Scooby !


La bande de jeunes fouineurs et leur maudit chien est de retour sur le grand écran après plus de quinze ans d’absence, cette fois sous forme animée. Sous ses airs d’aventures rocambolesques pour enfants, ce Scooby-Doo nouvel formule cache quelques (bonnes) surprises.

Samy et Scooby s'apprêtent à manger un énorme sandwich.

                 © Warner Bros. Entertainment Inc. All Rights Reserved.

« Ça Alors ! »

Il y a plus de cinquante ans, naissait Scooby-Doo (n’essayez même pas de compter en années de chien), soit, à la fin des sixties. Ce grand canin avec sa bande de copains hippies sillonnant les routes dans un combi volkswagen à fleur a réussi à traverser les époques comme peu de cartoons. Prenant différentes formes au fil des années tout en conservant quasiment toujours sa formule – une enquête sur des phénomènes étranges, avec un méchant costumé essayant d’effrayer les badauds qui se fera finalement démasqué par le Scooby Gang – c’est en 2001 que Scooby-Doo arrive sur grand écran, dans un long-métrage sur lequel on ne tarira jamais d’éloge. Prenant malicieusement à rebrousse-poil le « schéma » classique du dessin animé, Scooby-Doo le Film (Raja Gosnell, 2001), capsule temporelle ultime de la culture pop des années 2000 – Outkast, Solange et Simple Plan dans la bande son, que demander de plus – a relancé encore une fois la popularité du personnage. Et, alors même que cette première excursion du côté du long-métrage, fraichement arrivé sur Netflix s’est vu occuper le top 10 des tendances en France durant le confinement, Scooby-Doo retrouve depuis la réouverture des salles le chemin du grand écran avec Scooby ! qui repasse cette fois du côté de l’animation pour proposer une nouvelle aventure de l’éternel bande d’ado au chien froussard.

Toute l'équipe du Scooby Gang autour de Vera qui lit un grand et vieux livre, scène du film Scooby.

        © Warner Bros. Entertainment Inc. All Rights Reserved.

Ce nouvel opus s’ouvre sur un élément d’intrigue peu utilisé jusqu’alors, la rencontre de Sammy Rogers avec son fidèle toutou. Comment ces adorateurs de l’empilage de sandwichs rocambolesques se sont trouvés ? Comment la petite tribu de Mystère et Cie s’est-elle formée ? Voilà qui pose une introduction sympathique quoi qu’un peu simple à cette aventure. On ne cachera pas cela dit que retrouver les personnages, assez égaux à eux-mêmes, fait certainement chaud au cœur chez nous autres fans vieillissants et déjà nostalgiques. Petite différence notable, Véra a cette fois abandonné ses origines allemandes pour adopter dans cette version des origines hispaniques dans un souci de diversifier un tant soit peu le groupe. Un petit résumé des aventures bien connus du public – permettant de récréer certaines des scènes les plus connues de la série et du générique originaux – plus tard, et voici notre groupe qui doit faire face à de nouvelles péripéties plus rocambolesques encore. Pas de mystère dans une vielle maison hantée cette fois, car très vite apparaissent robots, vaisseaux volants, et menaces apocalyptiques. Les fans de la vieille école risquent peut-être de ne pas apprécier ce changement d’ambiance vers l’action-aventure frôlant tour à tour la SF ou la magie. Mais même si les aventures proposées ici s’éloignent clairement du schéma des péripéties de Scooby-Doo déjà connues, ne partez pas tout de suite, les nostalgiques pourraient trouver leur compte au fil du récit.

Satanas et DIablo, le pilote et le chien de la série Les fous du volant dansent sur un tas d'or dans le film Scooby !

         © Warner Bros. Entertainment Inc. All Rights Reserved.

Car oui, sous ses airs d’aventure enlevée adressée très clairement à un public jeune, le long-métrage se veut en réalité bien plus qu’une simple aventure de Scooby-Doo. Le design, très simple, un peu enfantin des personnages (bien qu’instantanément reconnaissables) et de l’univers tout entier, a en effet de quoi surprendre dans un premier temps. Mais, les plus âgés s’en souviennent probablement plus aisément, la série Scooby-Doo n’est qu’une des très nombreuses créations célèbres du mythique studio de cartoons Hanna-Barbera. Les Fous du Volant (1968-1969), Les Pierrafeu (1960-1966), Les Jetsons (1962-1963), pour les plus célèbres en France, mais aussi toute une galerie de personnages moins connus dans nos contrées, Dynomutt Dog Wonder (1976-1977), Capitaine Caverne (1977-1980) ou encore Yogi l’Ours (1961-1962). Et, en essayant de dévoiler le moins possible de l’intrigue et de la surprise du film, il est bien possible que bon nombre des icônes pop-culturelles citées ici se retrouvent mêlées à l’intrigue. Scooby ! plus qu’une aventure de Mystère et Cie est aussi un crossover, presque un embryon d’Hanna-Barbera Cinematic Universe même. Si beaucoup de ces cartoons, diffusés encore au début des années 2000 sur la chaîne Cartoon Network Hannah-Barbera racheté par la Warner va aussi développer à ce moment une toute une nouvelle vague de cartoons célèbres comme Les Super Nanas, Johnny Bravo ou Le Laboratoire de Dexter ne sont pas forcément familiers pour les plus jeunes, leur apparition risque bien de faire pousser des petits cris chez les aînés les plus nostalgiques. C’est donc surement ça qui contribue à la réussite de Scooby ! car si l’intrigue ne rivalise pas d’originalité, l’une de ses grandes forces est de parvenir à un savant dosage dans le mélange des genres, caractéristique du « film familial » réussi, qui trouve quelque chose à offrir aux différents publics susceptibles de se retrouver devant. Les pratiquants de la V.O. auront également la chance de retrouver des voix bien familières comme Zac Effron, Mark Wahlberg ou Ken Jeong, mais aussi plusieurs comédiens alumni du Saturday Night Live, les géniaux Will Forte (un Sammy très convaincant) et Tracy Morgan. Divertissement classique mais efficace ou porte d’entrée vers des standards du cartoon, dans tous les cas, cela fonctionne. 


A propos de Martin Courgeon

Un beau jour de projection de "The Room", après avoir reçu une petite cuillère en plastique de plein fouet, Martin eu l'illumination et se décida enfin à écrire sur sa plus grande passion, le cinéma. Il est fan absolu des films "coming of age movies" des années 80, notamment ceux de son saint patron John Hughes, du cinéma japonais, et de Scooby Doo, le Film. Il rêve d'une résidence secondaire à Twin Peaks ou à Hill Valley, c'est au choix.

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