Countdown


Vous voulez connaître l’heure de votre mort ? Countdown va vite vous faire changer d’avis. Noyé sous les mauvaises critiques, que vaut réellement le film d’Halloween 2019 ?

Peter Facinelli dans le film Countdown (critique)

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La Mort aux trousses

Sans grande prétention, le premier film de Justin Dec – qui avait jusqu’à présent seulement travaillé comme assistant sur des tournages cinéma et séries – part d’une idée peu convaincante. Dans la première séquence, une jeune fille télécharge une application appelée Countdown qui lui prédit la date et heure exacte de sa mort. Malheureusement pour elle, il ne lui reste que quelques heures à vivre. Mettant toutes les chances de son côté, elle évite de rentrer en voiture avec son copain en état d’ébriété, et préfère marcher jusque chez elle. Bien mal lui en a pris, elle reçoit alors une notification de l’application qui lui annonce qu’elle a « rompu le contrat ». Elle meurt pourtant à l’heure précise indiquée par l’application, dans sa salle de bain, fauchée par une force mystérieuse. Comment ne pas penser à la série des Destination Finale (2003-2011) ? Le concept est presque le même : des jeunes croient échapper à la mort avant d’être fauchés les uns après les autres dans des accidents parfois spectaculaires et souvent ridicules. La seule différence semble être ce fameux décompte sur téléphone qui, malheureusement encore, fait penser à plusieurs autres productions comme l’américain Timer (Jac Schaeffer, 2009) où un minuteur implanté au poignet vous donne la date exacte où vous allez rencontrer votre moitié – beaucoup plus léger et romantique certes –, ou encore le film américain de science-fiction Time Out (Andrew Niccol, 2011) où les humains doivent gagner des minutes pour continuer à vivre. Autant dire que le postulat de Countdown ne fait pas dans l’originalité au premier abord.

Une des victimes du film Timer (critique)

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Pourtant, une fois la première séquence passée, le long-métrage se distingue en étoffant légèrement son scénario et ses personnages. On rencontre Quinn (Elizabeth Lail, précédemment vue dans la série You), une jeune infirmière qui a elle aussi téléchargé l’appli par curiosité pour découvrir qu’il ne lui reste que quelques jours à vivre. Décidée à déjouer le piège temporel de la mort, elle s’allie à Matt (Jordan Calloway) pour contourner le mécanisme de l’application. Plus facile à dire qu’à faire, les deux amis enchainent les échecs tout en subissant les attaques de fantômes de leur passé. Comment expliquer l’obsession de la mort, comment gérer la perte d’un proche et la culpabilité qui l’accompagne sont autant de questions que l’intrigue soulève et qui lui permettent de gagner en crédibilité. Je ne tiens pas à spoiler le mystère, mais disons juste que quand on comprend qui se cache derrière l’application, le film prend une tournure qui risque de déplaire à certains. Personnellement je n’ai accroché ni à cette révélation ni au dénouement final, mais ça ne m’a pas empêché d’apprécier d’autres aspects de la chose.

Elisabeth Lail dans le film Countdown (critique)

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Si on adapte ses attentes de manière réaliste, alors Countdown n’est pas plus décevant qu’une production d’horreur Blumhouse. Pour un budget de 6 millions de dollars et déjà 11 millions de dollars de recettes à l’international alors qu’il n’est sorti que depuis une semaine aux États-Unis, le film n’est pas si catastrophique que ça. Les critiques de professionnels ne sont pas tendres, mais celles du public se montrent un peu plus tolérantes et je n’y vois là rien d’étonnant. Countdown coche toutes les cases du film d’horreur considéré comme divertissant : des jump scares à n’en plus finir (et assez effrayants je dois dire), des moments comiques qui font vraiment sourire (chose particulièrement difficile dans le genre de l’horreur), un scénario facile à suivre, et surtout une cinématographie qui ne mérite pas d’être ignorée. Il faut dire que directeur de la photographie n’est autre que Maxime Alexandre qui a déjà fait ses preuves sur Crawl (2019) et toutes les autres réalisations d’Aja, ainsi que plusieurs opus du Conjuring Universe : son professionnalisme et le talent de Maxime Alexandre contribuent grandement à l’attractivité de Countdown,, production certes sans grandes ambitions scénaristiques mais qui reste plaisant à regarder.


A propos de Emma Ben Hadj

Étudiante de doctorat et enseignante à l’université de Pittsburgh, Emma commence actuellement l’écriture de sa thèse sur l’industrie des films d’horreur en France. Étrangement fascinée par les femmes cannibales au cinéma, elle n’a pourtant aucune intention de reproduire ces méfaits dans la vraie vie. Enfin, il ne faut jamais dire jamais.

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