critique sociale


Digger

| EN SALLES | Parmi les films les plus attendus de cette fin d’année 2026, Digger signe la rencontre au sommet entre Alejandro G. Iñárritu et Tom Cruise, de retour sur les terres d’un cinéma d’auteur hollywoodien qu’il avait un temps délaissé. Sous les atours d’une énorme farce écologique – satire cartoonesque au propos aussi balourd qu’en retard sur la réalité –, le film déploie un jeu de faux-semblants et de mises en abyme, peut-être plus retors qu’il n’y paraît, mais pas moins problématique tant sur le fond que sur la forme.


La Créature

| VIDEOCLUB | Dans la volée de la réédition en haute définition de plusieurs œuvres de Eloy de la Iglesia, c’est au tour de La Créature (1977) de se frayer un chemin jusque dans nos collections grâce à Artus Films. Véritable pépite du cinéma bis espagnol – que Fais Pas Genre a rapidement évoqué dans son carnet de bord de l’Offscreen Film Festival –, l’œuvre parvient à mettre en tension une société espagnole encore marquée par le franquisme et désir de liberté, jusqu’à ses limites les plus douteuses.


Le Prêtre

| VIDEOCLUB | À l’occasion de sa sortie en master haute définition chez Artus Films, dans un combo Blu-ray / DVD, Le Prêtre (1978) permet de redécouvrir Eloy de la Iglesia au moment où il peut enfin dire frontalement ce que la censure franquiste l’avait jusqu’alors contraint à déplacer dans le cinéma de genre. Aussi audacieux que nuancé dans sa radicalité, le film interroge l’empreinte de la dictature sur la société espagnole à travers le rapport de l’Église à la sexualité : moins un brûlot anticlérical qu’une critique du puritanisme national-catholique, étonnamment tendre envers ceux qui en subissent les contradictions.


Colony

Dix ans après « Dernier Train pour Busan » (Yeon Sang-ho, 2016), on n’espérait plus vraiment retrouver l’énergie qui faisait de ce film l’un des grands chocs du cinéma de genre sud-coréen. Et si « Colony » (2026) était pourtant l’œuvre où Yeon Sang-ho parvient enfin à en perpétuer l’esprit tout en le dépassant ?


Les Révoltés de l’An 2000

Dans la foulée de ses ressorties estivales de classiques, parmi lesquels Elephant Man(David Lynch, 1980) ou Crash (David Cronenberg, 1996) et en attendant l’Inversion Intégrale d’Irréversible (Gaspar Noé, 2020), Carlotta Films nous emmène en vacances à Almanzora, où est exhumé avec Les Révoltés de l’an 2000 (Narciso Ibáñez Serrador, 1976) une histoire cruelle, horrifique, et contestataire.

Deux enfants, une jeune fille et son petit frère, regardent à travers une vieille fenêtre brisée, d'un air narquois, scène du film Les révoltés de l'an 2000.