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Bien avant Hook et Jurassic Park, juste après E.T et Indiana Jones, se glisse un petit film – si seulement, petit film il y a, dans la filmographie de Spielberg – oublié et quasiment inconnu dans cette dernière : Always – Pour toujours, une histoire d’ange de fantôme et de pompiers.

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A jamais, pour toujours.

Always – Pour toujours est réalisé par Steven Spielberg en 1989 et est le remake d’un film de Victor Flemming, Un nommé Joe (A guy named Joe, 1943) – ce même film que l’on voit d’ailleurs dans les yeux de la vraie star du Poltergeist (Tobe Hooper, 1982) produit par Spielberg himself : La télé ! – L’histoire d’un pompier de l’air, Pete Sandich (l’incroyable Richard Dreyfuss) qui aime bien jouer avec le feu et fini par se faire, littéralement consumer, laissant femme (Holly Hunter) et ami (John Goodman, éternel second jjjrôle) en pleurs. Après sa mort il fait la rencontre d’une Archange (interprétée par la magnifique et intemporelle Audrey Hepburn) qui lui donnera comme dernière mission d’aider un jeune homme (Le très fade Brad Johnson) à se révéler et prendre sa relève.

Même s’il n’est pas le meilleur film de Steven Spielberg Always – Pour toujours est surtout un magnifique conte sur le deuil. Spielberg qui a toujours filmé des familles décomposées, s’intéresse cette fois au veuvage : et comment garder en mémoire l’amour perdu tout en s’ouvrant à l’avenir pour avancer et, éventuellement, retomber amoureux. Dernier rôle d’Audrey Hepburn – qui sortira de sa retraite pour le film et qui donnera tout son salaire à l’UNICEF, y a pas à dire les vraies princesses n’ont pas forcément de couronnes ! – la mythique interprète de Diamants sur Canapé (Blake Edwards, 1961) apparaît là, habillée de blanc et lumineuse, interprétant un second rôle d’ange qui lui sied à merveille ! Certains vous diraient que Spielberg s’est perdu en route en nous réalisant ce petit film un petit peu naïf  dans lequel le jeu et les dialogues effleurent parfois une niaiserie ridicule. Il n’en reste pas moins un film classique et surtout familial – n’est ce pas ça le propre de Spielberg ? – dans lequel nos émotions font comme les avions du film : d’innombrables loopings ! Entre le rire, les larmes et la nostalgie, ce film 42410_largeest parfait pour un dimanche après-midi pluvieux sous la couette, avec du thé. Qu’on se le dise, au degré des choses les plus importants dans la vie, les films du dimanche après-midi sont sacrés !

Resorti en Blu-Ray chez Universal le 19 Mai, le film bénéficie d’une image restaurée globalement magnifique – bien qu’on regrettera parfois, quelques légères incursions du pixel. Il fallait au moins ça pour redonner à l’incroyable photographie du film – signée par le danois Mikael Salomon –  sa splendeur d’antan. On prends un plaisir fou à regarder ces cascades aériennes, cette eau des canadairs se déversant sur le feu ravageant les forêt. Cette édition bénéficie évidemment d’une version originale en plus de sa version doublée en français. On regrettera cependant l’absence totale de bonus, alors qu’on aurait pris autant de plaisir à voir le film qu’à regarder un petit Making-Of de 1989 ou des interviews des acteurs aujourd’hui. Encore une preuve que ce film est toujours largement inconsidéré aujourd’hui. Enfin, pitié Universal, entendez-nous, changez vites vos pictogrammes de menu ils sont tout bonnement incompréhensibles !

Angélique Haÿne


A propos de Angie Haÿne

Biberonnée aux Chair de Poule et à X-Files, Angie grandit avec une tendresse particulière pour les monstres, la faute à Jean Cocteau et sa bête, et développe en même temps une phobie envers les enfants démons. Elle tombe amoureuse d'Antoine Doinel en 1999 et cherche depuis un moyen d'entrer les films de Truffaut pour l'épouser. En attendant, elle joue la comédie avant d'ouvrir sa propre salle de cinéma. Ses spécialités sont les comédies musicales, la filmographie de Jean Cocteau, les sorcières et la motion-capture.


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