Terminator : Dark Fate


Quatre ans après le complètement raté Terminator Genisys (Alan Taylor, 2015), qui devait redonner un coup de neuf à la saga imaginée par James Cameron, Terminator Dark Fate (Tim Miller, 2019) entend remettre les pendules à l’heure et réécrire une mythologie depuis longtemps embourbée.

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Hasta la Vista !

La franchise Terminator, c’est pas moins de six films en une trentaine d’années, ainsi qu’une série télévisée, Terminator, The Sarah Connor Chronicles (Josh Friedman, 2008/2009), dont deux essais pour revitaliser cette saga culte tombée dans les méandres d’un système narrant l’aventure d’un homme envoyé dans le passé, pour protéger la mère du futur chef de la résistance contre des machines à tuer nommées « Terminator » téléguidées par l’entreprise Skynet. Si Genisys a plus que déçu les fans Dark Fate, malgré son titre, faisait office de lumière au bout du tunnel avec le retour annoncé de James Cameron à la production. A la manière de Alita : Battle Angel (Robert Rodriguez, 2019), Cameron produit, s’implique dans la création de l’histoire ainsi que dans le scénario et choisit lui-même la personne qui dirigera le projet en la personne de Tim Miller. Venant des effets spéciaux, c’est au réalisateur du premier Deadpool (2016) que revient la (lourde) tâche de remettre en état la franchise. Et sur le papier, il y a de quoi rêver !

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Ce nouvel opus prend place directement après les évènements de Terminator 2 : Le Jugement dernier (James Cameron, 1991), faisant fi de toutes les autres suites du nanardesque Terminator 3 : Le Soulèvement des machines (Jonathan Mostow, 2003) au très mauvais Terminator Genisys (2015), en passant par le bancal mais pas inintéressant Terminator Renaissance (McG, 2009). Le film signe également le retour du personnage de Sarah Connor, nous permettant de retrouver l’actrice Linda Hamilton et bien sûr l’inénarrable Arnold Schwarzenegger. Plus intéressant et moins boursoufflé que ses prédécesseurs, Miller parvient à donner à son long-métrage un semblant d’identité – surtout visuel – au détour de quelques scènes d’action rondement menées et assez bien rythmées comme en témoigne la scène de coure-poursuite sur une autoroute mexicaine, rappelant au passage la scène culte de John Connor poursuivi par le T-1000. Miller déverse ici tout son savoir-faire en termes d’effets spéciaux tant ils sont parfaitement exécutés voire pour certains assez bluffants comme la scène où Sarah et John Connor se reposent sur une plage après avoir arrêté la fin du monde. Le rajeunissement numérique de Linda Hamilton ou l’incrustation du visage de Edward Furlong sur un jeune acteur a de quoi nous scotcher à notre siège, nous donnant l’impression que la scène a été tournée en 1991. L’objet a aussi quelques munitions supplémentaires avec certains plans de toute beauté et quelques idées de mise en scène bien trouvées comme la première séquence.

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Mais ce Terminator Dark Fate ne parvient pas à vraiment décoller après ses premières minutes, allant même jusqu’à avoir les mêmes défauts que les épisodes précédents mais aussi, de façon plus générale, de nombreux blockblusters actuels. Le film s’encroûte dans une loop où seul le décor semble évoluer : l’antagoniste trouve les protagonistes, ces derniers l’affrontent, le ralentissent avant de fuir pour voir ce cycle recommencé lorsque l’antagoniste les rattrape etc. Dark Fate ne parvient donc qu’à offrir une succession de cycles similaires, sans grand intérêt mais surtout n’apportant rien et donnant au récit un côté aussi mécanique et froid qu’un T-800 en panne. L’autre principal problème du long-métrage vient de la manière dont ses personnages sont écrits. Réduits à l’état de simples fonctions, leur caractérisation morne rend l’attachement émotionnel à leur parcours quasi-impossible. Cette paresse d’écriture, qui participe à rendre le film très froid, empêche les diverses thématiques et sujets d’être correctement développés comme la place de la Femme dans nos sociétés et le fait qu’elle soit l’avenir de notre espèce. Tout semble tomber à l’eau et embourbe des acteurs et actrices qui font ce qu’ils peuvent, mais donnent la sensation d’être totalement perdus. Suffisant pour penser que cette production sera le clou final dans le cercueil de cette saga culte ? Pas sûr, mais on est en tout cas en droit de l’espérer.


A propos de Mathieu Pluquet

C'est après avoir découvert Le Voyage de Chihiro, Blade Runner et L'Exorciste que Mathieu se passionne pour le cinéma; depuis cette passion ne l'a pas quitté. Sinon il aime les comics, le café et est persuadé qu'un jour il volera dans le TARDIS et rencontrera le Docteur (et qu'il pourra lui piquer son tournevis sonique). Ses spécialités sont la filmographie de Guillermo Del Toro, les adaptations de comics et le cinéma de science-fiction.

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