One Dark Night (Nuit Noire)


Film d’horreur oublié des années 1980’s, Rimini Editions nous propose de redécouvrir le film One dark night (Nuit Noire) de Todd McLoughlin (1982) : critique d’une série B macabre marquée par des éclairs de génies.

Deux jeunes femmes traversent, inquiètes, un columbarium dans le film One dark night.

© Tous Droits Réservés

Les Contes de la Crypte

Des éclairs sortent des yeux d'un vieillard démoniaque dans le film One dark night.

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Sorti en 1982 aux États-Unis, One Dark Night (Nuit Noire) fait partie de la pléthore de films d’horreurs produits au début de la décennie. Si l’objet s’avère plus intéressant que la plupart des longs-métrages conçus à cette époque, en France, le film de Todd McLoughlin sortira directement en VHS, affublé d’une jaquette très sommaire malgré la réputation flatteuse dont il jouissait suite au festival de Gerardmer. L’histoire met en vedette l’actrice Meg Tilly qui joue une adolescente marginalisée et mourant d’envie d’entrer dans les bonnes grâces d’une confrérie d’étudiante. Les membres de cette dernière lui disent qu’elle peut faire partie de leur groupe si elle passe la nuit dans une crypte. Malheureusement pour elle, le mausolée est l’antre d’un ancien occultiste qui compte bien ressusciter… Le scénario peut sembler classique et rappeler certains films sortis à la même époque. Il se distingue toutefois des autres métrages par sa mise en scène et son atmosphère. One Dark Night parvient à créer une véritable ambiance macabre grâce à sa réalisation efficace. Tom McLoughlin est parvenu à jouer sur une palette de couleurs variées, notamment le bleu, le rouge et le noir, donnant une tonalité étrange aux films. La façon dont le mausolée est filmé par exemple ; toujours en contre-plongée et recouvert d’un halo bleuté, ce qui donne cet aspect sombre et atmosphérique à un endroit qui n’est pas sans rappeler des visions horrifiques tout droit échappées des gialli italien.

Si la filiation au giallo est évidente, c’est surtout du côté du film Phantasm (Don Conscarelli, 1979) que le réalisateur lorgne. En effet, on sent que Tom Mcgouglin essaie de convoquer une atmosphère similaire au matériau de Don Conscarelli, sorti trois ans plus tôt. D’ailleurs, le mausolée qui sert de décor à l’intrigue est le même que dans Phantasm. McLoughlin ne parvient ne parvient pas à égaler son modèle, mais a déjà l’audace de prendre assez son temps pour créer une vraie ambiance horrifique. En effet, dans ces deux premiers actes, One Dark Night est très lent, posant méthodiquement ses personnages et son intrigue pour mieux nous surprendre dans son dernier acte qui nous offre un point culminant mémorable et horrifiant : alors que les adolescentes mettent en place une farce élaborée dans le mausolée, une force surnaturelle fait que de nombreux cadavres, à différents stades de décomposition, quittent leurs cercueils et poursuivent les adolescentes maintenant terrifiées à travers les couloirs sombres. Durant cet acte, le film est particulièrement peu avare sur les effets sanglants – ce qui est inhabituel pour un film d’horreur de cette période – , préférant créer une ambiance poisseuse. Il est indéniable que One dark Night est à mettre dans le haut du Blu-Ray du film One dark night (Nuit Noire) vendu par Rimini Editions.panier du cinéma de genre de son époque au même titre que Waxwork (Anthony Hickox, 1988) ou Warlock (Steve Minher, 1989). Quand on voit le résultat on ne peut que déplorer qu’il n’est eu droit qu’à une sortie limitée. Peu échaudé par cette déconvenue,Tom McLoughlin réalisera par la suite des épisodes de la franchise Vendredi 13 qui sont considérés, d’ailleurs, comme les meilleurs.

On notera au passage l’excellente partition Bob Summers qui confère au film cette aura particulière, ainsi que le travail du compositeur qui a choisi de se servir d’un synthétiseur, instrument très utilisé dans les productions d’horreurs de l’époque, mais à la différence de certains de ses confrères, qui parvient à créer une partition mélodique avec un thème accrocheur utilisé à de nombreuses reprises tout au long du récit. Le thème principal commence lentement et est ponctué de coups de tonnerre et d’éclairs qui ont lieu pendant le générique d’ouverture, avant de trouver rapidement son rythme et d’établir une mélodie distinctive et répétitive. C’est toujours très effrayant et étrange, mais ça colle dans votre tête et vous vous retrouvez à fredonner dans votre esprit. Ce thème de signature principal est utilisé dans différentes variations tout au long de One Dark Night. Il donne un ton sombre, convaincant et puissant qui ajoute richement à l’efficacité globale et apporte l’humeur qui est essentielle au long-métrage.

Du côté des bonus DVD, les éditions Rimini nous proposent un livret écrit par Marc Toullec, d’une vingtaine de pages, qui rend enfin justice au film en revenant sur sa genèse et sa place dans le cinéma de genre des années 1980.


A propos de Freddy Fiack

Passionné d’histoire et de série B Freddy aime bien passer ses samedis à mater l’intégrale des films de Max Pécas. En plus, de ces activités sur le site, il adore écrire des nouvelles horrifiques. Grand admirateur des œuvres de Lloyd Kauffman, il considère le cinéma d’exploitation des années 1970 et 1980 comme l’âge d’or du cinéma. Retrouvez la liste de ses articles sur letterboxd : https://boxd.it/rZYkQ

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