrage prévu pour l’année prochaine sur la plateforme et intitulé Trollhunters – Rise of the Titans. On est aussi impatients qu’un troll attendant la nuit pour sortir.


A propos de William Tessier

Si vous demandez à William ce qu'il préfère dans le cinéma, il ne saura répondre qu'avec une seule et simple réponse. Le cinéma qu'il aime est celui qu'il n'a pas encore vu, celui qui ne l'a pas encore touché, ému, fait rire. Le teen-movie est son éternel compagnon, le film de genre son nouvel ami. Et dans ses rêves les plus fous, il dine avec Gégé.

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